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Entre le Cameroun et la Turquie, l’histoire des relations bilatérales s’accélère.

Le président de la République de Turquie, Abdullah Gül, entame aujourd’hui sa première visite au Cameroun, sur invitation de son homologue Paul Biya.

Les deux chefs d’Etat ont déjà eu à échanger au cours d’un entretien en tête-à-tête dans l’un des salons de l’immeuble siège des Nations-Unies à New York, dans l’après-midi du mercredi 24 septembre 2008.

Ils se trouvaient dans la mégalopole américaine pour prendre part à la 63e session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU. Rien n’avait filtré de leurs entretiens.

Le président Abdullah Gül, élu à la tête de son pays depuis le 28 août 2007, est attendu aujourd’hui à Yaoundé au lendemain de la présentation des lettres de créance du tout premier ambassadeur de Turquie au Cameroun avec résidence dans la capitale camerounaise. C’est, en effet, vendredi dernier que le président Paul Biya a reçu au palais de l’Unité S.E. Atilay Ersan, qui lui a présenté les lettres l’accréditant comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Turquie au Cameroun. Arrivé à Yaoundé le 12 janvier dernier, Atilay Ersan a présenté le lendemain, le 13 janvier, les copies figurées de ses lettres de créance au ministre camerounais des Relations extérieures.

Les liens entre le Cameroun et la Turquie sont pourtant bien plus anciens. Les relations diplomatiques entre les deux pays remontent à 1960, il y a cinquante ans. L’ambassadeur Atilay Ersan, qui se plait à qualifier ces relations de fraternelles, estime cependant qu’elles ne sont pas « intenses ». Au cours d’un entretien exclusif accordé hier après-midi à Cameroon Tribune à l’hôtel Hilton, il relevait toutefois qu’il n’a jamais existé de contentieux entre les deux pays.

Selon lui, l’intensification des relations bilatérales entre le Cameroun et la Turquie, au-delà des divers contacts, passe par le resserrement des liens à travers l’échange d’ambassadeurs. Voilà pourquoi il a émis l’espoir que le Cameroun puisse être représenté, à l’avenir, à Ankara, capitale de la Turquie, par un ambassadeur résident. Les autorités d’Ankara, affirme Atilay Ersan, considèrent le Cameroun comme un pays très stratégique en Afrique, particulièrement en Afrique Centrale. Ce, au regard de sa situation géo-stratégique dans la zone du golfe de Guinée, ainsi que ses richesses variées : des hommes et des femmes formés, le sol et le sous-sol, les fleuves et la mer, le rôle du port de Douala pour les autres pays continentaux d’Afrique Centrale…

Désireux d’intensifier ses relations bilatérales avec les pays africains, la Turquie a décidé depuis 2005 d’ouvrir neuf ambassades dans les capitales à travers lesquelles ses opérateurs économiques peuvent se frayer de la place dans le marché africain où Européens, Américains et Chinois ont pris leurs marques. Dans la perspective de cette campagne économique, il est tout à fait édifiant que le président turc soit accompagné de 120 hommes d’affaires s’exprimant surtout en anglais et que l’un des points d’orgue de la visite soit le forum économique prévu entre les Camerounais et leurs homologues turcs. A entendre l’ambassadeur Atilay Ersan, les attentes turques sont, à cet égard, fortes et concrètes dans les secteurs des nouvelles technologies, des mines et textiles, la métallurgie, le tourisme, la pêche… Les dossiers turcs, croit-on comprendre, sont prêts. Les Turcs auraient une vision moins administrative de l’intensification des relations dans ces domaines.

Jusqu’à présent, les relations économiques et commerciales s’avèrent plutôt faibles. Selon une source diplomatique, le Cameroun exporte vers la Turquie surtout du bois, du pétrole brut, de l’aluminium. Il importe du ciment, des fers et métaux, de la levure, des pneus, des engrais, des équipements de boulangerie, du textile. La participation des Camerounais aux grandes rencontres économiques et commerciales organisées en Turquie, notamment le pont sur le commerce extérieur Turquie/Afrique (Tuskon I et Tuskon II), la foire internationale d’Izmir, le sommet de partenariat et de coopération Turquie-Afrique (17 au 21 août 2009), le forum mondial de l’eau etc., n’ont pas boosté véritablement les liens économiques. Pour les Turcs, le moment est venu d’aller au-delà de la vente et de l’achat des produits de part et d’autre, en signant des accords de partenariat.

Pays émergent, avec 80 millions d’habitants répartis inégalement sur 780 576 km2, la Turquie ambitionne de faire partie de l’Union européenne dont elle s’efforce de remplir les critères de convergence.

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Mert 16 mars, 2010 En bref, Politique étrangère No Comments >> Mots clés: , , ,

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