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La nouvelle littérature turque a le vent en poupe en France

Des têtes de Turcs de plus en plus connues en France: les écrivains turcs, présents au Salon du Livre de Paris au côté des représentants de 25 autres pays, ont le vent en poupe depuis peu dans l’Hexagone et les traductions en français se multiplient.

La Turquie devait être l’invitée d’honneur du Salon du Livre de Paris, dans le cadre de la Saison turque en France qui s’achève à la fin du mois. Mais, mi-2009, le projet a été abandonné.

Le prix Nobel de littérature 2006, le Turc Orhan Pamuk, auteur de “Neige” (Gallimard), l’avait regretté.

L’éditrice Liana Levi avait expliqué que les organisateurs du Salon avaient peut-être craint des incidents.

Ankara a fait contre mauvaise fortune bon coeur et un grand stand, baptisé “Toutes les couleurs de la Turquie”, accueille une trentaine d’auteurs.

“La littérature turque n’est pas encore la plus connue en France mais, la Saison turque aidant, elle est en train de trouver son public et les traductions en français augmentent”, explique à l’AFP Erhan Turgut (éditions Turquoise), chargé de coordonner le stand et qui veut présenter la diversité des publications turques: romans, essais sur l’histoire de la Turquie, littérature jeunesse ou romans policiers.

“Il y a encore beaucoup plus de traductions en allemand ou en anglais, et même… en coréen”, relève l’éditeur, ancien journaliste et dessinateur de presse qui a créé les éditions Turquoise en 2000.

Beaucoup de femmes dans cette nouvelle vague turque, dont Elif Shafak, née à Strasbourg de parents turcs, qui écrit en turc et en anglais. Féministe engagée, elle est l’auteur de plusieurs best-sellers, dont “Soufi, mon amour”, vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires dans son pays. Elle a publié “Lait noir” (éditions Phébus) l’an dernier.

Chez Actes sud, Timour Muhidine se bat depuis vingt ans pour faire connaître la littérature de son pays d’origine. C’est à lui que l’on doit la publication de Asli Erdogan, de Tahsin Yüsel ou de Sema Kaygusuz et son beau roman “Chute des prières”, où elle raconte l’histoire de ses grands-parents déplacés.

“Autre nouveauté, la culture de l’Anatolie, l’histoire du pays, deviennent des sujets de plus en plus importants”, souligne Erhan Turgut. “Auparavant, un roman, pour séduire un éditeur parisien, devait traiter d’Istanbul. Mais les choses bougent. Désormais, l’Anatolie intéresse. Cette nouvelle génération d’écrivains, dont de nombreuses femmes, puise à cette source”, poursuit l’éditeur.

Les lecteurs français pourront aussi se délecter des “Autres cauchemars” (Actes sud) de Yigit Bener, des textes courts, cruels et ironiques, sur la Turquie.

“Les auteurs vont à la recherche de leurs racines”, souligne M. Turgut, comme Nedim Gürsel, écrivain turc vivant à Paris, avec “Les filles d’Allah” (Seuil), publié en 2009 et largement autobiographique, ou “Sept derviches” (Seuil, 2010), qui entraîne le lecteur dans l’univers des derviches anatoliens.

Nedim Gürsel avait été poursuivi en justice l’an dernier par un islamiste créationniste pour “dénigrement des valeurs religieuses”. L’auteur a été acquitté.

Mais “il n’y a plus vraiment de tabous en littérature ou en poésie en Turquie”, assure Erhan Turgut.

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Ramazan 28 mars, 2010 Culture No Comments >> Mots clés: , , ,

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