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La médiation turque s’invite dans le réchauffement des relations afghano-pakistanaises

Les présidents turc, afghan et pakistanais se rencontrent aujourd’hui à l’occasion d’un sommet à Istanbul qui s’apparente à une rencontre préparatoire à l’importante Conférence de Londres du 28 janvier.

La médiation turque, par la voix de son président Abdullah Gül, tente de réchauffer des relations bilatérales entre l’Afghanistan et son voisin pakistanais traditionnellement tumultueuses.

Cette rencontre est l’occasion d’affiner leur position en vue de renforcer la stabilisation de l’Afghanistan.

Cette réunion trilatérale reste un préalable à une conférence élargie, demain, réunissant les représentants des voisins de l’Afghanistan, mais aussi le Ministre britannique des affaires étrangères David Miliband, l’envoyé spécial américain en Afghanistan et au Pakistan Richard Holbrooke, le vice-président iranien, un haut-représentant russe et le ministre chinois des affaires étrangères Yang Jiechi.

Cette table ronde permettra très probablement de concilier les différentes positions des Etats présents à Istanbul.

L’une des mesures phares de la Turquie est ainsi de proposer un plan de réinsertion sociale aux insurgés qui auront abandonné la lutte armée. La priorité est donnée à trouver une solution politique nécessaire à la prévention de l’insurrection talibane.

Kaboul et Islamabad entendent initier des négociations avec certaines factions talibanes. Le président Karzaï ambitionne également de créer un bureau de réconciliation nationale qui s’adresse majoritairement aux insurgés et ceux qui seraient enclin à déposer les armes. L’intense médiation turque fait beaucoup pour dégeler les relations afghano-pakistanaises, empoisonnées par une suspicion mutuelle de longue date.

Dans les années 1990, le Pakistan avait encouragé et soutenu les talibans afin de gagner en profondeur stratégique face au rival indien. L’Inter-Services Intelligence (ISI) avait assisté les talibans qui s’étaient alors emparés de Kaboul en 1996.

Jusqu’à l’intronisation du président Zardari fin 2008, les deux pays s’accusaient mutuellement de déstabilisation. Le Pakistan tentait difficilement de juguler la présence des insurgés talibans venus trouver refuge dans ses zones tribales. L’Afghanistan réprimandait son voisin de ne pas en faire assez.

Dans le même temps, la Turquie, membre de l’OTAN, s’est engagée à participer à la formation de policiers et de soldats afghans.

La Conférence de Londres à venir aura pour principal enjeu d’établir un calendrier de transfert de responsabilité aux forces de sécurité afghanes.

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