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Erdogan à la conquête du Nouveau Monde

Les ambitions turques ne se limitent pas au Moyen-Orient. Elles se déploient sur des terres longtemps ignorées par Ankara.

Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan s’envole ce mardi vers le Brésil, première étape d’une tournée de huit jours en Amérique latine qui le conduira ensuite en Argentine et au Chili.

À Brasilia, il retrouvera le président Lula, qu’il avait quitté à Téhéran la semaine dernière.

Le nucléaire iranien sera au cœur de leurs discussions: les deux artisans de l’accord d’échange de combustible nucléaire conclu avec l’Iran devraient discuter d’une stratégie commune pour tenter de convaincre les États-Unis de retarder l’adoption de sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU contre la République islamique.

L’objectif de la visite du chef du gouvernement turc dépasse cependant le dossier iranien car le tandem turco-brésilien a des visées plus vastes.

Tous deux membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, la Turquie et le Brésil, qui ont multiplié ces derniers temps les visites bilatérales, s’épaulent pour se forger une stature diplomatique internationale.

Ainsi, en janvier, Celso Amorim, le ministre brésilien des Affaires étrangères, était invité à la conférence annuelle des ambassadeurs turcs. «Dans la perspective d’une réforme pour élargir le Conseil de sécurité, la Turquie vise désormais un fauteuil définitif à l’ONU, décrypte Beril Dedeoglu, professeur de relations internationales à l’université Galatasaray, à Istanbul.

Si le Brésil fait de même, la revendication des deux pays aura plus de force.»

Nouveaux débouchés

Au-delà de l’établissement d’une diplomatie sud-sud, le déplacement de Recep Tayyip Erdogan, accompagné de deux cents hommes d’affaires, a pour but de développer les liens économiques et les partenariats énergétiques avec des pays émergents.

C’est déjà Petrobras, la compagnie pétrolière brésilienne, qui mène des explorations conjointes avec les Turcs dans la mer Noire. Pour 2010, le FMI place la croissance turque en tête de celles des pays émergents.

Quinzième économie mondiale, la Turquie a donc besoin de nouveaux débouchés commerciaux.

Les infrastructures et relais nécessaires sont en train d’être mis en place: la compagnie aérienne Turkish Airlines a ouvert l’an dernier une liaison Istanbul-Sao Paulo et le premier ministre inaugurera dans la ville brésilienne un consulat général. «Les Turcs sont obligés de chercher tout seuls de nouvelles coopérations économiques, précise Beril Dedeoglu.

En dépit du traité d’union douanière en vigueur entre la Turquie et l’Union européenne, ils ne peuvent pas bénéficier des accords de libre-échange que l’Europe signe avec des pays tiers.» Un accord de libre-échange et une coopération technologique militaire devraient ainsi être discutés avec le Brésil, des accords douaniers et sur les transports seront signés avec l’Argentine, et le traité de libre-échange conclu avec le Chili l’an dernier servira de cadre à la rencontre avec le président Sébastian Pinera.

Source : Le Figaro
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