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Le succès de l’AKP vue par la presse russe

Premier ministre Turc, RECEP TAYYIP ERDOGAN

La presse occidentale note que le Parti pour la Justice et le Développement (AKP) qui gouverne en Turquie depuis 2002, n’a justifié aucune des craintes  que son arrivée au pouvoir avait suscitées à l’époque.

Le succès de ce parti et de ses leaders constitue un des rares bilans positifs des années “2000″ pour l’ensemble du système des relations internationales.

La réunion des présidents de trois grands États islamiques – la Turquie, l’Afghanistan et le Pakistan – qui a débuté lundi à Istanbul, est un nouveau témoignage des ambitions turques d’être au centre du monde islamique.

Indirectement, cette prétention redonne aussi du poids à la Russie, le plus grand partenaire commercial de la Turquie après l’Union européenne (avec un chiffre d’échanges commerciaux annuels se montant à 25 milliards de dollars).

Semblant appuyer ces nouvelles ambitions turques, la journée de lundi a été marquée par deux autres nouvelles provenant d’Ankara: le représentant turc, Mevlut Çavuşoğlu, a été élu nouveau président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE); et la population de la Turquie a atteint 72 millions d’habitants, soit la moitié de celle de la Russie.

Quant à la conférence au sommet, la rencontre du président turc Abdullah Gül avec ses homologues pakistanais, Asif Ali Zardari, et afghan, Hamid Karzaï, est un prélude à la conférence internationale de Londres sur l’Afghanistan.

Ce n’est pas par hasard si Istanbul a été choisi comme  lieu de discussion sur les moyens de donner aux paysans afghans d’autres sources de revenu que la production d’héroïne qui, via la Russie, va en Europe Occidentale.

La Turquie a déjà organisé plusieurs rencontres entre les dirigeants afghans et pakistanais dont les rapports sont tendus, et tend à jouer un rôle de coordinateur des États islamiques dans l’apport d’aide à Kaboul.

Ankara n’a pas les épaules assez larges pour jouer ce rôle ne seraient-ce ces capacités financières accrues. Lors de leur rencontre, Gül et Zardari ont donné le coup d’envoi au projet de reconstruction du chemin de fer Islamabad-Istanbul. La voie ferroviaire, dont la restauration reviendrait à quelque 20 milliards de dollars, passera aussi par Téhéran, capitale iranienne.

Peu nombreux sont les pays capables, comme la Turquie, d’entretenir de bonnes relations à la fois avec l’Occident, la Russie et l’Iran. Mais au cours des deux dernières années, la diplomatie turque a su prouver que, dans le monde moderne, il était possible d’entretenir des relations tous azimuts. Et ce sans bâtir une amitié avec l’Occident au détriment de relations avec les autres pays civilisés. Jugez-en vous-mêmes.

Tout en restant membre de l’OTAN et, par conséquent, allié des États-Unis, la Turquie s’est entendue, l’an passé, avec la Syrie voisine sur un régime sans visa. Avec cette même Syrie que les Américains qualifient de sponsor du terrorisme international et pour laquelle ils avaient même été jusqu’à envisager, après l’Irak, une intervention  militaire.  Quant à passer aux actes…

A la fin des années 1990 Ankara avait elle-même menacé de déclarer la guerre à la Syrie, si Damas n’expulsait pas le leader des séparatistes kurdes, Abdullah Oçalan.

Finalement, en 1999, Oçalan se rendit en Russie d’où il fut éloigné grâce à l’entregent d’Evgueny Primakov, alors premier ministre russe. Le leader kurde passa ensuite quelques semaines à sillonner l’Italie et l’Afrique, pour finalement être arrêté et emprisonné en Turquie.

Ainsi a commencé une décennie de succès de la diplomatie turque, pour beaucoup fondés sur son habilité à s’intégrer à la communauté des nations occidentales, et ce sans offenser ses voisins musulmans ou la Russie ni se joindre au chœur des partisans de l’isolement de notre pays des flux internationaux énergétiques et financiers.

L’année dernière, au cours de la visite en Turquie du premier-ministre russe Vladimir Poutine, les parties ont réussi à convenir du passage du gazoduc South Stream par la mer Noire dans une zone sous juridiction turque.

En même temps, Ankara a consenti à participer également au projet alternatif Nabucco, financé par les États-Unis et soutenu par l’UE.

Finalement, tout le monde a été satisfait: Moscou, tout comme Washington et Bruxelles. Ainsi, Ankara a réussi à prouver que l’alternative «la Turquie ou la Russie, c’est l’un ou c’est l’autre» que certains penseurs occidentaux cherchent à imposer aux pays de l’Eurasie, ne correspondait pas à la réalité.

Et puis, si vraiment, la Russie appliquait en Transcaucasie la politique «divisé pour régner» ce dont nous accusent souvent les Occidentaux, il paraît peu probable que l’amélioration des relations de la Turquie avec son ennemi héréditaire, l’Arménie, fût possible.

Bien que l’Arménie demeure une alliée de la Russie, Moscou n’a jamais empêché le rapprochement entre les deux adversaires. Erevan et Ankara même s’ils n’en sont pas encore à de véritables relations diplomatiques, ont échangé en octobre dernier des protocoles traduisant leur volonté réciproque de rétablir ces relations et d’ouvrir  leurs frontières.

Certes, on ne peut pas plaire à tout le monde, et la Turquie s’est attiré ces derniers mois de nouvelles critiques. L’Azerbaïdjan a récemment demandé à ses alliés turcs, avant la restauration des relations avec l’Arménie, de garder à l’esprit les pertes qu’il avait subies au Karabakh.

Les observateurs ne croient pas qu’Ankara aille réellement jusqu’à signer une paix intégrale avec Erevan, si l’Arménie ne laisse pas les réfugiés azerbaïdjanais regagner leurs foyers ne serait-ce que dans quelques-uns des districts entourant le Haut-Karabakh.

Ceux-ci font partie de «la zone de sécurité» établie par l’Arménie après sa victoire dans la guerre des années 1990. Toujours est-il que le processus a bel et bien démarré, et même les «meilleurs amis» de la Russie, comme les soviétologues américains et européens, ne songent pas à accuser notre pays d’essayer d’y faire obstacle.

Le deuxième critique de la Turquie est Israël. La raison est simple : Israël en veut au Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a témoigné sa compassion aux palestiniens victimes de l’opération israélienne «Plomb durci» à Gaza. Or, sans cette sympathie exprimée par le leader turc sous une forme émotionnelle à la face du dirigeant israélien Shimon Peres, la Turquie ne saurait guère prétendre au rôle de leader du monde musulman. Pour la Turquie, en l’occurrence le jeu en vaut la chandelle.

«J’ai eu l’impression que la critique que fait Erdogan de notre opération à Gaza est destinée  en premier lieu à résoudre ses propres problèmes de politique intérieure, estime Anna Azari, ambassadeur d’Israël à Moscou. – Mais la récente visite du chef du ministère israélien de la Défense en Turquie s’étant bien passée, je pense que les relations reviendront bientôt à la normale».

Source : rian.ru

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Mert 28 janvier, 2010 Politique étrangère, Presse 1 Comment >> Mots clés: , , ,

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