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La Turquie est la plus grosse contributrice au dispositif au large des côtes libyennes

Ankara, qui joue un rôle d’intermédiaire entre le régime de Kadhafi et les Occidentaux depuis le début de la rebellion, craint une «irakisation» du conflit.

Réunis à huis clos, les députés turcs discutaient encore jeudi soir de l’envoi en Méditerranée de cinq navires et d’un sous-marin pour participer aux opérations de contrôle de l’embargo sur les armes à destination de la Libye. Un feu vert a été donné.

Avec six bâtiments de guerre, la Turquie est la plus grosse contributrice au dispositif au large des côtes libyennes.

Mais Ankara est tiraillé entre le pacte qui le lie à ses alliés de l’Otan et son souci de ne pas apparaître trop ouvertement du côté de la coalition pour ne pas se mettre à dos les populations arabes ou musulmanes de la région.

Jeudi, son désaccord sur les bombardements a empêché les 28 pays membres de l’Alliance de confier la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne à l’Otan. Pour donner son feu vert, Ankara réclame au préalable un arrêt des frappes. Mais un compromis pourrait émerger.

Jeudi, l’amiral américain James Stavridis, commandant de l’Otan en Europe, se trouvait à Ankara pour discuter des conditions de la participation turque dans la coalition. Si la Turquie ne souhaite pas être visible sur le front, elle semble prête à assurer les arrières de la coalition. La base de l’Otan d’Izmir, dans l’ouest du pays, pourrait être intégrée au dispositif et superviser le dispositif de surveillance aérienne.

Il y a peu, Recep Tayyip Erdogan, le premier ministre, qualifiait encore de «non-sens» une intervention de l’Otan en Libye. Mardi, devant son groupe parlementaire, il martelait que la Turquie «ne sera jamais celle qui pointera une arme contre le peuple libyen», une manière de se démarquer indirectement des pays engagés en première ligne dans l’offensive militaire. Le président de la République, Abdullah Gül, a regretté: «Malheureusement, il est clair que certains pays versent dans l’opportunisme». Sans en citer un nommément. Après les critiques du gouvernement contre le «rôle majeur de la France» dans le déclenchement des opérations, il ne fait guère de doute que la remarque du chef de l’État turc visait Paris.

Crainte d’une «irakisation»
Les réticences turques s’expliquent aussi par une crainte d’une «irakisation» du conflit et par ses importants intérêts économiques, concentrés dans le secteur de la construction, en Libye. Et plusieurs milliers de ressortissants turcs se trouvent encore sur le territoire libyen. Depuis le début de la rébellion, Ankara joue également un rôle d’intermédiaire entre le régime de Kadhafi et les Occidentaux. Sur place, c’est désormais la Turquie qui représente les intérêts américains, britanniques et australiens. Elle est intervenue dans la libération du reporter du Guardian, arrêté début mars, et a été remerciée par le New York Times pour celles de ses quatre journalistes, lundi.

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Ramazan 25 mars, 2011 Afrique No Comments >> Mots clés: ,

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