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Le système bancaire turc est sain

La Turquie pourrait afficher l’un des taux de croissance les plus élevés en 2010. Mais Astrick Fredericksen, gérante d’OFI AM, s’attend à un ralentissement en 2011.

Les banques restent les valeurs privilégiées dans son portefeuille.

Selon la dernière étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Turquie pourrait afficher l’un des taux de croissance les plus élevés en 2010. Peut-on imaginer une croissance «à la chinoise» pour ce pays ?

Astrid Fredericksen - Les taux de croissance du produit intérieur brut de la Turquie publiés aux premier et deuxième trimestre (respectivement 11% et 10,3%, NDLR) sont, il est vrai, inattendus et impressionnants. L’économie turque semble s’être totalement remise des pertes infligées par la crise de 2008-2009. Toutefois, je ne pense pas qu’on puisse parler de «croissance à la chinoise» pour ce pays. Contrairement à la Chine, la Turquie aura du mal à maintenir une croissance aussi élevée durablement. La fragilité de l’économie européenne et une hausse des prix du pétrole pourraient impacter négativement la progression de la croissance turque. Le pays réfléchit à prendre des mesures pour diminuer sa dépendance aux exportations, en relançant sa demande intérieure, par exemple.

Le produit intérieur brut de la Turquie a pourtant enregistré le même taux de croissance que la Chine au deuxième trimestre.

Certes, mais la Turquie a davantage souffert de la crise que la Chine. Il y a donc un effet de base favorable expliquant ces très bons chiffres de l’économie turque. Les deux moteurs de la croissance turque que sont les dépenses d’investissement (+8,9% au deuxième trimestre et +29% sur un an glissant, NDLR) et la consommation domestique (+4% au deuxième trimestre et +10% sur un an glissant, NDLR) devraient ralentir en 2011 et revenir à des niveaux normaux. Dans ce contexte, nous nous attendons à un ralentissement plus qu’à une décélération de l’économie turque en 2011.

Avez-vous été surprise par la réaction des marchés financiers au succès du référendum constitutionnel (les Turcs ont approuvé à 58%, le 12 septembre dernier, la révision de la Constitution)?

Non, dans la mesure où les investisseurs apprécient la stabilité politique engendrée par un plébiscite de l’action de Recep Tayyip Erdogan (premier ministre turc, NDLR). Ils ont salué les mesures prises par le gouvernement pour faciliter une intégration dans l’Union européenne. Pour les marchés financiers turcs, la politique est tout aussi importante que les perspectives macroéconomiques.

Quelle est la composition du MSCI Turquie (indice boursier mesurant la performance des marchés boursiers des pays économiquement développés) ?

Les valeurs financières (banques et compagnies d’assurance) représentent 50% de l’indice MSCI Turquie réparties comme tel: deux tiers pour les valeurs bancaires et un tiers pour les compagnies d’assurance. Cela ne constitue pas un handicap, dans la mesure où, comme pour tous les pays émergents, le système bancaire de la Turquie est sain. Parce que le « business model » des banques * est simple: leurs produits nets bancaires sont générés en grande partie par l’équipement des ménages en produits de base (comptes de dépôt, moyen de paiement, prêts…). Et puis, à l’instar des autres pays émergents, de nombreuses grandes holdings familiales sont cotées en Turquie, mais leur flottant n’est pas très élevé, contrairement aux banques privatisées. La capitalisation boursière des banques turques restent néanmoins très modestes comparativement à celles des autres pays émergents : les plus grandes banques turques pèsent l’équivalent de 17 milliards d’euros contre environ 71 milliards de dollars (environ 54,4 milliards d’euros) pour la banque brésilienne, Banco Bradesco.

Pourquoi avoir choisi d’intégrer la Turquie dans votre «poche» consacrée à la Russie ?

Pour la simple et bonne raison que pour notre fonds «BRIC», nous avons souhaité diversifier tous nos mandats. En raison des perspectives encourageantes de son économie, nous avons préféré associer la Turquie à la Russie plutôt qu’un pays d’Europe centrale. La «poche» russe de notre fonds «BRIC» est composée à 20% de valeurs turques. Ce chiffre est en constante progression depuis trois ans et a atteint quasiment son maximum.

C’est pourquoi afin de pouvoir la renforcer, nous allons la transférer vers un autre mandat que nous avons créé, «Afrique et Moyen-Orient». Nous intégrerons, outre la Turquie, les Emirats arabes unis, Dubaï ou encore le Qatar pour le Moyen-Orient, et l’Afrique subsaharienne pour cette région du monde. En attendant, nous n’envisageons pas d’alléger notre «poche» turque, d’ici à la fin de l’année. Pour 2011, nous verrons en fonction des perspectives macroéconomiques. Nous ne pouvons toutefois pas exclure que le rythme de la croissance turque puisse se poursuivre. La Turquie reste toutefois une «poche» de diversification.

Errard, Guillaume – Le Figaro
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Ramazan 18 septembre, 2010 Dossiers, Économie No Comments >> Mots clés: ,

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