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Depuis septembre en France, le turc s’apprend au collège

En section bilangue au collège Zola, les élèves bénéficient de trois heures hebdomadaires de turc. Réservée aux jeunes turcophones, la classe s’ouvre pour la rentrée 2010 à tous les élèves rennais.

« Aujourd’hui, on revoit le présent actuel progressif. Qui s’en souvient ? » Devant Ayse Jolly, enseignante de turc, douze élèves attentifs. Ils sont tous de culture turque ou kurde. « C’est notre langue maternelle », précise Beyhan. « Notre culture », ajoute Selin. « Je suis venue dans cette classe car je voulais apprendre de nouveaux mots, progresser en turc », précise Hatice.

Alors pour venir au collège, il leur faut prendre le métro, quitter le quartier où ils ont grandi, les copains… « Ce sont mes parents qui m’ont envoyé là », relève Fatih. « Mais la prof est gentille, elle nous apprend tout ce qu’elle sait », ajoute Farhan, nostalgique du village et de la nature qui l’entourait dans son pays d’origine.

Beaucoup parlent le turc à la maison, comme Farhan, « mais avant de venir dans la classe, je ne savais pas bien l’écrire ou le lire ». « Avant, dans notre village, on ne parlait pas le turc standard que l’on apprend ici », précise Hatice.

« Une chance »

Dans la classe, les douze élèves parlent, ont tous une bonne compréhension orale. « Ils ont l’oreille, progressent vite, explique Ayse Jolly, l’enseignante. Cette classe leur permet de structurer leurs connaissances, d’avoir les mêmes bases en turc et en français. C’est une chance pour ces enfants. »

Ils ont soif de connaissances sur leur pays, leur culture. « Ils sont sérieux, ont de bonnes notes et augmentent ainsi leur moyenne. Quand on est fort dans sa langue maternelle, on se l’approprie plus facilement, on peut aussi construire plus aisément d’autres apprentissages. »

Ouverture sur l’Asie centrale

À la rentrée 2010, la classe s’ouvrira à tous les élèves des écoles publiques et privées qui entreront en 6e qui seraient tentés par une langue très différente de celle que l’on apprend habituellement en Europe. Ayse Jolly ne peut que les encourager, « car la France et la Turquie ont des échanges diplomatiques depuis plus de 300 ans ».

Le turc est « une langue de prestige » que l’on peut présenter au bac et en BTS, « qui ouvre les portes de l’Asie centrale. Plus de 150 millions de personnes parlent une langue proche du turc. » Aujourd’hui, La Turquie n’est pas membre de l’Union européenne, mais plus de 250 entreprises françaises y sont implantées. « On a besoin de traducteurs… »

Ayse Jolly, Turque d’origine, est tombée amoureuse du français en 6e. En 1980, elle vient passer un an à la Sorbonne, pour apprendre de nouvelles méthodes d’enseignement du français, avant de retourner à Istanbul enseigner dans un lycée francophone.

En 1992, elle se marie à un Français, rencontré à Istanbul, arrive à Rennes. Elle a été l’un des premiers enseignants certifiés de turc en France.

Aujourd’hui, à 14 h, dans le cadre du festival Travelling Istanbul (lire par ailleurs), accompagnée de ses élèves du lycée Bréquigny, Ayse Jolly vantera une nouvelle fois les atouts de sa langue maternelle.

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Mert 19 février, 2010 France No Comments >> Mots clés:

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