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Erdogan plaide au Liban pour un espace Schengen arabe

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé à l’ouverture de la réunion annuelle de l’Union des banques arabes tenue à Beyrouth, les hommes d’affaires arabes à investir en Turquie, et à saisir précocement cette occasion, a fortiori que la Turquie a surmonté la crise économique mondiale.

“Le taux de croissance en Turquie a préservé sa progression en 2010, et le revenu national a augmenté au cours de la même année de 11,7%”, a-t-il signalé.

“Ainsi, nous constatons que l’économie turque est parmi les économies qui réalisent les plus importants taux de croissance dans les pays en voie de développement, nous sommes le troisième pays dans le monde en termes de croissance”.

Il a, par ailleurs, souligné en substance que le secteur bancaire turc est parvenu à résister grâce à sa solidité, sans aucun soutien gouvernemental. “La Turquie ne connait pas de dangers bancaires, et de nombreux investisseurs étrangers font confiance à notre économie”.

Erdogan a appelé les pays de la région à créer un espace analogue à celui de l’espace européen Schengen, exprimant son étonnement quant à la réticence de franchir ce pas, et faisant remarquer que “le seul objectif de la Turquie dans la région est la paix, la stabilité et le bien-être”.

Il a encore laissé entendre que la Turquie s’est engagée dans un processus de négociations en vue de son adhésion à l’Union européenne, ajoutant que son pays demeure persuadé de la possibilité de mélanger l’identité musulmane avec l’Europe. “Mais, ceci ne veut pas dire que l’on doit tourner le dos à l’Asie”, a-t-il précisé, annonçant la création d’un conseil de coopération quadripartite avec la Syrie, le Liban et la Jordanie.

Par ailleurs, Saâd Hariri, Premier ministre libanais, a rendu hommage à son homologue turc, au deuxième jour de sa visite au Liban, et l’a qualifié de “Leader musulman par excellence”.

Hariri a salué Erdogan lors de l’inauguration d’un hôpital pour les grands brûlés de la ville libanaise de Sayda, construit par des financements turcs. “je n’ajouterai rien de nouveau, si je dis Monsieur le Premier ministre, que votre popularité au Liban est grande, vous êtes un leader musulman par excellence, vous avez promu le concept de la modération musulmane, aux plus hauts rangs mondiaux, et vous avez redonné à la Turquie des gloires, avec son rôle régional et mondial, ce qui a constitué une réelle valeur ajoutée pour le monde musulman sur la scène internationale”.

Et de poursuivre : “les Libanais n’oublieront pas que la Turquie était à leurs côtés, soit en faisant face aux conséquences de la guerre israélienne, soit en faisant de la stabilité du Liban une de ses priorités politiques. Que la Turquie soit un pays influent dans la prise de décision régionale, cela signifierait pour nous, qu’il y a un pays ami qui sera du côté du Liban, et nous serons, à notre tour,  fidèles à ce rôle”.

“Notre choix dans ce pays est de vivre ensemble, travailler ensemble, nous unifier pour faire face aux défis israéliens, et régler nos problèmes par le dialogue et puis par le dialogue”, a-t-il affirmé.

“La stabilité du Liban est partie intégrante de la stabilité de la région. Elle est devenue au cours des trois dernières décennies comme un indice politique général de la stabilité régionale et comme le principal point d’appui pour créer un climat de communication économique,  humain et de développement entre les pays”, a estimé Saâd Hariri.

Cette conférence bancaire « reflète une vision économique arabe intégrée qui porte, entre autres, sur la mise en place d’un bloc bancaire régional servant les États arabes et les pays voisins dont les objectifs économiques et bancaires complètent les nôtres », a souligné le Premier ministre. « Aujourd’hui, la région arabe a une croissance économique viable (…). Sans aucun doute, l’élément-clé de cette croissance est la capacité élevée des banques arabes à financer des projets d’investissement », a-t-il ajouté.

En ce qui concerne la Turquie, à l’honneur cette semaine, M. Hariri a réitéré la volonté du Liban de se rapprocher de ce pays, acteur régional d’envergure et poids lourd économique. « La Turquie est devenue aujourd’hui une puissance régionale avec une présence mondiale dans divers domaines. Aujourd’hui, nous aspirons à accroître les réseaux de coopération bilatérale dans les différents domaines économiques, de développement et d’investissement », a souligné le Premier ministre, ajoutant que le pays du Cèdre souhaite « développer des partenariats entre les secteurs privés libanais et turc, et d’augmenter le volume des échanges commerciaux entre les deux pays ».

M. Hariri a exprimé en outre son souhait de voir l’accord quadripartite de libre-échange (Turquie, Syrie, Liban, Jordanie) englober, à terme, d’autres pays de la région.
Abondant dans le même sens, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a souligné la nécessité de dynamiser les relations entre la Turquie et le monde arabe, mettant l’accent, en parallèle, sur les points forts de l’économie turque. Il a notamment évoqué à cet égard la stabilité et la résilience de son pays face aux turbulences internationales.

Le Premier ministre turc a ainsi appelé les investisseurs arabes à se rendre en Turquie. « Je me chargerai personnellement du suivi de vos investissements (…). Une agence pour les investissements étrangers en Turquie, directement sous ma direction, est disponible. Elle fournira tout le soutien nécessaire. »

Accord de libre-échange libano-turc : les spécificités libanaises prises en compte

Rappelons qu’un accord de libre-échange a officiellement été signé mercredi – après six ans de négociations – entre le Liban et la Turquie. Celui-ci découle de l’accord-cadre quadripartite signé à Istanbul en juin dernier entre le Liban, la Turquie, la Syrie et la Jordanie. Il vise notamment à créer une zone de libre circulation des personnes, des biens et services ainsi que des capitaux dans un délai maximal de 10 ans après son entrée en vigueur.

La levée des obstacles, en ce qui concerne les marchandises entre le Liban et la Turquie, ne sera pas toutefois immédiate ou totale, les deux pays ayant convenu de limiter la liberté du commerce dans le secteur agricole à 20 produits en raison de la fragilité du secteur agricole libanais, dont le manque de compétitivité est dû à plusieurs facteurs. Les coûts de production au Liban, qui se reflètent sur le niveau des prix, sont en effet souvent plus élevés au Liban que dans les pays voisins, en raison notamment de l’absence de soutien étatique et du retard technologique.

Au niveau des produits industriels, ces derniers seront pour leur part divisés en trois groupes : le premier groupe sera exempté des droits de douane dès que le Parlement libanais ratifiera l’accord. Le deuxième groupe sera progressivement exempté des droits de douane sur une période de cinq ans. Pour le troisième et dernier groupe, il devrait être exempté de tarifs d’ici à cinq ans, ce qui permettra aux industriels libanais de s’adapter à la liberté de circulation des marchandises.

Rappelons que le volume total des échanges entre la Turquie et le Liban a totalisé l’an dernier près de 800 millions de dollars. Ces échanges sont aujourd’hui en constante augmentation, les exportations turques vers le Liban ayant atteint 576 millions de dollars au cours des dix premiers mois de 2010 (4 % du total des importations du Liban, en hausse de 6 % par rapport à la même période de l’an dernier), tandis que le total des exportations du pays du Cèdre en direction de la Turquie a totalisé 192 millions de dollars fin octobre (6 % du total des exportations libanaises, en hausse de 120 % par rapport a la même période de 2009).

Salamé plaide pour une hausse du ratio de solvabilité à 10 %

De son côté, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a souligné au cours de la conférence la nécessité pour les pays arabes d’adopter de nouvelles mesures de contrôle des risque financiers, à l’ombre des multiples chocs ayant secoué le système bancaire à l’échelle internationale.

M. Salamé a évoqué à cet égard les recommandations de Bâle III, largement défendues au cours du dernier sommet du G20, qui stipulent notamment une hausse du ratio de solvabilité. « Il faudra du temps pour arriver à un ratio de 7 % à l’échelle de toutes les banques du monde », a toutefois avoué Riad Salamé, déplorant la tendance actuelle de baisse du niveau de capitaux propres au sein de plusieurs banques internationales. « Cette dernière est estimée à un trillion de dollars dans les banques américaines et européennes », a-t-il précisé.

Sur le plan local, le gouverneur de la BDL a proposé une série de mesures susceptibles de réduire le risque de dérapage financier et de renforcer l’immunité du secteur bancaire libanais, dont l’augmentation du ratio de solvabilité « tier one » des banques à 10 % (le capital « tier one » représentant le noyau dur des capitaux propres des institutions financières, NDLR), soit un niveau plus élevé que celui exigé par les accords de Bâle III (7 %). Il a également suggéré le relèvement du seuil des réserves obligatoires, qui permettrait aux banques de mieux se prémunir contre le risque de défaut de paiement et le choix de deux membres indépendants dans chaque conseil d’administration d’une banque.

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Ramazan 26 novembre, 2010 Moyen-Orient No Comments >> Mots clés: , , , , , ,

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