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L’opposition syrienne affûte ses armes

Frontière turco-syrienne

Malgré les efforts consentis ces dernières semaines par la Ligue arabe pour arrêter l’effusion de sang, la possibilité de parvenir, à terme, à un règlement pacifique à la crise syrienne s’amenuise de jour en jour.

Et pour cause, aucune des parties en conflit n’est réellement encline à entrevoir une solution autre que celle devant passer par les armes.

Si le pouvoir syrien continue dangereusement à appliquer la stratégie du bâton et de la carotte pour venir à bout de la contestation, l’opposition organisée au sein de Conseil national syrien (CNS) semble, quant à elle, avoir définitivement opté pour la lutte armée afin de faire partir le régime de Bachar Al Assad.

Le constat se vérifie d’ailleurs par le fait qu’aucune des deux parties n’a été réellement enchantée de voir débarquer à Damas les observateurs de l’organisation panarabe.

Dans tous les cas, les opposants ont maintes fois émis le souhait de voir la Ligue arabe transmette le dossier syrien à l’ONU. Critiquée par son incapacité à faire cesser l’effusion de sang, cette mission d’observateurs est devenue tellement problématique aujourd’hui que la Ligue arabe a décidé hier d’examiner si son maintien est bénéfique face justement à la poursuite des violences. La répression des manifestations contre le régime du président Bachar Al Assad a fait, selon les Nations unies, au moins 5000 morts depuis dix mois.Une chose est sûre, son avenir sera décidé le 21 janvier prochain au Caire. La question devrait être en partie tranchée sur la base du nouveau rapport du chef de la mission des observateurs sur le terrain qui est attendu le 19 janvier.

Le point de non-retour

Entre-temps, il est à rappeler que la Ligue arabe a décidé mercredi de surseoir à l’envoi de nouveaux observateurs à Damas après une attaque contre sa mission lundi, au cours de laquelle trois observateurs ont été légèrement blessés. Mais signe sans doute que la situation ira en s’aggravant dans les tous prochains jours et que la Syrie plongera un peu plus dans la guerre civile, Mostafa Ahmad Al Cheikh, le général déserteur de l’armée syrienne, qui s’est réfugié il y a dix jours en Turquie, devait annoncer hier, en coopération avec l’Armée syrienne libre (ASL), la création d’un Conseil supérieur militaire (CSM) pour planifier les opérations contre le régime de Damas et organiser les défections. Et l’ASL, qui revendique quelque 40 000 militaires ayant fait défection, «a pour mission d’exécuter ces opérations». A rappeler que l’armée syrienne libre a déjà mené plusieurs opérations contre des soldats de l’armée régulière qui ont fait des dizaines de morts. Selon le journal turc Hürriyet Daily News, le général Al Cheikh était le numéro deux de l’armée du Nord syrienne, chargé du renseignement. Il réside dans le même camp du sud de la Turquie que le colonel Riad Al Assaad, le chef de l’ASL, précise le journal sur son site internet.

Le quotidien ajoute que le général Al Cheikh a participé à une réunion cette semaine à Hatay (sud de la Turquie), de l’ASL et du Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité de l’opposition politique au régime du président Assad. Alors que la répression de la révolte se poursuit sans répit malgré la présence depuis le 26 décembre de 163 d’observateurs arabes chargés de surveiller l’application d’un plan de sortie de crise, le régime de Damas s’emploie de son côté aussi à faire le plein d’armes et de munitions pour faire face à la guérilla anti-Al Assad. Washington soutient en tout cas mordicus que l’Iran a déjà adressé des chargements entiers d’armes à Damas. Idem pour la Russie qui possède une base militaire en Syrie. Dans son soutien indéfectible à Bachar Al Assad, Moscou s’oppose toujours fermement à toute résolution condamnant le régime de Damas. Le gouvernement russe a, rappelle-t-on, proposé son propre projet de résolution sur la Syrie. Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a critiqué les amendements occidentaux, estimant qu’ils avaient pour but de procéder à un changement de régime à Damas. Ce dont il ne veut absolument pas entendre parler. Bref, tous les ingrédients semblent maintenant réunis pour un embrasement général.

L’émir du Qatar favorable à l’envoi de troupes arabes en Syrie :

L’émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, est favorable à l’envoi par les pays arabes de troupes en Syrie afin de faire cesser la violence dans ce pays, selon l’extrait d’un entretien télévisé qui doit être diffusé aujourd’hui aux Etats-Unis. Interrogé par la chaîne CBS sur la nécessité d’envoyer des troupes arabes en Syrie, l’émir a répondu, selon le texte de l’entretien, «afin de mettre fin à la tuerie (…)

Un certain nombre de soldats devraient se rendre sur place pour arrêter la tuerie». CBS souligne que l’émir du Qatar est le premier dirigeant arabe à se prononcer publiquement en faveur de l’envoi de troupes en Syrie. 

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Ramazan 15 janvier, 2012 Moyen-Orient No Comments >> Mots clés: , ,

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