Accueil » En bref »Monde » Lecture courante:

Retrait de bombes nucléaires américaines de l’Europe

Comme d’habitude, Barack Obama le pragmatique semble avoir choisi la tactique du milieu du terrain.

La doctrine nucléaire stratégique de 80 pages que son secrétaire à la Défense, Robert Gates, sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, son chef d’état-major, Michael McMullen, et son secrétaire à l’Énergie, Steven Chu, ont officiellement rendue publique ce mardi dessine une doctrine américaine novatrice qui réduit substantiellement les circonstances dans lesquelles l’arme atomique peut être utilisée.

Elle fait aussi de la lutte contre la prolifération et le terrorisme nucléaire sa priorité. Mais elle vise à avancer pas à pas, pour ne pas insulter l’avenir, en maintenant intacte la capacité de dissuasion de l’Amérique, notamment face à la menace iranienne ou nord-coréenne.

«Je vais préserver tous les instruments nécessaires à ce que le peuple américain soit en sécurité», explique dans le New York Times de ce mardi le président, qui s’est toujours défendu d’être «un naïf» en matière de politique étrangère et de défense.

Décidé à promouvoir un monde sans armes nucléaires, projet de long terme qu’il a passionnément défendu dans son discours de Prague il y a un an, Barack Obama bannit, dans sa doctrine, toute utilisation de l’atome contre des pays non nucléaires respectueux du traité de non-prolifération, même en cas d’attaque biologique ou chimique, rapporte le quotidien américain. Il s’agit là d’un changement important par rapport à l’ère Bush qui, dans sa «revue» de 2002, n’excluait pas d’attaque nucléaire contre des États non nucléaires.

Pas de nouvelles bombes

L’Administration Obama «réduit l’ambiguïté calculée qu’entretenaient les États-Unis» sur les conditions d’emploi de l’arme ultime, a confirmé ce mardi Robert Gates. Le renoncement de l’Amérique à développer de nouvelles armes atomiques marque également une rupture sensible, qui devrait avoir d’importantes répercussions sur le budget de la défense. «Ces différents éléments montrent la place moindre que va désormais avoir l’arme nucléaire dans notre arsenal militaire», commente le spécialiste de CNN Daryl Kendall.

Pourtant, ces percées comportent de sérieux garde-fous. Le président a finalement renoncé à annoncer le non-emploi «en première frappe» de l’arme nucléaire, option que réclamait la gauche libérale et qu’il semblait lui-même un temps envisager, contre l’avis de son secrétaire à la Défense, Robert Gates. Par ailleurs, la limitation des conditions d’emploi de l’arme atomique ne s’appliquera pas à l’Iran ou à la Corée du Nord, deux pays qui agissent en violation du traité de non-prolifération, précise Obama.

Dans le cas d’une «attaque bactériologique dévastatrice», l’Amérique se réserve en outre le droit de revenir sur ses engagements. Le président a pris soin de préciser que sa stratégie impliquerait aussi la mise en place d’une riposte graduée conventionnelle capable d’assurer la protection des intérêts américains et de ses alliés. Les États-Unis entendent notamment avancer sur un projet de missiles intercontinentaux équipés de charges non nucléaires, lancé sous George W. Bush, tout en développant leur défense antimissiles.

Depuis Prague, Barack Obama a fait du désarmement atomique un projet phare de sa politique étrangère. Persuadé qu’il serait impossible de convaincre l’Iran de renoncer au feu nucléaire sans une marche concomitante de l’Occident vers un monde dénucléarisé, il s’est engagé dans des négociations de désarmement avec les Russes qui ont fini par accoucher d’un nouveau traité, qui doit être signé ce mercredi à Prague.

Ce succès diplomatique permet à l’Administration d’aborder en position de force un agenda «nucléaire» particulièrement chargé : du 12 au 14 avril se tient à Washington un sommet sur la sécurité nucléaire qui planchera notamment sur la délicate question de la sécurisation des arsenaux et matériaux nucléaires, pour empêcher les organisations terroristes de s’en saisir. «Vu la quête incessante d’al-Qaida pour s’emparer de l’arme nucléaire», cet objectif est justifié, a noté ce mardi Robert Gates. Une négociation visant à renforcer le traité de non-prolifération et à interdire les essais nucléaires suivra au mois de mai.

Le président américain est toutefois loin d’avoir convaincu tout le monde. Aux États-Unis, une partie des républicains critique une politique qui risque de rendre le pays «plus vulnérable». À l’extérieur, certains pays nucléaires (France, Russie, Chine, Pakistan, Israël, Inde) restent circonspects vis-à-vis d’un projet susceptible d’affaiblir leur potentiel de dissuasion, s’alarmant aussi de l’idéalisme de cette démarche, à l’heure où la menace d’un Iran accédant à l’atome militaire n’a jamais paru aussi proche.

Share
Ramazan 7 avril, 2010 En bref, Monde No Comments >> Mots clés: , , , ,

Commentaires sur cet article:







*

Catégories

Login

Turquie de France sur Facebook

FootBall

Méssage récent du Forum