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La Turquie, un pont indispensable pour la politique énergétique de l’Europe

La découverte d’un champ gazier géant au Kurdistan irakien, annoncée ce mercredi 26 janvier, va-t-elle sauver le projet de gazoduc européen Nabucco, en manque d’approvisionnement ? La concurrence des itinéraires du gaz en Europe est le sujet principal de la conférence européenne du gaz, qui a démarré le même jour, à Vienne.

C’est du gaz qu’a découvert la compagnie britannique Héritage Oil, à Miran West, dans le Kurdistan irakien, et en quantité inégalée depuis 30 ans, en Irak. La nouvelle a déçu les investisseurs qui s’attendaient à du pétrole.

Elle a au contraire réjoui les promoteurs du gazoduc européen Nabucco ! Parmi eux, l’énergéticien autrichien OMV, qui s’est immédiatement dit prêt à acquérir des parts du gisement.

Car Nabucco, lancé il y a six ans, tarde à voir le jour en premier lieu faute… de gaz à mettre dans les tuyaux ! A l’origine, il était censé acheminer du gaz iranien, via la Turquie, la Bulgarie et jusqu’en Autriche, pour permettre à l’Europe d’échapper à la dépendance russe – une dépendance qui s’est froidement fait sentir en 2009, lorsque Gazprom a brutalement arrêté de fournir du gaz à l’Ukraine.

Mais les sanctions contre le programme nucléaire de Téhéran ont pour l’instant condamné l’approvisionnement iranien de Nabucco. Quant aux pays producteurs d’Asie centrale, ils sont déjà fournisseurs de la Turquie, de la Russie, de plus en plus sollicités par l’Asie… et ils tardent à se décider à mesure que les projets de routes concurrentes de Nabucco se multiplient, en Europe : «Gazoduc Géorgie-Ukraine-Union européenne», «Interconnexion Turquie-Grèce-Italie» (ITGI) ou «Gazoduc transadriatique» (TAP).

Les promoteurs de ces routes concurrentes, en tête desquels l’Italie ENI, le Français EDF et l’Allemand E.ON, sont aussi curieusement ceux qui encouragent les nouvelles routes du géant russe Gazprom, que Nabucco voulait au contraire éviter ! Des routes russes, South Stream et Nord Stream, qui contournent l’Ukraine.

Les gouvernements de Rome et de Paris soulignent que l’Europe n’aura pas les moyens financiers ni le gaz suffisant pour tous les tracés, et qu’il faudra choisir. Le conseiller en titre de Nabucco, l’ex-ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, vient de suggérer, à Vienne, une collaboration entre les différents projets.

Mais le président de la Commission européenne semble avoir envers et contre tous choisi Nabucco, qui n’est pourtant plus soutenu, aujourd’hui, que par des groupes énergétiques mineurs. Jose Manuel Barroso a alloué 200 millions d’euros au projet, il est allé à Bakou à la mi-janvier pour arracher un vague accord d’approvisionnement à l’Azerbaïdjan. Il a même bravé les défenseurs des droits de l’homme en invitant à Bruxelles le président ouzbèke pour lui proposer d’approvisionner «son» gazoduc.

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Ramazan 27 janvier, 2011 Europe No Comments >> Mots clés: , , ,

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