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La Turquie est la solution pour le gaz européen

Taner Yildiz, ministre de l’Energie, a répondu aux questions de Zaman  sur la politique énergétique turque.

Il se veut confiant dans les projets concernant le gaz, le nucléaire et même dans des coopérations avec l’Irak et les Etats-Unis.

Taner Yildiz, ministre de l’Energie et des Ressources naturelles a déclaré que bien que la Turquie soit prête à ouvrir le chapitre sur l’énergie dans le processus d’adhésion du pays à l’UE, les officiels de l’UE empêchaient l’ouverture du chapitre avec des excuses non-fondées.

«Nous sommes prêts à ouvrir le chapitre sur l’énergie, mais l’UE ne l’est pas. Étant donné que la Turquie est la solution pour le gaz européen (le projet Nabucco par exemple) comment peut-elle ne pas ouvrir le chapitre sur l’énergie?» nous a confié le ministre.

Notant que la majeure partie de l’opposition vient du gouvernement chypriote grec, Yildiz, a déclaré: «Je pense que nous ne méritons pas un tel traitement.

Ils nous disent qu’il nous faut  du temps. Nous ne sommes pas d’accord. Compte tenu de nos contributions aux projets, comment peut-on dire qu’il nous faut encore du temps? La Turquie ne mérite pas cela.

Je crois que nous réussissons dans le domaine de l’énergie mieux que beaucoup de pays.» Le ministre a souligné que la croissance rapide de la Turquie se poursuivrait dans le cadre de leurs prédictions pour 2023 et qu’elle continuerait de fournir l’énergie nécessaire à cette croissance sans interruption.

Rappelant que la demande en énergie allait doubler en 2020, il a ajouté que cela signifiait que le gouvernement devait investir aussi 120 milliards de dollars dans la transmission, la distribution et la production. Répondant aux questions de Zaman, voici ce que le ministre nous a confié.

Il y a eu des critiques concernant le projet Nabucco. Quelle est la position exacte de la Turquie? Quels sont les avantages et les inconvénients?

Ces  projets sont à moyen ou à long terme. Il faut les définir correctement. Ce sont des projets extraordinaires. Ce n’est pas simple. Nous devons nous concentrer sur le long terme et être patients. Nous devons être très attentifs et créer des synergies. Tout grand projet fait face à certaines menaces.

Rafraichissons-nous la mémoire et revenons 18 ans en arrière au moment où l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan était en construction. Beaucoup de gens ne croyaient pas en la faisabilité de ce projet, mais il a finalement été achevé. De même, le projet actuel rencontre des difficultés, en particulier concernant les dépenses. Vous ne pouvez pas dire: «Allez faisons-le maintenant» quand il s’agit d’un projet d’une valeur de 7 à 8 milliards d’euros.

Ce n’est pas rien. Il y a des problèmes concernant le financement, la construction, la coordination, les ressources, les routes, etc. On peut  toutefois venir à bout des tâches même les plus difficiles. Nous croyons que nous pouvons le faire même si c’est très difficile à mettre en place. Un accord intergouvernemental a été ébauché, et il a obtenu le feu vert du Parlement.

Quels avantages en tirera la Turquie ?

Cela va beaucoup apporter à la Turquie. Tout d’abord, cela va ajouter un projet à la liste de projets desquels le pays profite grâce à sa situation géographique. Nabucco est un projet stratégique qui va acheminer 31 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an et relier les fournisseurs aux consommateurs. Nous devons le faire. J’attache une importance particulière à ce sujet.

Il semble qu’il n’y ait pas d’accord avec l’Iran concernant le site South Pars?

Nous disions dans nos précédentes déclarations que les négociations techniques se poursuivaient. On nous a demandé si les sanctions récentes allaient nous affecter. Tout d’abord, nous devons préciser si nous serons d’accord ou non sur les questions techniques. Nous pourrons ensuite  aborder les questions administratives.

D’un point de vue technique, nous ne pouvons pas être d’accord avec le  système de modélisation ou avec la répartition des tâches et des responsabilités. Nous avons expliqué que nous pourrions évaluer une proposition nouvelle et différente, mais que nous ne changerions pas notre position concernant South Pars étant donné l’état actuel des choses. Le projet devrait créer une base commune dont l’Iran et la Turquie pourraient tirer profit.

Quand est-ce-que l’investissement dans l’énergie nucléaire va commencer? Comment cela va-t-il se passer ?

À mon avis, que le Parti républicain du peuple (CHP) nous emmène devant la Cour constitutionnelle ne nous surprendra pas. Mais je pense que nous n’en arriverons pas là. Sinon, on ne pourra plus rien faire pour la Turquie. Nous avons l’intention de continuer ce projet parce que la Turquie en a gagné le droit. Je ne pense pas que nous aurons des problèmes avec le commerce que nous ferons avec la Russie.

Pouvez-vous nous expliquer le processus?

Tout d’abord, il faudra s’occuper des licences. Il faut aussi une période de préparation d’un an et demi, des plans ainsi que les autorisations nécessaires. Tout cela prend du temps. Ensuite, il faudra sept ans pour l’investissement. Nous parlons d’un processus qui peut se poursuivre jusqu’en 2020 ou 2023. Nous devons être patients.

Pouvez-vous donner une date de début?

L’investissement devrait commencer dans un an et demi (fin 2011 ou début 2012). Il y a une période de construction de sept ans. En tout, le projet peut s’étendre jusqu’à 2018 ou 2019.

Que signifie le transfert technologique?

Nous envisageons ce que nous nous pensons capables de faire. C’est déjà prévu dans le contrat. Si nous sommes capables de 60%, c’est ce que nous ferons. Cela dépend des services que nous pouvons offrir. Il en va de nos aptitudes et de notre organisation. Nous sommes la clé.

Il y avait des pourparlers avec le KEPCO sud-coréen concernant les affaires nucléaires. Est-ce qu’il y a un  ralentissement dans le processus?

N’appelons pas cela un ralentissement, nous espérons que cela s’arrangera d’ici la fin du mois et que nous pourrons parvenir à un accord. Il n’y en a pas actuellement. Les pourparlers sont en cours. Et puis si nous n’y arrivons pas, ce n’est pas la fin du monde. Nous pouvons négocier avec une autre société.

Quelle sera votre stratégie concernant le carburant ?

Il y a cinq pays qui enrichissent l’uranium, mais les usines de carburant sont nombreuses. La Turquie ne rencontrera pas de problème de ce point de vue là. Il n’est pas possible d’investir dans le carburant avant d’avoir un certain nombre de centrales nucléaires.

Certains prétendent que nous allons vivre certaines difficultés à répondre à la demande en énergie jusqu’à ce que les centrales nucléaires soient en service.

Non, ce n’est certainement pas le cas. Nous ne prévoyons pas de problèmes liés à ces investissements. Nous allons commencer à utiliser l’énergie nucléaire après 2018 et 2019. Nous avons aussi plusieurs investissements à faire pendant ce laps de temps, et nous y travaillons actuellement. Nous allons continuer à investir dans l’eau, le vent, la géothermie et l’énergie à base de charbon.

Qu’en est-il de l’oléoduc Kirkouk-Yumurtalik ?

L’accord a expiré et nous travaillons à son renouvellement. Si j’ai l’occasion d’aller à Bagdad dans les prochains jours, nous allons régler ce problème.

Quel sera le chiffre d’affaires annuel de la Turquie? Est-ce qu’elle sera protégée des attaques terroristes ?

Je pense que le taux de recettes annuelles total de la Turquie sera d’environ 1 milliard de lires. En ce qui concerne sa sécurité, il y aura une protection supplémentaire avec un système de sécurité privé, de sécurité électronique et le personnel de sécurité déjà existant. C’est ce que nous essayons de mettre en œuvre dès maintenant. Nous pouvons le faire avec les ressources locales.

Quel est l’état actuel de notre exploration de gaz naturel en Irak?

Il y a des projets que nous avons développé pour ce pays. Nous avons des partenariats avec le gouvernement central d’Irak, les Chinois et Gazprom.

Il existe également des projets que nous avons développé en collaboration avec Shell pour le plan principal. Nous devrions être en mesure d’obtenir plus de l’Irak. Nous devrions être en mesure de récolter les fruits de notre coopération avec ce pays.

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Ramazan 20 août, 2010 Dossiers, Économie, Europe No Comments >> Mots clés: , , , ,

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