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L’Iran et les États-Unis s’affrontent à Istanbul

Offrant ses bons offices de médiateur entre Washington et Téhéran, Ankara a proposé son territoire comme lieu d’échange pour le combustible nucléaire iranien, sans succès jusqu’à présent.

À défaut de mettre sa tradition d’accueil au service de la diplomatie, la Turquie pourra peaufiner son rôle d’intermédiaire sur le terrain sportif : malice du tirage au sort, l’Iran et les États-Unis sont tous les deux tombés dans le groupe B du championnat du monde de basket-ball et se mesureront mercredi soir à Istanbul à l’occasion du tour préliminaire.

Sauf exploit des Iraniens, les champions olympiques en titre n’auront aucun mal à l’emporter et devraient assurer le spectacle en affolant les compteurs.

À faible enjeu sportif, cette rencontre est en revanche la plus chargée de la compétition en symbole politique.

Un précédent en 1998

Les équipes des deux pays ennemis vont entonner côte à côte leur hymne national sur le parquet de la salle Abdi Ipekçi alors que l’épreuve de force entre Barack Obama et Mahmoud Ahmadinejad façonne les relations internationales.

Au mois de juin, sous la pression américaine, les Nations unies ont adopté de nouvelles sanctions contre la République islamique, soupçonnée de se doter de l’arme atomique. «Cette rencontre est une opportunité pour que nos pays respectifs modifient l’image qu’ils ont l’un de l’autre et que les préjugés diminuent, déclare Farrokh, un supporter iranien en vacances à Istanbul et venu soutenir son équipe. J’ai tout de même l’espoir que le match génère une atmosphère positive, même si on est loin de 1998.»

Lors de la Coupe du monde de football en France, l’Iran et les États-Unis s’étaient retrouvés autour du ballon rond lors d’un match événement.

Le sport et l’histoire semblaient alors s’être donné rendez-vous : l’élection de Mohammad Khatami avait permis un rapprochement avec le «Grand Satan», la secrétaire d’État Madeleine Albright proposait une normalisation des relations bilatérales. Les pronostics de l’époque ont été déjoués. Mais les Iraniens ont conservé la fierté d’avoir battu (2-1) leur rivaux sur la pelouse.

Mais en basket, mercredi, l’objectif iranien est plus modeste. L’équipe américaine a remporté tous ses matchs de poule et a déjà décroché son ticket pour les huitièmes de finale. Les Iraniens, qui doivent cette première participation au Mondial de basket à leur titre de champions d’Asie en 2009, ont sauvé l’honneur face à la Tunisie mais ils se sont inclinés devant le Brésil et la Croatie. «J’espère juste qu’ils tiendront le coup contre les Américains», résume Nima Bamdad, qui a fait le déplacement depuis Londres.

Le défi iranien repose sur Hamed Haddadi, qui évolue en NBA depuis 2008 dans l’équipe des Memphis Grizzlies : à lui seul, ce gaillard de 2,18 m a marqué 22 points par match depuis le début de l’épreuve. Veselin Matic, l’entraîneur serbe, a donné carte blanche à ses basketteurs, pour qu’au moins, la politique ne gâche pas leur plaisir sportif : «C’est un peu comme si une équipe de 20e division en rencontrait une de 1re. Ce n’est pas la Dream Team mais pour mes joueurs elle l’est, ce match sera l’apogée de leur carrière.»

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Ramazan 1 septembre, 2010 Sport No Comments >> Mots clés: , , , ,

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