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La Turquie se réveille

Certaines images en disent long. Trois hommes souriants s’étreignent devant l’objectif : à gauche le président brésilien Lula, au centre l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad, à droite le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.

Ils viennent de conclure un accord sur le retraitement de l’uranium iranien en Turquie. Les Occidentaux et les Russes ne sont pas sur la photo.

Leurs chancelleries ont salué du bout des lèvres l’accord de lundi, qui perturbe le jeu passablement dangereux qui se joue depuis des années entre l’Iran et la communauté internationale autour du programme nucléaire de Téhéran.

On ne jugera pas ici le fond de l’affaire. On se contentera de souligner le changement considérable qui vient de se produire. Même si les Etats-Unis annonçaient mardi un accord du Conseil de sécurité de l’ONU en vue de sanctions à l’encontre de l’Iran, les “grands émergents” n’ont plus besoin du truchement des vieilles puissances pour se mêler des affaires du monde.

Déjà, à la veille du week-end, Recep Erdogan s’était rendu en Grèce, point incandescent de la crise financière : il a offert un ballon d’oxygène à Georges Papandréou en lui proposant d’arrêter la course aux armements en mer Egée.

La Turquie, sortie revigorée de la crise, déploie sa nouvelle diplomatie dans tout son voisinage : on l’a vue dans le Caucase tenter d’amadouer Arméniens et Azerbaïdjanais, dans les Balkans plaider pour l’entrée dans l’Otan de tous les Etats de la péninsule, sans parler de ses récents amis syriens et iraniens.

Ses aspirations européennes mijotent toujours sur le coin du fourneau. Un homme anime cet activisme débonnaire, Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires étrangères, armé d’un éternel sourire et d’un slogan : “zéro problème avec les voisins”.

Sophie Gherardi – la Tribune
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Ramazan 19 mai, 2010 À la une, Turquie No Comments >>

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