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Le succès de l’AKP vu par la presse Arabe

Forum de Davos, 29 janvier 2009. Recep Erdogan quitte le plateau, estimant qu’il n’a pas pu répondre à la tirade enflammée du chef sioniste Shimon Peres défendant le massacre perpétré par l’entité à Gaza (Peres lui a présenté ses excuses un peu plus tard)

Après l’article “Le succès de l’AKP vue par la presse russe“, aujourd’hui je vous donne la vision arabe.

Tandis que la plupart des Etats arabes se délectent de leur impuissance et se chamaillent sur une longue liste de problèmes, la Turquie, lentement mais sûrement, s’affirme comme une puissance dirigeante au Moyen Orient, aux côtés d’Israël et de l’Iran.

Elle a, en particulier sous le gouvernement du Parti Justice et Développement (AKP), pris et continue de prendre des mesures stridentes en déployant son influence vers l’est, se préparant en fait au titre prometteur d’Etat de premier plan du monde musulman sunnite.

Les Turcs comblent un vide psychologico-stratégique au Moyen-Orient, en particulier dans la région arabe. Vide qui a principalement été causé, il est vrai, par le recul d’influence des puissances arabes traditionnelles comme l’Egypte, qui s’est mutée une entité stagnante, sans ambition, à cause à son asservissement invalidant aux Etats-Unis.

L’extension continue du rôle régional de la Turquie est un véritable succès que les autres pays pourraient considérer comme un modèle.

Le soleil levant de la Turquie

En effet, quand l’AKP est arrivé au pouvoir en 2002 par les urnes – sans magouilles politiques, comme c’est souvent le cas dans la plupart des pays arabes – il a commencé à s’attaquer avec tranquillité et sagesse à une multitude de problèmes chroniques qui assaillaient la république turque.

Finalement, le succès du traitement de ces maux principalement économiques a produit des effets et répercussions étonnants, permettant à l’économie turque non seulement de sortir de sa stagnation récurrente d’antan, mais aussi de réaliser une croissance phénoménale, en particulier dans les secteurs de la production et de l’exportation.

6.7% de croissance prévus entre 2011 et 2017

Aujourd’hui, la Turquie est la 17ème puissance économique au monde. Elle est aussi le pays qui peut se lever fièrement et dire « Non » à Israël et aux Etats-Unis.

En interne, le gouvernement turc a cherché à résoudre, ou du moins à atténuer, le problème kurde persistant, principalement en reconnaissant les griefs du peuple kurde et la légitimité de ses droits linguistiques et culturels. Cette démarche a beaucoup aidé à stabiliser la scène intérieure et à en renforcer la sécurité, condition essentielle de la prospérité économique.

Sous la direction d’Erdogan, la Turquie a réussi à résoudre de vieux contentieux avec l’Arménie, privant ainsi Israël et le lobby juif des Etats-Unis d’une carte de pression sensible qui avait été utilisée à maintes reprises contre elle pour la maintenir dans l’orbite israélo-états-unien.

Néanmoins, ce qui est le plus remarquable au sujet de l’AKP, c’est sa détermination inflexible à préserver sa libre volonté politique, en particulier vis-à-vis des Etats-Unis et d’Israël.

Il y a sept ans, lorsque les Etats-Unis étaient sur le point d’envahir l’Irak, le gouvernement turc a fermement refusé d’autoriser les avions de guerre états-uniens à utiliser la base aérienne Incirlik pour attaquer l’Irak. Le Premier Ministre Erdogan a défendu cette position, qui, a-t-il dit, reflétait la position collective du peuple turc.

Ceci s’est produit quand la plupart des régimes arabes rivalisaient pour faire plaisir et apaiser l’administration Bush qui massacrait les Irakiens par dizaines de milliers.

Erdogan n’a pas eu besoin de donner la moindre explication à l’administration états-unienne. Il a simplement dit « Non », et c’est tout.

Préservant la dignité de son pays dans un monde qui ressemble plus à une jungle et moins à une communauté humaine civilisé, Erdogan n’a pas hésité à aller à l’encontre de l’Etat sacrosaint du monde, Israël, pour ses agressions meurtrières et néonazies contre le peuple palestinien sans défense.

Finalement, tout en préservant soigneusement ses relations avec Israël pour certaines nécessités pratiques, Erdogan a dit clairement aux dirigeants du régime israélien que l’avenir des relations de la Turquie avec l’Etat juif dépendrait pour beaucoup du comportement israélien, en particulier envers les Palestiniens.

Ce sont des paroles graves venant d’un dirigeant de l’allié stratégique d’hier d’Israël au Moyen Orient. Israël a reçu le message, mais reste incapable de l’intérioriser et de l’accepter.

Il est vrai que la Turquie non arabe ne va pas devenir un allié dynamique des Palestiniens dans un avenir prévisible. Cependant, on peut affirmer sans risque qu’à partir de maintenant, la Turquie ne restera pas sourde et muette, et ne détournera pas les yeux si, et quand, Israël décide de s’embarquer dans un autre épisode génocidaire néonazi contre la population de Gaza et autres Palestiniens.

A tout le moins, la Turquie ne sera plus considérée comme un atout stratégique pour Israël, comme ce fut le cas pendant de nombreuses années avant l’avènement de l’AKP au pouvoir.

Un monde arabe en pleine stagnation

En contraste avec le succès turc, le monde arabe reste divisé contre lui-même, avec nombre d’Etats arabes luttant pour se maintenir à flot d’un point de vue économique, cédant gravement et manifestement leur souveraineté et leur dignité nationale aux Etats-Unis, l’allié et gardien d’Israël.

En fait, la situation collective arabe est probablement la pire depuis la chute du Califat ottoman, après la Première guerre mondiale. L’échec arabe collectif à accomplir une tâche relativement facile comme la levée du blocus écrasant de la Bande de Gaza, semble refléter une impuissance et une paralysie profondes qui transcendent tous les niveaux.

De même, la préoccupation intensive de chaque Etat arabe vis-à-vis de ses affaires intérieures exclut tout travail arabe concerté vers une intégration économique et politique. La raison principale de cette paralysie politique durable – cette écrasante calamité – est la prévalence continue d’une mentalité tribale et d’un despotisme dynastique dans tout le monde arabe.

En attendant, nous disons à nos frères turcs, nous sommes heureux de vous revoir. Cela fait longtemps que les Ottomans nous manquent.

Source : ism-france.org

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Ramazan 31 janvier, 2010 Presse No Comments >> Mots clés: , , ,

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