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Hanifi Kapan : “je préfère mourir que repartir en laissant ma femme et mes enfants”

Hanifi Kapan est décrit par tous comme un père aimant, un homme "exemplaire" qui ferait tout pour le bonheur de ses trois enfants.

Ce papa de trois enfants, actuellement en centre de rétention, parle de son désespoir.

Il y a un brouhaha terrible, des cris aussi, que l’on entend derrière lui, lorsque Hanifi Kapan nous parle via son portable.

Son téléphone, c’est son seul contact avec le monde extérieur. Son fragile fil d’Ariane qui le relie encore à sa femme Elif et ses trois enfants depuis une dizaine de jours.

Depuis qu’au cours d’un banal contrôle routier, ce papa turc de 33 ans sans papiers et soumis à une obligation de quitter le territoire depuis mai, a été arrêté et conduit au centre de rétention de Marseille.

La mobilisation n’a cessé de croître pour éviter qu’il ne soit expulsé vers son pays d’origine.

Les membres du Réseau éducation sans frontières ont pris l’affaire en main, arguant que ce papa est en France depuis dix ans, qu’il a travaillé, participé à la vie économique du pays, que dans l’intérêt de ses enfants, ils doivent poursuivre leur scolarité ici à Avignon.

Ça fait plaisir que des gens m’aident, que des gens soient derrière moi pour me soutenir”, assure Hanifi Kapan qui peut fort heureusement parler tous les jours avec ses enfants. Abdullah, 6 ans, Hatice et Kübra, les jumelles de 4 ans ont du mal à comprendre l’absence. Forcément. L’aîné n’est pas bien à l’école, est un peu perturbé, se doute de quelque chose.

“Obligé de leur mentir

“C’est très dur, je suis obligé de leur mentir, de dire que je suis parti loin pour travailler, ça me fait de la peine, assure Hanifi Kapan. Je ne veux pas les laisser dans le besoin. Si j’étais célibataire, ce serait différent. Mais là, je ne veux pas qu’ils soient seuls comme ça, c’est impossible”.

Arrivé en 2001 à l’arrière d’un camion Hanifi Kapan martèle qu’il ne veut pas partir, que sa vie est ici, qu’il refuse de retourner en Turquie, même si ses parents y vivent toujours.

“Je ne monterai pas dans l’avion, je préfère mourir que partir”, lâche ce papa complètement désespéré. Il assure même que si les autorités parviennent à l’expulser, il “essayera par tous les moyens de revenir en France”. Prêt à refaire le parcours, qui en 2001, l’a mené caché à l’arrière d’un camion de la Turquie, via l’Italie, jusqu’ici.

“Depuis, j’ai essayé d’obtenir des papiers, toutes mes demandes ont été refusées alors que j’ai choisi de travailler, de ne pas voler, de ne pas faire des choses mauvaises…”. Hanifi Kapan aurait même une promesse d’embauche dans une entreprise de maçonnerie qui lui permettrait de subvenir aux besoins de sa famille. D’autant que sa femme Elis, âgée de 27 ans, se retrouve désormais particulièrement isolée.

“Je ne partirai pas, je ne l’envisage même pas, confiait-elle hier après-midi au cours d’une manifestation organisée en préfecture. Ma soeur et mon frère m’aident beaucoup mais je veux que mon mari revienne. C’est tout ce que je veux”.

A ses côtés se tiennent les petites jumelles, adorables avec leurs couettes et leurs deux ponchos roses identiques. Elles s’amusent avec les pancartes imprimées de slogans pour que leur papa reste en France. Heureusement, elles ne savent pas encore les lire.

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Ramazan 25 mars, 2010 En bref, France No Comments >> Mots clés: , , ,

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