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	<title>Turquie de France &#187; Dossiers</title>
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	<description>Politique, culture, informations, tourisme, sport ... Des informations neutres et objectives.</description>
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		<title>Turquie : un marché porteur pour les entreprises françaises et internationales</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 15:02:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Coface]]></category>
		<category><![CDATA[Croissance économique]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour les entreprises à la recherche d’un relais de croissance en période de crise mondiale, la Turquie demeure un marché porteur. D’une part, parce que ce pays de 72 millions d’habitants reste un bon risque. « Les entreprises turques sont solides. Certes, des retards de paiement peuvent être accumulés, mais comme elles sont habituées à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4797" title="croissance-turquie" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Pour les entreprises à la recherche d’un relais de croissance en période de crise mondiale, la Turquie demeure un marché porteur. D’une part, parce que ce pays de 72 millions d’habitants reste un bon risque. « Les entreprises turques sont solides.</p>
<p>Certes, des retards de paiement peuvent être accumulés, mais comme elles sont habituées à se prémunir contre les chocs, ces sociétés finissent toujours pas payer », se réjouissait Yves Zlotowski, chef économiste de Coface, le 16 janvier, lors du colloque qu’organise tous les ans l’assureur-crédit français, à l’occasion de la publication de son guide sur les Risques pays.</p>
<p>Résultat logique, somme toute : Coface a décidé de maintenir la Turquie en catégorie A4, comme le Botswana, l’Algérie, le Maroc, l’Arabie Saoudite, le Pérou ou encore le Mexique, un cran seulement au dessous du Brésil, de la Chine, l’Inde, la Thaïlande, les Emirats Arabes Unis ou l’Afrique du Sud, notés A3. Et ce, malgré la volatilité de la croissance, qui devrait passer de 7,5 % en 2011 à 4 % en 2012 selon le gouvernement d’Ankara, 2 % selon le Fonds monétaire international.</p>
<p><span id="more-6640"></span></p>
<p>D’autre part, la Turquie continue à importer en masse. D’après la base de données GTA de notre partenaire GTIS, pendant les onze premiers mois de 2011, la Turquie a connu une hausse de 27,73 % de ses achats à l’étranger, un taux supérieur à celui du Japon, de la Corée du Sud, de la Thaïlande, du Brésil et même de la Chine (+ 19,55 %).</p>
<p>Parmi les faiblesses de la Turquie, remarquait, lors du colloque Coface sur les risques pays, Deniz Gökçe, professeur à l’université d’Ankara, figure « les achats d’énergie, représentant 50 milliards de dollars par an ». D’après GTA-GTIS, sur les quelque 157 milliards d’euros d’importations pendant les onze premiers mois de 2011, la Russie, premier pourvoyeur d’hydrocarbures de la Turquie, détenait une part de marché de 9,78 %. Mais, en fait, l’ex-Empire Ottoman a accru ses fournitures en provenance de tous ses grands partenaires commerciaux, y compris la France (+ 14,77 %).</p>
<p>Coface estime que « la consommation des ménages restera bien orientée, portée par des salaires en hausse et un taux de chômage au plus bas depuis 2005 ». Par ailleurs, les investissements directs étrangers continueront à augmenter, notamment dans l’automobile et la pharmacie. Et si les exportations souffriront de la récession dans la zone euro, qui représente 32 % des débouchés extérieurs, elles continueront à progresser, selon l’assureur-crédit, « grâce à la dépréciation de la livre (turque) et à la bonne tenue de l’activité au Moyen-Orient, qui draine désormais 22 % des exportations ».</p>
<p>Pendant les onze premiers mois de 2011, les ventes turques à l’étranger ont gagné 14,76 % par rapport à la période correspondante de 2010, s’élevant ainsi à 87,57 milliards d’euros. La Turquie recueille les fruits d’une « stratégie d’exportation mise en place au début des années 80 », selon Deniz Gökçe. Elle a ainsi décidé, bien avant la Chine, d’une année de la Turquie et depuis 2010 une dizaine d’ambassades turques ont été ouvertes en Afrique. Ankara, qui a concocté des plans de développement régionaux (Afrique, Etats-Unis, Proche-Orient…), a utilisé comme porte-avions de ses entreprises à l’international Turkish Airlines, qui a été distingué comme la meilleure compagnie aérienne européenne lors des World Airline Awards 2011.</p>
<p>Depuis huit ans, le gouvernement a aussi signé toute une série d’accords de libre-échange : Liban, Jordanie, Maroc, Tunisie, etc. Avec d’autres, les obligations de visas ont été levées. Et les résultats sont là en Russie, en Iran, en Irak ou en Egypte. L’Iran est ainsi devenu son dixième pays client, l’Irak occupant le troisième rang, avec un montant de 5,29 milliards d’euros, derrière l’Allemagne (9,13 milliards) et le Royaume-Uni (5,31 milliards).</p>
<address>Source : lemoci.com</address>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Fturquie-un-marche-porteur-pour-les-entreprises-francaises-et-internationales%2F17%2F01%2F2012%2F&amp;title=Turquie%20%3A%20un%20march%C3%A9%20porteur%20pour%20les%20entreprises%20fran%C3%A7aises%20et%20internationales" id="wpa2a_2"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Porté par ses succès économiques, l&#8217;AKP est crédité d&#8217;une large avance dans les sondages</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 19:54:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Élections législatives]]></category>
		<category><![CDATA[Parti de la justice et du développement (AKP)]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdoğan]]></category>

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		<description><![CDATA[La Turquie vote, le 12 juin, pour renouveler les 550 députés de son Assemblée nationale. Le scrutin est donné comme bouclé : crédité d&#8217;une large avance dans les sondages, le Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP), au pouvoir depuis 2002, devrait à nouveau remporter une large victoire électorale. L&#8217;inconnue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/03/vote.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5771" title="vote" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/03/vote-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>La Turquie vote, le 12 juin, pour renouveler les 550 députés de son Assemblée nationale.</p>
<p>Le scrutin est donné comme bouclé : crédité d&#8217;une large avance dans les sondages, le Parti de la justice et du développement (Adalet ve Kalkinma Partisi, AKP), au pouvoir depuis 2002, devrait à nouveau remporter une large victoire électorale.</p>
<p>L&#8217;inconnue porte sur l&#8217;ampleur de cette victoire et sur ses conséquences.</p>
<p>Porté par ses succès économiques, l&#8217;AKP a jusqu&#8217;ici rallié à sa cause une audience disparate autour de l&#8217;idée d&#8217;approfondissement démocratique.</p>
<p>Mais le blocage de l&#8217;alternance, dans un contexte de tensions régionales croissantes, entraîne aujourd&#8217;hui quelques interrogations sur l&#8217;avenir du régime turc.</p>
<p><span id="more-6131"></span></p>
<p>Depuis 2002, les scrutins se succèdent en Turquie à un rythme rapide. Pas une année sans vote, cela semble être devenu la devise : élections locales (2009), législatives (les dernières en 2007), référendums (le dernier en septembre 2010), bientôt une présidentielle (en 2012 ou en 2013, pour la première fois au suffrage universel).</p>
<p>L&#8217;enchaînement des scrutins est certes un indicateur démocratique, mais il révèle aussi un certain mode de gestion du pouvoir : encore une fois, la campagne électorale a été largement dominée par la personnalité du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, qui retrempe sa popularité dans ces processus quasi plébiscitaires.</p>
<p>Le premier ministre tire, en effet, des urnes une légitimité qui n&#8217;allait pas de soi. La création de son parti, en 2001, est le début d&#8217;une success story que personne ne se serait risqué à prévoir. L&#8217;accession de l&#8217;AKP aux affaires, en 2002, ouvre ensuite une ère de continuité politique paradoxale : la domination d&#8217;un parti permet l&#8217;application d&#8217;un agenda de réformes tous azimuts, qui s&#8217;accompagne d&#8217;une profonde remise en cause des repères sociopolitiques hérités de Mustafa Kemal Atatürk.</p>
<p>L&#8217;AKP défie d&#8217;emblée les référents idéologiques classiques. Prenant à contre-pied les observateurs, il commence par inscrire son action dans la perspective européenne et combat les blocages qui freinent l&#8217;entrée de la Turquie dans la communauté des grandes nations occidentales.</p>
<p>Pour conforter son électorat, l&#8217;AKP doit se rendre utile à tous, et ce pragmatisme calculé permet des avancées démocratiques majeures : fin des interférences de l&#8217;armée dans la vie politique, ouverture du dossier kurde, début de prise de conscience sur la question arménienne.</p>
<p>Ces audaces accumulées ont largement désorienté l&#8217;opposition, poussant le vieux parti kémaliste CHP (Cumhuriyet Halk Partisi) dans ses retranchements conservateurs, reléguant les partis kurdes dans une marginalité provincialiste et les ultranationalistes du MHP (Milliyetçi Hareket Partisi &#8211; Parti d&#8217;action nationaliste) à leur archaïsme.</p>
<p>Face à ces partis vieillissants, l&#8217;AKP s&#8217;est imposé dans un premier temps comme une incarnation de la modernité, alliant professionnalisme et efficacité. Il affronte encore aujourd&#8217;hui ces mêmes forces politiques, dont il a réussi pendant près de dix ans à capter l&#8217;électorat. Mais sa pratique du pouvoir a beaucoup évolué : la dynamique s&#8217;est crispée et la tentation hégémonique se précise.</p>
<p>Le seuil de représentativité de 10 % fixé par la loi électorale turque est impitoyable et risque encore une fois de caricaturer la représentation au Parlement. Le MHP pourrait notamment en faire les frais : victime d&#8217;une sombre campagne de dénonciation d&#8217;affaires de moeurs, la plupart de ses cadres ont dû démissionner face à l&#8217;opprobre public. La diffusion d&#8217;enregistrement des ébats sexuels des leaders des partis d&#8217;opposition semble d&#8217;ailleurs devenue en Turquie un sport national, depuis que la méthode a fait ses preuves pour se débarrasser de Deniz Baykal, le précédent leader du CHP.</p>
<p>Une telle &#8220;méthode&#8221; de campagne trahit au passage un retour diffus de l&#8217;ordre moral en Turquie. La démonétisation rapide du kémalisme, idéologie dont le progressisme peut être en soi discuté dans le contexte du XXIe siècle, laisse finalement un vide. Bigoterie et conscience communautaire progressent : la reconnaissance des minorités, présentée comme une avancée démocratique vers un mieux-vivre ensemble, paraît plutôt renvoyer à un imaginaire néo-ottoman, où l&#8217;ordonnancement hiérarchique des millets (les nations sous l&#8217;Empire, définies par la religion) consacre encore la domination du musulman.</p>
<p>Pour nos vieilles démocraties de plus en plus abstentionnistes, le niveau de l&#8217;excitation préélectorale en Turquie peut surprendre. Les partis se sont lancés dans une surenchère qui révèle indéniablement quelques sursauts du côté de l&#8217;opposition. Sous la houlette de son nouveau leader, Kemal Kiliçdaroglu, le CHP poursuit son effort de reconstruction et tente de se redéfinir comme parti social-démocrate. Tous les partis demandent une nouvelle constitution pour remplacer celle de 1980, héritée des militaires, et clore définitivement l&#8217;ère des coups d&#8217;Etat.</p>
<p>Mais la violence des débats révèle la difficulté à accoucher d&#8217;un nouvel ordre : le registre nationaliste domine, et la campagne a été émaillée d&#8217;incidents, notamment en pays kurde. Le parti prokurde BDP (Baris ve Demokrasi Partisi &#8211; Parti de la paix et de la démocratie), contraint de présenter ses candidats en indépendants pour s&#8217;assurer l&#8217;accès au Parlement malgré le seuil des 10 %, est prêt à l&#8217;affrontement. En toile de fond, la poursuite des grands procès impliquant l&#8217;armée donne une impression de règlements de comptes opaques.</p>
<p>Jusqu&#8217;à ces derniers mois, le système politique turc pouvait être décrit comme une sorte de démocratie concurrentielle : une variété de pouvoirs, exécutif, juges, armée, médias, confréries, étaient engagés dans une compétition souvent violente pour faire prévaloir des agendas parfois très éloignés, garantissant finalement une succession d&#8217;équilibres à court terme.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui la domestication de l&#8217;armée, la réforme du pouvoir judiciaire vont tous dans le sens d&#8217;un renforcement de l&#8217;exécutif. L&#8217;AKP a longtemps gouverné avec une culture d&#8217;opposition, se sentant menacé alors même qu&#8217;il exerçait le pouvoir, dans un pays où il n&#8217;est pas si difficile de faire disparaître des partis politiques &#8220;gênants&#8221; : il n&#8217;est pas passé loin de la dissolution, en 2008, et un parti kurde a encore été interdit en 2009. Mais l&#8217;équipe au pouvoir assume désormais son statut de maître du jeu. L&#8217;AKP a su s&#8217;approprier les institutions au point d&#8217;avoir les moyens de verrouiller le champ politique.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, certains indicateurs pourraient annoncer un resserrement du régime. Le modèle du parti dominant revient en force : les faiblesses chroniques du CHP, tant sur le plan de l&#8217;organisation que des idées, éloignent toute perspective d&#8217;alternance.</p>
<p>Dans ces conditions, le premier ministre semble travaillé par une tentation hégémonique. Il a plusieurs fois annoncé son intention de réformer le régime dans un sens présidentiel pour asseoir définitivement son autorité. Impitoyable à l&#8217;égard des critiques, il affirme un style de plus en plus autoritaire : après quelques arrestations spectaculaires de journalistes d&#8217;opposition, accusés de comploter contre l&#8217;Etat, un climat d&#8217;autocensure s&#8217;installe dans le pays.</p>
<p>Tout questionnement sur la nature du régime turc doit prendre en compte des déterminants externes lourds. Vus de Turquie, les succès diplomatiques du ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, figurent à l&#8217;actif du bilan. Le redéploiement régional opéré sous sa conduite a permis d&#8217;autonomiser une diplomatie turque alignée sur l&#8217;Occident depuis la guerre froide. La Turquie s&#8217;impose dans son voisinage &#8211; Balkans, Moyen-Orient, Caucase &#8211; comme soft power (pouvoir discret) bienveillant, capable d&#8217;assurer un leadership sur des dossiers difficiles : les Turcs défendent la voie diplomatique sur le dossier iranien et s&#8217;opposent à Israël sur la question palestinienne.</p>
<p>Américains et Européens s&#8217;inquiètent de ces choix sur lesquels ils n&#8217;ont pas de prise. La stature internationale de leur pays rassure au contraire les Turcs dans leur quête identitaire. Le débat sur un éventuel &#8220;modèle turc&#8221; pour les révolutions arabes les valorise mais de façon ambiguë, les renvoyant implicitement dans le camp oriental.</p>
<p>Le &#8220;printemps arabe&#8221; a, en réalité, surpris les Turcs comme tout le monde, et il les affecte plus directement, car il les place brusquement face à des responsabilités politiques nouvelles. Le malaise est perceptible : après avoir hésité sur l&#8217;Egypte et cherché un moyen terme sur la Libye, le gouvernement turc se débat aujourd&#8217;hui sans succès pour apaiser la crise en Syrie, pays avec lequel les relations étaient particulièrement étroites ces dernières années.</p>
<p>Impératifs économiques, complexité des relations tissées avec les régimes arabes, absence de moyens de pression crédibles : l&#8217;efficacité et la prétendue cohérence éthique du modèle davutoglien sont mises à mal.</p>
<p>Or la fascination pour l&#8217;exemple turc est ambivalente au Moyen-Orient : pour certains, la Turquie est un exemple de transition démocratique séculariste, pour d&#8217;autres, elle a permis l&#8217;avènement d&#8217;un modèle de gestion islamique durable. Il reviendra au prochain gouvernement turc de trancher cette ambiguïté, en stabilisant un modèle politique encore incertain, sous l&#8217;oeil attentif de ses alliés.</p>
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		<title>La Turquie est le maître du jeu a l&#8217;OTAN</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 16:24:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan)]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, un pays est l’objet de toutes les attentions à l’OTAN, et c’est la Turquie. Cette situation, partout perceptible dans les entretiens de couloir, dans les tractations bureaucratiques, etc., est la rançon de l’extraordinaire mélange de désarroi, d’impuissance et d’illusions caractérisant les positions des pays américanistes-occidentalistes, USA au premier rang, contrastant avec la politique turque [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/03/turquie-position.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-5952" title="turquie-position" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/03/turquie-position-300x300.png" alt="" width="300" height="300" /></a>Aujourd’hui, un pays est l’objet de toutes les attentions à l’OTAN, et c’est la Turquie. Cette situation, partout perceptible dans les entretiens de couloir, dans les tractations bureaucratiques, etc., est la rançon de l’extraordinaire mélange de désarroi, d’impuissance et d’illusions caractérisant les positions des pays américanistes-occidentalistes, USA au premier rang, contrastant avec la politique turque qui se ménage des ouvertures dans toutes les directions, n’est entravée par aucune alliance contre nature ou idéologique, apprécie la situation d’un point de vue à la fois réaliste et équilibrée…</p>
<p>Aujourd’hui, la Turquie est sans doute le pays le plus “gaulliste” de l’ensemble atlantico-euro-moyen-oriental, à la fois par sa liberté d’action et par son jugement des situations que n’embarrasse aucune lourdeur idéologique ni le moindre conformisme de jugement. (Tant pis pour la France, pays que tout désignait pour ce rôle, qui suit une diplomatie de l’instinct le plus bas, du désordre des intérêts électoraux immédiats, de l’intoxication de l’esprit par les élites intellectuelles les plus catastrophiques qu’elle ait connues dans son histoire, pourtant fort riche à cet égard.)</p>
<p><span id="more-5951"></span></p>
<p>La Turquie est le seul pays de l’OTAN qui maintient des relations avec la Libye de Kadhafi sans rien s’interdire de la moindre évolution à l’égard des anti-Kadhafi. On connaît les liens de la Turquie avec la “nouvelle” Egypte, et l’on retient le fait que la Turquie est le seul pays de l’OTAN qui traite Israël d’une façon équitable par rapport aux agissements de la clique au pouvoir à Tel Aviv.</p>
<p>La Turquie a également une position très intéressante vis-à-vis de la crise Arabie-Bahreïn, point de friction sans aucun doute encore plus grave que la crise de Libye ; elle a de bonnes relations avec les deux royaumes, mais aussi avec l’Iran dont on craint l’intervention au côté des communautés chiites dans les deux pays, qui sont l’objet des attaques des deux gouvernements.</p>
<p>(Ambrose Evans Pritchard écrit le 16 mars 2011, après les premières attaques de répression contre les contestataires chiites à Manama : «The risk group Exclusive Analysis said such heavy-handed methods may provoke Iran to launch a proxy war by arming insurgents. This could rapidly cross the border, fuelling Shia irredentism in Saudi Arabia&#8217;s Eastern Province. Any threat to Saudi control over the 5m bpd Ghawar oil field nearby would be a global “game-changer”. “Much worse headlines can easily be imagined,” said Raza Agha from RBS…»)</p>
<p>En d’autres mots, si l’OTAN veut jouer un rôle autre que celui d’agiter d’inutiles menaces militaires contre l’un ou l’autre (“inutiles”, puisque suivies d’aucun effet par manque de moyens), elle sera obligée de s’appuyer sur les bons offices de la Turquie.</p>
<p>Ce constat vaut d’ailleurs aussi bien pour les pays européens eux-mêmes, qui tiennent un rôle soit inexistant, soit à contretemps et déstabilisateur, vis-à-vis des diverses crises en cours. La Turquie est aujourd’hui le seul “pont” existant entre le monde américaniste-occidentaliste plongé dans le désarroi et l’impuissance et le monde arabe et moyen-oriental plongé dans un immense bouleversement.</p>
<address>dedefensa.org</address>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Fla-turquie-est-le-maitre-du-jeu-a-lotan%2F17%2F03%2F2011%2F&amp;title=La%20Turquie%20est%20le%20ma%C3%AEtre%20du%20jeu%20a%20l%26%238217%3BOTAN" id="wpa2a_6"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Si la Terre était une nation, Istanbul en serait la capitale</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/si-la-terre-etait-une-nation-istanbul-en-serait-la-capitale/12/02/2011/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Feb 2011 17:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Tourisme]]></category>
		<category><![CDATA[Empire Ottoman]]></category>
		<category><![CDATA[Istanbul]]></category>

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		<description><![CDATA[Phare des empires romain, byzantin et ottoman, Istanbul garde une place à part dans la Turquie contemporaine. Si la Terre était une nation, Istanbul en serait la capitale.» Il suffit de se promener dans les rues d&#8217;Istanbul pour comprendre ces mots de Napoléon Bonaparte. Le mélange des héritages culturels laisse entrevoir la richesse d&#8217;un passé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/02/istanbul-tourisme.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-5562" title="istanbul-tourisme" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/02/istanbul-tourisme-300x225.png" alt="" width="300" height="225" /></a>Phare des empires romain, byzantin et ottoman, Istanbul garde une place à part dans la Turquie contemporaine.</p>
<p>Si la Terre était une nation, Istanbul en serait la capitale.» Il suffit de se promener dans les rues d&#8217;Istanbul pour comprendre ces mots de Napoléon Bonaparte.</p>
<p>Le mélange des héritages culturels laisse entrevoir la richesse d&#8217;un passé tumultueux.</p>
<p>En 330, Byzance devient Constantinople, capitale de l&#8217;Empire romain d&#8217;Orient et est appelée à ses débuts la «nouvelle Rome».</p>
<p>Bâtie sur sept collines et formant un triangle pointu, elle présentait en effet d&#8217;autres ressemblances que la simple influence architecturale d&#8217;Occident.</p>
<p><span id="more-5561"></span></p>
<p>Un peu plus d&#8217;un siècle plus tard, en 1453, elle devient ottomane et ne perdra son statut de ville impériale qu&#8217;au début du XXe siècle.</p>
<p>Les rues stambouliotes transpirent ce riche passé, offrant aux touristes de passage un enchevêtrement d&#8217;architectures et d&#8217;influences diverses.</p>
<p>Synagogues et églises côtoient les mosquées.</p>
<p>La cuisine aussi trahit ces origines variées, mêlant mezze méditerranéens et desserts gorgés de fleur d&#8217;oranger et de miel qu&#8217;elle partage avec le Moyen-Orient.</p>
<p>C&#8217;est sur l&#8217;illustre Corne d&#8217;or que se dressent quelques-uns des monuments les plus visités d&#8217;Istanbul.</p>
<p>La mosquée Sainte-Sophie raconte à elle seule les revirements historiques qu&#8217;a connus Istanbul.</p>
<p>Commandée au VIe siècle par l&#8217;empereur Justinien qui voulait surpasser le légendaire temple de Salomon, elle marie l&#8217;architecture byzantine locale et les principes de construction des basiliques chrétiennes.</p>
<p>Son dôme central culmine à plus de 55 mètres de hauteur. Elle présente encore de superbes mosaïques aux ors étincelants.</p>
<p>Devenue un lieu de culte musulman au XVe siècle, elle est un musée depuis 1934.<br />
<strong>Au cœur du palais des sultans</strong></p>
<p>À quelques minutes de marche, la mosquée bleue date du XVIIe siècle et est considérée comme le dernier exemple de l&#8217;architecture ottomane classique.</p>
<p>Dotée de six minarets, un privilège islamique, elle est le point de départ des pèlerins musulmans rejoignant la Mecque.</p>
<p>Ses murs sont recouverts de 20000 carreaux de céramique artisanale.</p>
<p>Autre vestige incontournable sur la Corne d&#8217;or: le palais Topkapi. La résidence urbaine du sultan sous l&#8217;Empire ottoman s&#8217;étend sur 70 hectares et offre de tous côtés une vue imprenable sur le Bosphore.</p>
<p>Les quelques salles ouvertes aux visiteurs présentent des vêtements et bijoux précieux des sultans à faire pâlir les monarques d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Un dépaysement assuré pour quelques jours d&#8217;escapade.</p>
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		<title>Quand les pleuples re dessine ses frontières</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/quand-les-pleuples-re-dessine-ses-frontieres/03/02/2011/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Feb 2011 10:41:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d'Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Peuples]]></category>
		<category><![CDATA[Soudan]]></category>

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		<description><![CDATA[La révolution tunisienne et cette immense aspiration des peuples à secouer le joug de régimes autoritaires dans le monde arabe, en Egypte, en Algérie, en Jordanie, voire au Yémen, l&#8217;auraient presque fait oublier, mais une nouvelle nation, et pas des moindres, est sur le point de naître après des années d&#8217;une sanglante guerre civile qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/02/carte-du-monde.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1643" title="carte-du-monde" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/02/carte-du-monde-300x244.jpg" alt="" width="300" height="244" /></a>La révolution tunisienne et cette immense aspiration des peuples à secouer le joug de régimes autoritaires dans le monde arabe, en Egypte, en Algérie, en Jordanie, voire au Yémen, l&#8217;auraient presque fait oublier, mais une nouvelle nation, et pas des moindres, est sur le point de naître après des années d&#8217;une sanglante guerre civile qui a fait plus de 2,5 millions de morts.</p>
<p>Le 9 janvier dernier par référendum, le Sud-Soudan, plutôt animiste et chrétien, s&#8217;est prononcé pour son divorce du nord du pays, à majorité musulmane.</p>
<p>Ce qui constitue une première remise en cause des frontières laissées après l&#8217;indépendance des pays en Afrique par les colonisateurs. Mais ce n&#8217;est pas la seule tentation de séparation dans cette région du monde.</p>
<p>Demain, la Côte d&#8217;Ivoire pourrait, elle aussi, se séparer en deux à la suite de l&#8217;élection présidentielle et la proclamation de deux présidents, l&#8217;un reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, et l&#8217;autre pas, Laurent Gbagbo. Un pays où, là aussi, il existe de complexes clivages religieux et ethniques.</p>
<p><span id="more-5406"></span></p>
<p>Après le Soudan, on peut aussi s&#8217;interroger sur les conséquences de cette division dans ce que l&#8217;on désigne par l&#8217;Afrique des Grands Lacs &#8211; Burundi, RD Congo, Ouganda, Rwanda. Des pays divers, mais qui ont été marqués aussi par des guerres civiles sanglantes.</p>
<p>Et ailleurs, devant le Center of Political and Foreign Affairs à Paris, Ephraim Halevy, l&#8217;ancien patron du Mossad, les services secrets israéliens, insistait récemment sur l&#8217;importance, au-delà de l&#8217;Afrique, de la division du Soudan qui, à ses yeux, crée au Proche-Orient un « précédent ». Une région où les frontières ont été héritées de la désagrégation de l&#8217;Empire ottoman et de la fin des « mandats » des puissances « coloniales » française et britannique.</p>
<p>Il est certain que le premier candidat à la formation d&#8217;un Etat est la Palestine, qui a été reconnue par près de 100 pays, dont récemment par le Brésil et l&#8217;Argentine. Le plan de partage, adopté par l&#8217;Assemblée générale des Nations unies, pour l&#8217;ancienne Palestine mandataire, en deux Etats, l&#8217;un juif et l&#8217;autre arabe, ne date-t-il pas de 1947 ? Mais quelles en seraient les frontières aujourd&#8217;hui ? Car si Israël est résigné au divorce des Palestiniens, l&#8217;Etat israélien souhaite conserver une partie de ses conquêtes d&#8217;après-1967 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Et ce n&#8217;est pas la seule interrogation pour une nation palestinienne divisée en deux parties, Gaza et la Cisjordanie, sans continuité territoriale et marquée par l&#8217;antagonisme de deux mouvements dominants, le Fatah et le Hamas, proches de la guerre civile. En dépit de ces difficultés, il n&#8217;est pas imaginable que le statu quo actuel puisse durer alors qu&#8217;une grande partie de la population palestinienne est enfermée dans la bande de Gaza et connaît toujours une forte croissance démographique.</p>
<p>Huit ans après l&#8217;invasion américaine et britannique, l&#8217;Irak est lui aussi toujours menacé d&#8217;un éclatement entre la province de plus en plus autonome du Kurdistan et le reste du pays. Avec toutes les conséquences que cela pourrait avoir dans le Kurdistan turc, et pour le partage des richesses pétrolières.</p>
<p>Au-delà, en Asie centrale, la guerre d&#8217;Afghanistan est loin d&#8217;être terminée. Et qui sait si ce conflit n&#8217;engendrera pas demain un Pachtounistan ? Ce spectre qui depuis l&#8217;établissement de la « ligne Durand » à la fin du XIX e siècle séparant l&#8217;Afghanistan de l&#8217;Empire des Indes, plane toujours entre l&#8217;Afghanistan et le Pakistan.</p>
<p>Certes, on n&#8217;en est pas là et la région du côté pakistanais est aujourd&#8217;hui un sanctuaire pour les talibans afghans et les fondamentalistes pakistanais. Mais qu&#8217;en sera-t-il après le départ des troupes américaines, prévu pour la fin de 2014, et qui créera un dangereux vide ?</p>
<p>De même, les tendances au Cachemire à la séparation de l&#8217;Inde sont fortes. Et, demain, quel serait le sort du Tibet ou d&#8217;autres régions chinoises si un pouvoir démocratique était installé à Pékin ?<br />
Depuis l&#8217;implosion de l&#8217;Union soviétique et de la Yougoslavie, le monde a vu la multiplication des Etats ou du moins des revendications à l&#8217;autonomie, et non au regroupement, comme aurait pu le laisser présager l&#8217;unification allemande. En 1950, il y avait 82 Etats souverains. Aujourd&#8217;hui, les Nations unies comptent 192 membres. Un chiffre qui n&#8217;englobe pas les Etats autoproclamés ou pas reconnus par l&#8217;ensemble de la communauté internationale, comme le Kosovo ou les deux anciennes enclaves de Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud.</p>
<p>Et la liste des Etats en devenir et des tentations à l&#8217;autonomie régionale est longue. Car l&#8217;Europe n&#8217;est pas épargnée par cette tendance au divorce. Comme l&#8217;Espagne, où la Catalogne a déjà obtenu une grande autonomie de Madrid et se considère comme une « nation ».</p>
<p>Voire l&#8217;Italie, dans un registre très différent, où les tentations séparatistes des dirigeants de la « Padanie » (la plaine du Po, au Nord) s&#8217;expriment au grand jour. Les raisons de divorcer d&#8217;une autre entité sont diverses d&#8217;un pays, d&#8217;une région à l&#8217;autre : elles vont de la domination violente d&#8217;une région, comme ce fut le cas au Soudan, à la pure revendication fiscale &#8211; comme c&#8217;est le cas en Italie où les riches contribuables du Nord refusent de payer pour le Mezzogiorno -, en passant par la défense justifiée des droits d&#8217;une minorité ou des revendications communautaires sur des ressources naturelles. Mais cet émiettement, qui pousse à redessiner les frontières, contribue à créer de l&#8217;instabilité.</p>
<p>Même si la revendication à l&#8217;indépendance est totalement justifiée comme au Sud-Soudan et que le statu quo de la seconde moitié du XX e siècle n&#8217;est plus forcément tenable, pas plus que le joug des dictateurs d&#8217;hier.</p>
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		<title>Les nouvelles puissances mondiales</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/les-nouvelles-puissances-mondiales/29/01/2011/</link>
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		<pubDate>Sat, 29 Jan 2011 17:31:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Croissance économique]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;année 2010 aura confirmé deux faits : la montée en puissance des pays émergents et le déclin relatif du monde occidental. Il est sans doute trop tôt pour affirmer que nous sommes entrés dans un monde « post-occidental », mais il est clair qu&#8217;il est devenu multipolaire. Aucun pôle n&#8217;est majeur. L&#8217;Amérique et ses alliés sont empêtrés en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4797" title="croissance-turquie" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>L&#8217;année 2010 aura confirmé deux faits : la montée en puissance des pays émergents et le déclin relatif du monde occidental.</p>
<p>Il est sans doute trop tôt pour affirmer que nous sommes entrés dans un monde « post-occidental », mais il est clair qu&#8217;il est devenu multipolaire. Aucun pôle n&#8217;est majeur.</p>
<p>L&#8217;Amérique et ses alliés sont empêtrés en Afghanistan, avec pour seul espoir celui d&#8217;en sortir au plus vite.</p>
<p>Les États-Unis sont plus divisés que jamais et toujours plus fragiles, compte tenu de leurs multiples déficits. Puissance toujours « indispensable », l&#8217;Amérique n&#8217;est plus une puissance « suffisante ».</p>
<p><span id="more-5367"></span></p>
<p>L&#8217;Europe, en pleine crise identitaire, se bat pour la survie de l&#8217;euro. Elle est plus encline à se protéger du monde qu&#8217;à agir sur lui.</p>
<p>L&#8217;instabilité aggravée du monde naît de la rencontre entre deux grandes tendances.</p>
<p>Alors que le monde occidental connaît une phase sans doute très longue de « déclin relatif », le monde qui émerge n&#8217;est ni prêt ni désireux de jouer le rôle de stabilisateur international qui lui reviendrait légitimement, compte tenu de ses succès économiques : le taux de croissance des nouvelles puissances n&#8217;est-il pas entre dix et cinq fois supérieur à celui de l&#8217;Europe ?</p>
<p>Le monde émergent lui-même connaît un double mouvement ; approfondissement de sa réussite, mais aussi élargissement de sa composition. Peut-on encore parler aujourd&#8217;hui du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) pour décrire le club de ces pays en plein développement ?</p>
<p>La Chine, à nouveau puissance majeure, est à part. Sur les plans stratégique et économique, elle pèse trois fois l&#8217;Inde, même si cette dernière va la dépasser sur le plan démographique. La Chine, désormais deuxième puissance économique mondiale, est aussi animée d&#8217;un nationalisme toujours plus ombrageux et d&#8217;une susceptibilité toujours plus grande, au fil de ses réussites et des échecs de ses rivaux occidentaux. Elle est parfaitement à l&#8217;aise avec le concept de puissance, même si elle s&#8217;interroge sur ses choix diplomatiques et stratégiques.</p>
<p>N&#8217;y a-t-il pas des risques à quitter « le profil bas » qui était le sien jusqu&#8217;à une période récente ? Doit-elle sacrifier aux pressions des nationalistes et parler plus haut et plus fort, au risque de dresser contre elle un front uni en Asie ?</p>
<p>Deux autres pays aux réussites impressionnantes méritent d&#8217;être regardés : la Turquie et l&#8217;Indonésie. Ce sont aussi deux pays musulmans dont la réussite constitue la preuve que modernité et islam ne sont pas incompatibles, contrairement à ce que pensent trop de commentateurs.</p>
<p>La Turquie, « snobée » par l&#8217;Union européenne, montre que les grands empires, comme l&#8217;empire ottoman, ne meurent jamais vraiment. L&#8217;Indonésie, puissance musulmane la plus peuplée, devient un exemple de conciliation entre modération religieuse, progrès économique et politique. Est-elle déjà devenue un « nouveau grand de l&#8217;Asie » ? On ne peut plus l&#8217;ignorer aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Un symbole fort de cette recomposition du monde est intervenu à la fin de l&#8217;année 2010 : les « défaites » des candidatures de la Grande-Bretagne et des États-Unis, face à la Russie et au Qatar, pour accueillir les « Mondial » de football en 2018 et 2022. Elles confirment notre entrée dans un monde en pleine recomposition.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Fles-nouvelles-puissances-mondiales%2F29%2F01%2F2011%2F&amp;title=Les%20nouvelles%20puissances%20mondiales" id="wpa2a_12"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Turquie sunnite ou Iran Chiite ?</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/turquie-sunnite-ou-iran-chiite/22/01/2011/</link>
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		<pubDate>Sat, 22 Jan 2011 12:39:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmet Davutoğlu]]></category>
		<category><![CDATA[Mahmoud Ahmadinejad]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdoğan]]></category>

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		<description><![CDATA[A Istanbul, ces 21 et 22 janvier, l’hôte turc joue sa crédibilité de médiateur dans le dossier du nucléaire iranien entre le G5+1 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine, Etats-Unis) et l’Iran. Une situation légèrement schizophrénique pour la Turquie, accusée par l’Occident de s’allier à l’Iran alors que les deux pays se font, depuis quelques mois, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/01/erdogan-ahmadinejad-moyen-orient.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5281" title="erdogan-ahmadinejad-moyen-orient" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/01/erdogan-ahmadinejad-moyen-orient-300x165.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a>A Istanbul, ces 21 et 22 janvier, l’hôte turc joue sa crédibilité de médiateur dans le dossier du nucléaire iranien entre le G5+1 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine, Etats-Unis) et l’Iran. </em></p>
<p><em>Une situation légèrement schizophrénique pour la Turquie, accusée par l’Occident de s’allier à l’Iran alors que les deux pays se font, depuis quelques mois, une véritable guerre d’influence au Proche-Orient. </em></p>
<p><em>Et que le Premier ministre turc est en train d’y voler la vedette au président iranien.</em></p>
<p>Les Turcs mangent avec le Diable –sans même une grande cuillère: voilà ce que pensent les Occidentaux du rapprochement récent de la Turquie avec l’Iran.</p>
<p>Les nouveaux stratèges diplomatiques turcs sont accusés au mieux d’un flirt poussé avec le régime d’Ahmadinejad, au pire de fomenter avec leur voisin perse la formation d’un bloc islamiste.</p>
<p><span id="more-5280"></span></p>
<p>Les spécialistes des mondes turc et perse qui connaissent l’Histoire savent qu’entre l’empire ottoman puis la république de Turquie et le royaume de perse puis la république islamique d’Iran, entre le géant sunnite et le géant chiite, les motifs de rivalité ont toujours été plus nombreux que ceux d’alliance.</p>
<p>Certes, il y eut l’empressement turc à féliciter le président iranien pour sa réélection contestée en juin 2009; puis en mai 2010, la signature d’un accord tripartite (Iran, Turquie, Brésil) sur un échange d’uranium enrichi; le mois suivant, au Conseil de sécurité des Nations unies, Ankara refuse de voter de nouvelles sanctions contre Téhéran, et en décembre, Ankara obtient que l’Iran ne soit pas la cible désignée de l’extension du bouclier antimissiles américain sur son sol. De quoi refroidir sacrément les ardeurs pro-turcs des Américains et confirmer les réserves européennes.</p>
<h3>La bataille pour Gaza&#8230;</h3>
<p>Pourtant, hors les cabinets diplomatiques de Washington ou de Bruxelles, sur le terrain, la rivalité entre les deux pays donne sa pleine mesure. A Gaza, par exemple. D’un côté, la méthode iranienne: des armes, du savoir-faire et de l’argent pour les mouvements djihadistes palestiniens ainsi encouragés à poursuivre le combat contre Israël; de l’autre, la méthode turque: activisme diplomatique, financement de nombreux projets humanitaires, volonté de faire du Hamas un interlocuteur politique. En mai 2010, la Turquie envoie une «flottille de la paix» pour tenter de forcer le blocus de Gaza. L’arraisonnement du navire «Free Palestine» par un commando israélien cause la mort de huit militants turcs et d’un militant turco-américain.</p>
<p>Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, obtient qu’une commission des Nations unies enquête sur ce drame. Le blocus est allégé. Le nouvel homme fort du monde musulman a marqué un point. Ahmadinejad fulmine. Et Téhéran annonce illico qu’il s’apprête à affréter à son tour de nouveaux bateaux pour Gaza, ornés cette fois du croissant rouge iranien. Le casting se précise. Ce sont deux tempéraments qui s’affrontent: «<em>Ahmadinejad est plutôt dans l’esbrouffe et la fanfaronnade tandis que qu’Erdogan apparaît plus réservé avec des colères maîtrisées</em>», décrit Karim Bitar, chercheur à l’Ifri.</p>
<h3>&#8230; et pour le Liban</h3>
<p>Même schéma quelques mois plus tard, au Liban. A la tournée triomphale d’Ahmadinejad dans un fief du Hezbollad chiite au Sud du pays, le Premier ministre turc répond par une visite, au nord, dans un bastion sunnite. Les Iraniens dépensent des centaines de millions de dollars (on parle de 500 à 700 millions) pour soutenir, armer et entraîner le Hezbollah tandis que les Turcs multiplient les projets (écoles, hôpital, etc), une quarantaine depuis cinq ans. Téhéran entretient la résistance armée au risque de la guerre civile tandis qu’Ankara privilégie la carte diplomatique, au nom du réalisme politique et vient de tenter, sans succès pour l’instant, une médiation en pleine crise politique libanaise.</p>
<p>«<em>Le jeu d’Ankara est très subtil</em>, analysait Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes, dans Le Monde (8 juillet 2010): <em>tout en soutenant le programme nucléaire civil de l’Iran, il cherche à lui disputer la </em>“rue arabe”<em> qui ne sait plus à quel saint se vouer. Cette rue se trouve tiraillée entre deux puissances régionales: Téhéran la chiite et Ankara la sunnite.</em>»</p>
<p>Le jeu d’Ankara est subtil et parfaitement en phase avec la population de la région. En ne dénonçant pas les manœuvres nucléaires iraniennes, Ankara surfe sur la sensibilité de la rue arabe laquelle, à la différence de ses dirigeants, pense à 57% qu’un Iran doté de l’arme nucléaire constituerait une bonne chose pour le Proche-Orient et à 20% que cela n’aurait pas d’importance<strong> </strong><strong> </strong>. En critiquant haut et fort Israël et en se démarquant de l’allié américain, le Premier ministre turc se fait l’écho de 88% des Arabes qui jugent qu’Israël constitue la principale menace pour eux, juste avant les Etats-Unis, seconde menace aux yeux de 77% des Arabes interrogés en août 2010 (sondage Zogby International).</p>
<p>Or «<em>les dirigeants des deux principales puissances sunnites, l’Arabie saoudite et l’Egypte, sont accusés par la rue arabe de s’aligner sur les positions américaines, </em>précise Karim Bitar. Le Premier ministre turc et son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, dont la maîtrise de l’arabe a impressionné les Libanais<em>, «comble très habilement un vide. Ils sont en train de prouver qu’ils ont, eux, une épine dorsale et nonobstant les quatre siècles de domination ottomane, remportent les faveurs de la rue arabe qui envie le développement économique et la nouvelle stabilité politique de la Turquie sunnite». </em></p>
<h3>L&#8217;hypothèse de la politique d&#8217;endiguement</h3>
<p>Proche du gouvernement turc, le journal Zaman va plus loin et émet, sous la plume de <a href="http://www.zamanfrance.fr/fr/newsDetail_getNewsById.action?newsId=4632" target="_blank">Sami Kiliç</a>, l’hypothèse que la «<em>Turquie développerait une politique d’endiguement de l’Iran chiite en se posant en chantre du sunnisme</em>». La rue turque, elle, est flattée par cette nouvelle influence. Mais elle redoute –sans encore le dire ni trop haut, ni trop fort– que cet activisme ne l’entraîne dans le bourbier des conflits intracommunautaires arabes qu’elle a jusqu’ici regardés de très très haut.</p>
<p>Or c’est le futur rôle de la Turquie dans le nouveau Proche-Orient qui s’esquisse. Car la question, comme la pose Antoine Basbous, pourrait bientôt être celle de savoir «<em>lequel, d’Ankara ou de Téhéran, signera un “Yalta” avec Washington sur la région, au détriment des Arabes</em>».</p>
<address>Ariane Bonzon &#8211; slate.fr</address>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Fturquie-sunnite-ou-iran-chiite%2F22%2F01%2F2011%2F&amp;title=Turquie%20sunnite%20ou%20Iran%20Chiite%20%3F" id="wpa2a_14"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;économie dans le monde en 2011</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 21:17:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;année 2011 se présente sous de délicats auspices. La reprise reste incertaine et molle dans les pays développés, et soumise à de forts risques. Les Etats-Unis poursuivent une politique de soutien à l&#8217;économie au prix d&#8217;un déficit budgétaire qui restera gigantesque, alors que le ressort passé de la croissance &#8211; l&#8217;endettement massif des ménages — [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/01/croissance.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5239" title="croissance" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2011/01/croissance-300x166.jpg" alt="" width="300" height="166" /></a>L&#8217;année 2011 se présente sous de délicats auspices. La reprise reste incertaine et molle dans les pays développés, et soumise à de forts risques. Les Etats-Unis poursuivent une politique de soutien à l&#8217;économie au prix d&#8217;un déficit budgétaire qui restera gigantesque, alors que le ressort passé de la croissance &#8211; l&#8217;endettement massif des ménages — est cassé pour longtemps.</p>
<p>La masse de liquidités injectées par la Réserve fédérale américaine (Fed) dans l&#8217;économie ne suffit plus à rassurer les créanciers obligataires. Les forces centripètes sont à l&#8217;oeuvre dans la zone euro, où les pays les plus fragiles devraient encore souffrir de la récession.</p>
<p>Les capitaux flottants se placent massivement sur les marchés de matières premières, nourrissant une envolée des prix du pétrole, du blé ou du sucre qui frappe les pays pauvres importateurs.</p>
<p>Empruntés à bas coût en dollars, ces capitaux spéculatifs vont aussi se placer à des taux d&#8217;intérêt plus élevés au Brésil, en Afrique du Sud ou en Turquie, déstabilisant ces pays dont la monnaie s&#8217;apprécie, tandis que le yuan chinois, étroitement contrôlé, reste sous-évalué.</p>
<p><span id="more-5238"></span></p>
<p><strong>LA CHINE S&#8217;EXPOSE A L&#8217;EXPLOSION DES PRETS NON PERFORMANTS</strong></p>
<p>Le financement de la croissance des pays émergents pose problème : la Chine a relancé le crédit et expose son système financier à l&#8217;explosion des prêts &#8220;non performants&#8221;. Plus prudents, le Brésil ou la Turquie auraient besoin de plus d&#8217;investissements directs, plutôt que des flux volatils qui abondent aujourd&#8217;hui&#8230;</p>
<p>Les cartes de l&#8217;économie mondiale sont rebattues par la crise, qui accentue et révèle des tendances à l&#8217;oeuvre depuis plusieurs années, gommant au passage la frontière entre pays émergents et pays développés tant leurs niveaux de risques convergent désormais, selon l&#8217;édition 2011 du colloque de Coface &#8220;Risque Pays&#8221;, dont &#8220;Le Monde Economie&#8221; est partenaire.</p>
<p>&#8220;En dix ans, le risque pays a évolué de façon spectaculaire. Le risque des grands pays émergents est désormais mieux noté que celui de certains pays industrialisés: la Chine, l&#8217;Inde, le Brésil ou la Pologne, notés A3, dépassent la Grèce et l&#8217;Irlande, notés A4, ou le Portugal et l&#8217;Espagne, notés A3 avec surveillance négative&#8221;, témoigne Yves Zlotowski, économiste en chef de Coface. La note de Coface mesure le niveau moyen de risque d&#8217;impayé présenté par les entreprises d&#8217;un pays.</p>
<p>Traditionnellement, les analystes insistaient sur la composante en devise de la dette des émergents, redoutant une crise de change. Cependant, dit M. Zlotowski, &#8220;la distinction entre pays émergents et industrialisés a de moins en moins de sens. La crise souveraine dans la zone euro est un coup de semonce : plus personne n&#8217;est à l&#8217;abri&#8221;.</p>
<p>Pour lui, c&#8217;est l&#8217;une des &#8220;croyances collectives d&#8217;avant-crise&#8221; qui tombe. L&#8217;absence de risque de change a facilité le surendettement de certains pays et a permis que leur déficit courant et leur dette totale &#8211; publique et privée &#8211; atteignent des niveaux bien supérieurs à ceux qui avaient déclenché naguère la crise russe ou la crise argentine. &#8220;Mais il arrive un moment où, même si vous êtes un pays développé et si vous avez l&#8217;euro, on ne vous prête plus, quel que soit le taux d&#8217;intérêt&#8221;, analyse-t-il.</p>
<p>&#8220;On aurait tort de penser que les crises souveraines ne sont que le résultat d&#8217;une équation financière liée à la dette publique, ajoute François David, président de Coface. Dans l&#8217;histoire de ce type de crise, c&#8217;est le modèle de croissance et la capacité de l&#8217;Etat à mobiliser les ressources qui sont sanctionnés. Un chiffre me paraît parlant : en Irlande, modèle porté aux nues par les analystes anglo-saxons ces trente dernières années, les recettes budgétaires sont de dix points inférieures à la moyenne de la zone euro, et elles ont baissé depuis les années 1990 !&#8221;</p>
<p>A l&#8217;inverse, l&#8217;accent aurait peut-être trop été mis &#8211; du point de vue de la prévision des incidents de paiement interentreprises &#8211; sur les failles de gouvernance dans les émergents : ils ont montré leur capacité à mener des politiques de relance et se sont bien sortis de la crise, comme la Chine, le Brésil, ou encore la Turquie, qui n&#8217;a pas fait appel au Fonds monétaire international (FMI).</p>
<p><strong>ENTREES DE CAPITAUX</strong></p>
<p>Si le risque des pays émergents s&#8217;est atténué, il n&#8217;a pas disparu. L&#8217;un des enjeux de 2011 devrait être, pour le Brésil, l&#8217;Afrique du Sud et la Turquie, le contrôle des entrées de capitaux spéculatifs qui déstabilisent leurs économies en renchérissant leur devise et en pénalisant leurs exportations.</p>
<p>L&#8217;Afrique du Sud et la Turquie pourraient hésiter à prendre des mesures comparables à la taxation des capitaux entrants adoptée par le Brésil, car elles n&#8217;attirent pas assez d&#8217;investissements directs et sont sans doute soucieuses de ne pas décourager les investisseurs étrangers.</p>
<p>La Chine, elle, maîtrise les entrées de capitaux en ne permettant que très progressivement la convertibilité de sa devise. &#8220;Elle agit selon son intérêt et ne devrait pas réévaluer rapidement le yuan, dont elle contrôle le taux de change, se bornant à reprendre un rythme de hausse annuel de 3 % face au dollar, comme avant la crise&#8221;, prévoit M. Zlotowski.</p>
<p>Qu&#8217;anticiper, dans ce contexte, pour 2011 ? Coface se montre d&#8217;un optimisme modéré pour les Etats-Unis, en n&#8217;envisageant qu&#8217;une hausse de 2,1 % du produit intérieur brut (PIB) américain, notamment à cause des conflits potentiels entre un Congrès républicain et le président démocrate, Barack Obama. Au-delà des mesures de soutien à la croissance en 2011, l&#8217;économie américaine se normalise et se désendette, ce qui pèsera durablement sur l&#8217;activité.</p>
<p>Les stigmates de la crise ne sont pas effacés dans le tissu économique aux Etats-Unis ni en Allemagne ou en France qui, tous trois notés A2 avec une surveillance positive, n&#8217;ont pas retrouvé leur sésame (A1) antérieur. Le Royaume-Uni (A3 avec surveillance positive) et l&#8217;Italie (A3) sont dans une situation plus difficile.</p>
<p><strong>DOUTES POUR LE PORTUGAL, LA GRECE, L&#8217;IRLANDE OU L&#8217;ESPAGNE</strong></p>
<p>Surtout, poursuit M. Zlotowski, d&#8217;autres pays de la zone euro s&#8217;enfoncent dans un état beaucoup plus préoccupant : &#8220;Je doute très fortement que le Portugal (A3, surveillance négative), la Grèce (A4), l&#8217;Irlande (A4) ou l&#8217;Espagne (A3, surveillance négative) reviennent à leurs niveaux précédant la crise en 2011. Les trois premiers devraient en effet continuer à souffrir de la récession. Un appel à l&#8217;aide multilatérale est possible au Portugal.&#8221;</p>
<p>Mais le sauvetage financier n&#8217;apporte pas de réponse de long terme aux problèmes économiques : &#8220;Il est toujours assorti de conditionnalités qui constituent l&#8217;élément le plus délicat du sauvetage, comme l&#8217;ont toujours illustré les grandes crises souveraines émergentes. Plus on avance dans le temps et plus la capacité des gouvernements à faire passer des politiques d&#8217;austérité est faible, car il y a un phénomène de lassitude.&#8221; Sur l&#8217;ensemble de la zone euro, la croissance ne dépasserait pas globalement 1,4 % en 2011, selon Coface.</p>
<p>Enfin, &#8220;last but not least&#8221;, les risques restent très présents en Europe centrale et orientale, qui renoue faiblement avec la croissance : Coface prévoit 3,5 % en 2011, contre 5 % à 7 % avant la crise.</p>
<p>La Roumanie, la Hongrie et les pays baltes doivent aussi se désintoxiquer de la dette, ce qui pèsera durablement sur leur dynamisme. &#8220;Une forte volatilité des taux de change est à attendre en Roumanie et en Hongrie, compte tenu de la faible lisibilité des politiques économiques, ce qui sera dangereux compte tenu du poids de l&#8217;endettement privé en devise&#8221;, prévient M. Zlotowski. Plus complexe, plus incertaine, l&#8217;analyse des risques ne chômera pas cette année.</p>
<address>Source : Le Monde</address>
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		<title>Pourquoi la Turquie regarde de moins en moins vers l&#8217;Europe</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/pourquoi-la-turquie-regarde-de-moins-en-moins-vers-leurope/13/12/2010/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 10:48:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Produit intérieur brut (PIB)]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne - Turquie]]></category>
		<category><![CDATA[Zone Euro]]></category>

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		<description><![CDATA[En banqueroute en 2001, la Turquie affiche aujourd&#8217;hui une croissance de plus de 7%. Et ses finances publiques sont saines. Forte de son nouveau statut de puissance émergente, elle s&#8217;ouvre de plus en plus vers l&#8217;Orient. Cela fait cinq ans déjà que Bruxelles et Ankara ont entamé des négociations d&#8217;adhésion de la Turquie à l&#8217;Union [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4797" title="croissance-turquie" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/11/croissance-turquie-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>En banqueroute en 2001, la Turquie affiche aujourd&#8217;hui une croissance de plus de 7%. Et ses finances publiques sont saines. Forte de son nouveau statut de puissance émergente, elle s&#8217;ouvre de plus en plus vers l&#8217;Orient.</p>
<p>Cela fait cinq ans déjà que Bruxelles et Ankara ont entamé des négociations d&#8217;adhésion de la Turquie à l&#8217;Union européenne. Celles-ci n&#8217;avancent que très lentement, engluées dans le conflit sur Chypre et surtout dans les réticences de Paris et Berlin à un élargissement de l&#8217;Europe à un pays de 73 millions d&#8217;habitants.</p>
<p>Sauf qu&#8217;entre temps, la Turquie a pris son envol. Fort d&#8217;un produit intérieur brut (PIB) d&#8217;environ 750 milliards de dollars (570 milliards d&#8217;euros, soit environ quatre fois moins que la richesse nationale française), le pays s&#8217;affirme aujourd&#8217;hui comme une nouvelle puissante émergente, dans le sillon de la Chine, de l&#8217;Inde, du Brésil et de la Russie.</p>
<p>Sur les neuf premiers mois de 2010, l&#8217;économie turque a progressé de 8,9%. La croissance du PIB turc devrait atteindre 7,5% sur l&#8217;ensemble de l&#8217;année. Un chiffre à faire pâlir d&#8217;envie les pays de la zone euro, au premier rang desquels la France dont la croissance sera de 1,6% en 2010.</p>
<p><span id="more-4951"></span></p>
<p>La Turquie n&#8217;a pourtant pas échappé à la récession mondiale: en 2009, son PIB s&#8217;était contracté de 4,7%. La relative rapidité de la reprise doit beaucoup à la stabilité de son secteur financier, assaini au début des années 2000. Aujourd&#8217;hui, la croissance de l&#8217;économie turque est tirée par une envolée du crédit aux ménages et aux entreprises.</p>
<p><strong>Un déficit public à 4% du PIB</strong></p>
<p>Et ses finances publiques sont plutôt saines, comparées à celles de la plupart des pays de la zone euro: sa dette atteint 40% du PIB (20 points de moins que les exigences du traité de Maastricht), son déficit 4%. Le pays est en excédent primaire (excédent budgétaire hors charges de la dette) depuis plusieurs années, ce qui lui permet de réduire progressivement sa dette. Son déficit devrait passer sous les 3% du PIB en 2011.</p>
<p>Bref, à part son inflation qui frôle les 7%, la Turquie remplit les critères pour entrer dans la zone euro. Sauf qu&#8217;elle ne veut pas de la monnaie unique. Le ministre turc de l&#8217;Economie Ali Babacan a déclaré, dans une interview vendredi 10 décembre au quotidien économique allemand Handelsblatt, qu&#8217;il &#8220;n&#8217;avait aucune envie d&#8217;appartenir à la zone euro&#8221; actuellement. Certes, avec ses pays au bord de la faillite et ses mécanismes de solidarité qui laissent à désirer, la zone euro n&#8217;est plus aussi séduisante qu&#8217;il y a trois ans, avant la crise.</p>
<p>&#8220;La Turquie n&#8217;a aucun intérêt à entrer dans la zone euro, explique Deniz Ünal, économiste au CEPII. Cela ferait bien sûr baisser ses taux obligataires [environ 8% actuellement], mais vu le taux d&#8217;inflation, ce n&#8217;est pas un problème aujourd&#8217;hui pour le pays. Par contre, elle perdrait de facto sa souplesse monétaire, qui lui a permis d&#8217;amortir le choc de la récession mondiale.&#8221;</p>
<p><strong>L&#8217;UE représente moins de 50% des exportations turques</strong></p>
<p>Au-delà de la zone euro, c&#8217;est l&#8217;adhésion à l&#8217;Union européenne elle-même qui est remise en question aujourd&#8217;hui. D&#8217;abord parce que la lenteur du processus d&#8217;adhésion a eu raison de l&#8217;enthousiasme de l&#8217;opinion publique turque pour la maison Europe. Ensuite parce que les pays européens sont des partenaires économiques majeurs pour la Turquie, mais pas essentiels.</p>
<p>L&#8217;UE absorbe actuellement un peu moins de 50% des exportations turques. Mais vu les perspectives de faible croissance de la demande intérieure européenne ces prochaines années, en raison notamment des plans de restriction budgétaire, cette part devrait se réduire. Sans trop de pleurs pour la Turquie qui, depuis le début des années 2000, s&#8217;est ouverte sur les pays du Moyen-Orient et de l&#8217;Afrique du Nord. L&#8217;Iran et l&#8217;Irak sont deux marchés à fort potentiel de croissance pour Ankara. Sans oublier la Russie, avec qui la Turquie entretient d&#8217;étroites relations commerciales.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, les Turcs regardent avec un certain amusement ce qui se passe en Europe, confie Deniz Ünal: les plans de secours du FMI, assortis de contraintes budgétaires et de réformes structurelles, ils ont connu cela en 2001. Et ils s&#8217;en plutôt sont bien remis. La Turquie aura d&#8217;ailleurs remboursé la totalité de son prêt de 15 milliards de dollars en 2013.</p>
<address>Emilie Lévêque &#8211; lexpansion.com</address>
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		<title>La Turquie va devenir une superpuissance régionale</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/la-turquie-va-devenir-une-superpuissance-regionale/03/11/2010/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Nov 2010 16:47:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<category><![CDATA[AKP - Démocrates conservateurs]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdoğan]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie - Puissance régionale]]></category>

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		<description><![CDATA[En Turquie, doucement mais sûrement, on se prépare à des changements internes importants qui renforceront son poids régional et géopolitique, ainsi qu&#8217;économique, qui, même à l&#8217;heure actuelle, n&#8217;est pas des moindres. À en juger par le dernier référendum constitutionnel du 12 septembre, les Turcs ont donné le feu vert au premier ministre Tayyip Erdogan pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/erdogan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3265" title="erdogan" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/erdogan-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>En Turquie, doucement mais sûrement, on se prépare à des changements internes importants qui renforceront son poids régional et géopolitique, ainsi qu&#8217;économique, qui, même à l&#8217;heure actuelle, n&#8217;est pas des moindres.</p>
<p>À en juger par le dernier référendum constitutionnel du 12 septembre, les Turcs ont donné le feu vert au premier ministre Tayyip Erdogan pour la réforme des principes fondamentaux de l’État turc. Pourtant les Turcs l’ont fait, dans leur majorité, sans vraiment comprendre en quoi cette réforme allait consister. Selon tous les sondages d&#8217;opinion publique, plus de 50% des interrogés n&#8217;ont pu citer aucun des 26 amendements à la constitution de 1982 proposés par Erdogan et par son Parti pro-islamique socio-conservateur de justice et de développement (AKP). 58% de la population se sont prononcés en faveur des changements (le taux de participation constitue 77%, ce qui est relativement élevé).</p>
<p>En d&#8217;autres termes, la population a tout simplement exprimé sa confiance à Erdogan. Cela lui assure presque automatiquement la victoire aux élections présidentielles au printemps 2011 et un troisième mandat. Les rangs de l&#8217;opposition battue se sont divisés et ses avertissements, sur le fait qu&#8217;il n&#8217;est pas question d&#8217;un simple référendum mais de la première étape du démantèlement de la gestion laïque du pays, autrement dit le renoncement aux bases patrimoniales de la Turquie laïque, c&#8217;est-à-dire les bases posées par “ le père de tous les Turcs “ Mustafa Kemal Atatürk, n&#8217;ont pas eu l&#8217;effet escompté sur les électeurs.</p>
<p><span id="more-4768"></span></p>
<p>Il faut dire que les kémalistes, représentant le Parti républicain d&#8217;opposition (CHP), exagèrent la menace sur “ la laïcité gouvernementale “. Ce qui n&#8217;est pas surprenant au moment des campagnes électorales. On observe un certain recul mais on est loin d&#8217;un extrémisme constitutionnel islamique prononcé sur le modèle, disons, iranien. Les Turcs, y compris Erdogan, souhaitent adhérer à l&#8217;UE, et il est peu probable qu&#8217;ils changent la constitution civile pour adopter un code islamique et instaurer des tribunaux de charia.</p>
<p>26 amendements à la constitution de 1982, adoptée deux ans après le coup d&#8217;État militaire de 1980, ont été proposés au référendum. Ils concernent les droits supplémentaires des femmes, des enfants, des personnes handicapées, le droit de grève pour les fonctionnaires, l&#8217;expansion des droits des syndicats, la protection des citoyens par l&#8217;ombudsman, l&#8217;intégrité des informations. Bref, une sélection tout à fait européenne.</p>
<p>C’est la réforme du système judiciaire proposée par d&#8217;Erdogan qui a fait l&#8217;objet de la critique la plus véhémente de la part de l&#8217;opposition. À partir de maintenant, la plus haute instance juridique de la Turquie, la Cour constitutionnelle, sera composée de 17 juges, au lieu de 11, qui pourront être nommés par le gouvernement et le parlement (ils sont intégralement contrôlés par l’AKP). Les mêmes changements concerneront le Conseil suprême des juges et des procureurs (dont le nombre passera de 7 à 21), chargé jusqu&#8217;à présent de la nomination des juges et des procureurs du pays : les membres avaient le droit de veto pour chaque candidature. Les tribunaux militaires ne pourront plus juger les civils, et les tribunaux civils auront, au contraire, le droit de juger les militaires, impliqués dans les organisations des coups d&#8217;État militaires.</p>
<p>Dans un autre pays, une telle “ démilitarisation juridique “ aurait été accueillie à bras ouverts. Mais pas en Turquie.</p>
<p>Depuis l&#8217;époque d&#8217;Atatürk, les militaires sont considérés comme les garants de la laïcité turque, et constituent, de ce fait, le fameux système de “ poids et contrepoids “ empêchant la manifestation de l&#8217;héritage ottoman islamique agressif. La levée de l&#8217;immunité juridique des participants au dernier coup d&#8217;État de 1980, selon la nouvelle constitution, est pourtant juste une astuce d&#8217;Erdogan : le référendum a eu lieu à la date précise du trentième anniversaire de ce fameux coup d&#8217;État ce qui signifie l’expiration du délai de prescription pour ce genre de crimes. Or, depuis ces 50 dernières années, “ les protecteurs de la laïcité turque “ ont organisé quatre coups d&#8217;État et aucun d’eux n’a eu l’air particulièrement démocratique.</p>
<p>Les mauvaises langues affirment que, grâce aux changements, l&#8217;AKP a définitivement séparé l&#8217;armée du pouvoir et a pris le contrôle sur la dernière et seule institution indépendante laïque, la cour turque.</p>
<p>Il faut reconnaître qu&#8217;Erdogan avait de bonnes raisons de “ ne pas aimer “ la jurisprudence laïque. En 1998, lorsqu&#8217;il était encore un fervent partisan de l&#8217;islam, et non pas modéré comme aujourd’hui, il avait purgé une peine d&#8217;emprisonnement pour l&#8217;infraction des principes laïcs de la Turquie. En 2008, la Cour constitutionnelle a bien failli interdire l&#8217;AKP, pour les mêmes raisons. L&#8217;opposition affirme qu&#8217;à partir de maintenant l&#8217;AKP est libre de faire tout ce qu&#8217;il souhaite avec la constitution et le gouvernement turc.</p>
<p>La transformation de la modération en extrémisme n&#8217;est pas un procédé rare. Or, la radicalisation d&#8217;un pays au carrefour de l&#8217;Europe et de l&#8217;Asie, avec une population de 72 millions de personnes, frontalier avec l&#8217;Arménie, la Géorgie, l&#8217;Azerbaïdjan, l&#8217;Iran, l&#8217;Irak, la Syrie, la Grèce et la Bulgarie, baigné par les mers Noire, Méditerranée et Égée, “ assis “ sur les détroits de la mer Noire, ne serait pas un problème, ce serait une catastrophe.</p>
<p>Ainsi, l&#8217;Europe devrait se dépêcher de décider de l&#8217;adhésion de la Turquie (les négociations perdurent depuis 2005). La grande “ école “ de l&#8217;Union Européenne est encline à accepter Ankara pour que “ les vents européens “ aient une action “ rafraîchissante “ sur le pays, et afin de restreindre les aspirations internes à l&#8217;extrémisme dans le cadre européen. Aujourd&#8217;hui, la Turquie est membre du G-20, son économie s&#8217;accroît de 5% (selon les informations de l&#8217;année en cours). Selon les prévisions de l’OCDE, en 2050, la Turquie deviendra la deuxième puissance économique de l&#8217;Europe (après l&#8217;Allemagne). À l&#8217;heure actuelle, les entreprises turques contrôlent déjà en Europe des sociétés et des entreprises avec un chiffre d&#8217;affaire à hauteur de 51 milliards de dollars et qui emploient 500 000 personnes.</p>
<p>La position du “ parti turc “ européen est en principe très simple : l’Europe doit accepter la Turquie pour son propre bien. Car on ignore la position qu&#8217;elle pourrait adopter en cas de refus. Il est significatif que la lire et la bourse turques ont connu une hausse après le référendum. Le milieu des affaires de l’Union Européenne a tiré ses conclusions.</p>
<address>Andreï Fediachine, RIA Novosti</address>
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		<title>L’effet Davutoglu</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2010 19:21:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmet Davutoğlu]]></category>
		<category><![CDATA[Recep Tayyip Erdoğan]]></category>

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		<description><![CDATA[La politique étrangère de la Turquie a toujours été simple. Depuis qu’Atatürk a entraîné le pays dans le monde moderne, en chassant le sultan, en adoptant l&#8217;alphabet latin et en supprimant le Califat musulman, le pays a penché à l&#8217;Ouest. Depuis la Deuxième Guerre mondiale, cela a signifié rejoindre l&#8217;OTAN (en 1952), soutenir l&#8217;Ouest contre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/04/davutoglu.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2725" title="davutoglu" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/04/davutoglu-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>La politique étrangère de la Turquie a toujours été simple. Depuis qu’Atatürk a entraîné le pays dans le monde moderne, en chassant le sultan, en adoptant l&#8217;alphabet latin et en supprimant le Califat musulman, le pays a penché à l&#8217;Ouest.</p>
<p>Depuis la Deuxième Guerre mondiale, cela a signifié rejoindre l&#8217;OTAN (en 1952), soutenir l&#8217;Ouest contre l&#8217;Union soviétique et aspirer à se joindre au projet européen. De même que l&#8217;Amérique, la Turquie aussi a été invariablement pro-Israël.</p>
<p>Elle a largement ignoré le reste de sa région, qui inclut la plupart des pays qui firent un jour partie de l&#8217;Empire ottoman. Dans son livre <em>La Nouvelle République turque</em>, Graham Fuller, ancien analyste de la CIA et universitaire, se souvient avoir dit à un ami turc qu’il était spécialiste du Moyen-Orient, et la question qu’il lui a posée fut : « Alors pourquoi es-tu en Turquie ? » Dans la même veine, des diplomates turcs diraient à leurs amis Occidentaux : « Nous vivons dans un voisinage défavorable » et « Le seul ami du Turc est un autre Turc. »</p>
<p><span id="more-4758"></span>Au fil de ces dernières années, tout cela a changé. Plutôt que de s’apitoyer sur son environnement difficile et son manque d&#8217;amis, la Turquie a une nouvelle politique « de zéro problème avec les voisins ». Elle ne critique plus l&#8217;Arménie sur ses allégations de génocide en 1915 ou ne reproche plus au monde arabe son « coup de couteau dans le dos » pour avoir soutenu les Anglais en 1917-18. Au lieu de cela, elle cultive de nouvelles amitiés dans la région, proposant de commercer, d’aider et de voyager sans visa. Et loin de soutenir Israël militairement et diplomatiquement, la Turquie est devenue un critique majeur.</p>
<p>L&#8217;homme en grande partie responsable de la mise en place de ce changement spectaculaire est Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires étrangères de Turquie depuis 2009. Précédemment, il était le conseiller en relations internationales de M. Erdogan. En 2001, avant que le gouvernement AKP n’arrive au pouvoir, M. Davutoglu a publié un livre, <em>La Profondeur Stratégique</em>, qui exposait une nouvelle politique d&#8217;engagement avec la région. Il rejette les accusations indiquant qu&#8217;il est &#8220;néo-ottoman&#8221;, et pourtant sa doctrine implique certainement de renouer les liens avec l&#8217;ancien Empire ottoman.</p>
<p>M. Davutoglu est un personnage amoureux des livres et attachant, possédant une formidable connaissance de l&#8217;histoire. Il pense que la Turquie a fait une erreur en ignorant si longtemps ce qu’il se passait chez elle, et il est convaincu que sa nouvelle stratégie visant à affirmer ses intérêts, tant dans la région que dans le monde, rend son pays plus, et non moins, séduisant pour l&#8217;Occident. Rien ne l&#8217;exaspère davantage que les articles des médias occidentaux suggérant que la Turquie s’est tournée vers l&#8217;est, ou qui revendiquent même : « Nous avons perdu la Turquie. » « Qui est ce nous ? » demande-t-il. Après tout, la Turquie entretient la plus grande armée de l&#8217;OTAN après l&#8217;Amérique ; elle s’est engagée en Afghanistan et dans d&#8217;autres zones de conflit ; et elle est en train de négocier son adhésion à l&#8217;UE. Comme l’a exprimé M. Davutoglu : « La Turquie n&#8217;est pas une question ; c&#8217;est un acteur. » Son pays est plus important que jamais pour l’Europe et l’Occident, affirme-t-il.</p>
<p>Il est certain que la nouvelle politique de M. Davutoglu rapporte. En Irak, par exemple, la Turquie a de forts intérêts commerciaux et diplomatiques. Il fut un temps où la région kurde de l&#8217;Irak du nord causait de grands problèmes à la Turquie, or désormais, elle joue un rôle majeur dans sa stabilisation &#8211; et elle s’attire la coopération tant de la région que de Bagdad contre le PKK. Ses relations avec la Syrie, qui a été pendant de nombreuse d&#8217;années un pays problématique pour l&#8217;Occident, sont florissantes comme jamais auparavant. Elle a même cherché à forger des liens diplomatiques rapprochés avec la République islamique d’Iran, pays encore plus problématique, au grand dam de l&#8217;Amérique.</p>
<p>La Turquie est aussi de nouveau active dans ses anciens territoires des Balkans, particulièrement en Bosnie et au Kosovo. Les relations gréco-turques, qui se sont notablement améliorées même avant l’arrivée au pouvoir du parti AKP en 2002, restent globalement harmonieuses, bien que Chypre soit toujours un sujet de frictions. Le pays prête aussi plus d&#8217;attention à l’Afrique ; il y a ouvert ou planifie d&#8217;y ouvrir douze nouvelles ambassades.</p>
<p>Les Turcs ont même fait une tentative partielle de réconciliation avec l&#8217;Arménie, un processus qui a débuté lorsque le Président Abdullah Gül s’est rendu à Erevan fin 2008 pour assister à un match de football. Après la visite, les deux parties ont signé des protocoles bilatéraux de normalisation des relations et de réouverture de la frontière, fermée pendant la guerre du Haut-Karabagh entre l&#8217;Arménie et l&#8217;Azerbaïdjan, au début des années 1990. Mais en raison principalement de l&#8217;insistance de M. Erdogan à lier les protocoles à un progrès sur le conflit du Haut-Karabagh, les protocoles n’ont pas encore été ratifiés.</p>
<p>La Turquie a profité au mieux de sa situation de corridor énergétique entre l&#8217;est et l&#8217;ouest. En tant qu’importateur substantiel d&#8217;énergie, associé à une relation commerciale à croissance rapide avec la Russie, le pays a un intérêt direct en la matière. Mais une décennie de confrontation concernant le pétrole, et plus particulièrement le gaz, entre la Russie et l’Occident a appris à toutes les parties impliquées à apprécier le rôle tampon de la Turquie. Le pétrole et les gazoducs serpentent déjà en Turquie, en provenance de l&#8217;Azerbaïdjan via la Géorgie. Et les Turcs se sont intégrés à l’ambitieux projet du gazoduc Nabucco, dans l&#8217;intention de contourner la Russie – bien que beaucoup de Russes demandent d&#8217;où proviendra le gaz alimentant Nabucco. La diplomatie de l&#8217;énergie n’aboutit souvent à rien, mais il sera difficile d&#8217;ignorer la Turquie pour tout futur contrat.</p>
<p>M. Babacan, vice-premier ministre, affirme qu’il est juste pour la Turquie d&#8217;avoir un sens de responsabilité mondiale. Lui et M. Davutoglu aiment aussi dire à leurs homologues européens qu’en jouant un rôle plus actif dans sa région, y compris dans les Balkans, la Turquie démontre la valeur qu’elle aurait en tant que membre de l’Union européenne<br />
Et pourtant, M. Davutoglu et M. Babacan ne sont pas tout à fait sincères. Certes, l&#8217;influence de la Turquie dans sa région lui permet de prétendre être un partenaire intéressant et potentiellement utile. Mais comme elle l’a aussi découvert, le Moyen-Orient est un endroit si complexe que sa politique de zéro problème avec les voisins ne peut pas être constamment soutenue. Il n&#8217;est pas facile non plus d&#8217;entretenir un dialogue amical tant avec l&#8217;Ouest qu&#8217;avec les ennemis de l&#8217;Ouest.</p>
<p><strong>Diplomatie indépendante</strong></p>
<p>L&#8217;Iran est un exemple primordial. Puisque c&#8217;est un voisin, grand producteur de pétrole et de gaz et un associé commercial de plus en plus important, les Turcs ont de bonnes raisons de chercher à avoir de meilleures relations avec lui. C&#8217;est la raison pour laquelle, de même que les Brésiliens, les Turcs ont essayé leur propre diplomatie nucléaire indépendante avec l&#8217;Iran cette année. C’est également la raison pour laquelle ils sont naturellement opposés à des sanctions commerciales plus dures à l’encontre de l&#8217;Iran, sans parler d’une quelconque suggestion de guerre.</p>
<p>Cependant, la diplomatie nucléaire iranienne est à la fois délicate et extrêmement compliquée. Le plan turco-brésilien, quand il est apparu, a semblé moins dur pour l&#8217;Iran que n&#8217;importe quel autre plan avancé par les négociateurs occidentaux. Lorsque peu après, une résolution pour renforcer les sanctions est passée devant le Conseil de sécurité de l&#8217;ONU en juin, la Turquie a décidé de voter contre, et de continuer à dialoguer avec l&#8217;Iran (bien que M. Davutoglu ait prétendu avoir usé de son influence diplomatique pour persuader le Liban de s&#8217;abstenir et la Bosnie de voter pour.) Sans surprise, les Américains ont été furieux.</p>
<p>Israël est une illustration encore meilleure des problèmes inhérents à la nouvelle politique étrangère de la Turquie. En mai, une flottille civile turque menée par le Mavi Marmara a tenté de forcer le blocus israélien de Gaza. Gaza a été un point particulièrement douloureux en Turquie depuis l&#8217;invasion d&#8217;Israël en janvier 2009 – et pour cause : les Turcs étaient profondément engagés dans une diplomatie de médiation pour l’ouverture de pourparlers de paix entre la Syrie et Israël quand l&#8217;attaque sur Gaza a débuté. Peu après, M. Erdogan a quitté une plate-forme qu’il partageait avec le président israélien, Shimon Peres, au Forum Économique Mondial de Davos, criant qu’Israël savait certainement comment tuer des gens.</p>
<p>Quand l&#8217;armée israélienne a intercepté la flottille turque dans les eaux internationales, ses soldats ont été étonnés d&#8217;être physiquement attaqués sur le Mavi Marmara. Ils ont exercé des représailles en ouvrant le feu, tuant huit citoyens turcs et un homme qui avait la double nationalité, turque et américaine. Les Turcs ont été outrés. M. Davutoglu dit que c&#8217;est la première fois dans l&#8217;histoire de la république d&#8217;Atatürk que des civils non armés sont tués par les forces armées d&#8217;un autre pays. M. Erdogan et M. Davutoglu ont exigé que les Nations Unies fassent une enquête et des excuses israéliennes. En septembre, le Conseil des droits de l&#8217;homme de l&#8217;ONU a dûment critiqué Israël, mais les Israéliens ont rejeté ses conclusions et ils ont refusé de présenter des excuses. M. Davutoglu insiste sur le fait que les relations avec Israël ne seront plus jamais les mêmes.</p>
<p>Et pourtant, il y aura un prix à payer. Les Israéliens sont impopulaires auprès de nombreuses personnes par les temps qui courent, mais ils ont toujours des amis à Washington DC. En faisant de Gaza une pièce maîtresse de sa politique étrangère, et même plus, en sympathisant ouvertement avec le Hamas qui contrôle Gaza, la Turquie a gagné de nouveaux amis dans le monde arabe, mais elle s’est aliénée des alliés à l&#8217;Ouest. En effet, ce fut l&#8217;incident du Mavi Marmara et la réponse turque qui a généré un flot de commentaires indiquant que l&#8217;Ouest perdait la Turquie. Il pourrait y avoir des conséquences plus graves. Par exemple, le Congrès des États-Unis va désormais probablement adopter une résolution condamnant le génocide arménien de 1915, résolution soumise chaque année, mais que les Turcs, jusqu&#8217;à ce jour, avaient toujours réussi à empêcher de passer.</p>
<p>Le lunatique M. Erdogan ne facilite pas la tâche de la Turquie pour mener une politique étrangère cohérente, comme l’a démontré l&#8217;incident de Davos et son torpillage de la négociation arménienne. En 2004-05, par deux fois, il a été très proche de compromettre les chances de la Turquie d’ouverture de négociations d&#8217;adhésion avec l&#8217;UE. Semih Idiz, journaliste au quotidien Milliyet, plaisante sur la politique étrangère turque : « Davutoglu fait, Erdogan casse et Gül ramasse les morceaux. »</p>
<p>L&#8217;opinion publique turque ajoute une autre couche de complication. Les Turcs ordinaires ont désormais une opinion remarquablement mauvaise de l&#8217;Amérique. En 2000, selon le Pew Global Attitudes Project, environ 52 % des Turcs avaient une bonne opinion de l&#8217;Amérique, une proportion un peu plus petite qu&#8217;en Allemagne et en Grande-Bretagne, mais à peu près égale à celle de l’Espagne. La guerre d&#8217;Irak a changé cela, particulièrement après que le Parlement turc a voté en mars 2003 de ne pas laisser les troupes américaines transiter par la Turquie en cas d’un éventuel deuxième front. En 2007, principalement en raison de la guerre, moins de 10% des Turcs avaient une opinion favorable de l&#8217;Amérique.</p>
<p>Ce chiffre est en hausse depuis que Barack Obama est devenu Président, mais il est toujours plus bas que dans le reste de l&#8217;Europe. Une enquête récente du German Marshall Fund a montré que les indices de satisfaction pour M. Obama sont également brusquement tombés, passant de 50% en 2009 à 28% cette année.</p>
<p>En Europe, la nouvelle politique étrangère de la Turquie n’est souvent pas mieux passée qu&#8217;en Amérique. M. Davutoglu et ses collègues soutiennent que les actions diplomatiques de la Turquie dans sa région et ailleurs, ainsi que son rôle crucial dû à son savoir-faire énergétique et militaire, soulignent combien la Turquie pourrait être utile si elle était membre de l’Union européenne. Mais les adversaires à l’adhésion turque ne le voient pas ainsi.</p>
<p>Ces adversaires ont été ravis du cafouillage de la Turquie en Iran et de l&#8217;incident du Mavi Marmara. À leur avis, ces événements prouvent que la Turquie n’est que trop prête à se détourner de l’Occident et à flatter les extrémistes islamistes &#8211; et pas du tout prête à devenir solidaire de la politique étrangère commune de l&#8217;UE. L&#8217;Union européenne, arguent-ils, ne peut pas accueillir un acteur mondial aspirant à des intérêts aussi différents de ceux de l&#8217;Europe, surtout un intérêt d’une différence aussi énorme. Cet argument a un écho de plus en plus fort depuis que les négociations d&#8217;adhésion de la Turquie sont bloquées.</p>
<address>The Economist &#8211; 21octobre 2010</address>
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		<title>Les jeunes turcs sont de plus en plus nombreux à venir s&#8217;installer en Turquie</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Sep 2010 13:39:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
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		<description><![CDATA[Les jeunes cadres d’origine turque qui ont grandi à Berlin choisissent de plus en plus souvent de retourner travailler dans leur pays d’origine. Là-bas, de belles carrières s’offrent à eux, rapporte Der Spiegel. C’est cet appartement qui a été déterminant”, se souvient Ibrahim Karaman, 37 ans, en contemplant le Bosphore par la fenêtre. Il habite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/tulipe-istanbul.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2909" title="tulipe-istanbul" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/tulipe-istanbul-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Les jeunes cadres d’origine turque qui ont grandi à Berlin choisissent de plus en plus souvent de retourner travailler dans leur pays d’origine. </strong></p>
<p><strong>Là-bas, de belles carrières s’offrent à eux, rapporte Der Spiegel.</strong></p>
<p><em>C’est cet appartement qui a été déterminant”</em>, se souvient Ibrahim Karaman, 37 ans, en contemplant le Bosphore par la fenêtre. Il habite à Arnavutköy, un joli quartier d’Istanbul, avec des édifices ottomans en bois. Il y a deux ans, lorsqu’il a pour la première fois visité sa nouvelle maison, il a tout de suite su que c’était maintenant ou jamais.</p>
<p>Ibrahim Karaman est réalisateur de films publicitaires. Né à Malatya, en Anatolie, il a grandi à Berlin. Son installation à Istanbul a donné un coup de fouet à sa carrière : tandis qu’à Berlin il faisait des pieds et des mains pour décrocher des contrats, en Turquie, il a rapidement eu l’occasion de réaliser des publicités pour des grands groupes.</p>
<p>D’ailleurs, il vient tout juste de tourner un spot télévisé commandé par un fournisseur d’accès à Internet allemand. La vidéo, qui cible un public de Turcs allemands, est diffusée sur les programmes satellite européens de chaînes turques. L’ethno-marketing, voilà une branche qui paraît pleine d’avenir pour Ibrahim Karaman.</p>
<p>Avant, le réalisateur n’allait en Turquie que pour les vacances. Et, pendant des années, il a rêvé de ce pays. Notamment lorsqu’enfant, en cours de gymnastique, il était le dernier à être appelé sur le terrain alors qu’il était très sportif. Et plus tard, lorsqu’il se faisait refouler à la porte des discothèques.<em> “A Berlin, je pouvais aller partout, mais j’avais seulement le droit de regarder. A Istanbul, j’ai l’agréable impression d’avoir une place”, </em>raconte-t-il.</p>
<p><span id="more-4700"></span></p>
<p>Rahükal Turgut se sent, elle aussi, comme un poisson dans l’eau dans cette métropole dynamique. Cette femme de 36 ans est salariée depuis deux ans dans une entreprise qui distribue en Turquie les produits d’une célèbre maison d’édition allemande, spécialisée dans l’éducatif.</p>
<p>Elle avait toujours rêvé de retourner en Turquie et avait mille fois repoussé ce retour. <em>“Beaucoup de familles font depuis longtemps des allers-retours entre les deux pays”</em>, explique l’anthropologue américaine Susan Rottmann, qui étudie ce phénomène depuis trois ans. <em>En 1984, il y a eu un boom des retours, parce que l’Etat allemand a accordé une prime. A cette époque, 200 000 Turcs sont retournés en Turquie. Aujourd’hui, on compte quelque 35 000 retours par an, des migrants sans passeport allemand. On ne sait pas combien d’entre eux restent à long terme.”</em></p>
<p>Ce qui est nouveau, c’est que depuis quelques années on voit des immigrés de deuxième ou troisième génération, avec une bonne formation, retourner en Turquie parce qu’ils y ont de meilleures opportunités professionnelles.<em> “Leur problème n’est pas une question d’intégration</em>, explique Susan Rottmann, <em>c’est qu’ils n’ont pas de perspectives d’avenir en Allemagne.”</em></p>
<p>Parmi les amis de Rahükal Turgut, beaucoup sont retournés en Turquie. Ils possèdent de très bons diplômes universitaires et des expériences internationales. Il y a deux ans, lorsque Rahükal a reçu une proposition d’emploi à Istanbul, elle l’a aussitôt acceptée. La transition s’est déroulée sans accroc. Rahükal avait déjà des expériences professionnelles. Elle a tout de suite été à l’aise avec la mentalité et le monde du travail turcs. Son atout principal ? Elle parle turc sans accent. Elle habite aujourd’hui à Cihangir, le quartier européen de la ville, surnommé “le petit Berlin”. Là, elle sort le soir dans des cafés branchés, elle entend parler allemand à tous les coins de rue et elle peut mener sa vie de célibataire comme bon lui semble.</p>
<p>Ses souvenirs de l’Allemagne sont mitigés. Si elle avait beaucoup d’amis allemands, à partir des années 1990 elle a ressenti une<em> “discrimination croissante”. “C’est devenu vraiment dur après le 11 septembre 2001. Du jour au lendemain, j’ai dû non seulement me justifier pour tous les Turcs, mais aussi pour tous les musulmans de la planète. Je trouvais ça tellement injuste.”</em> Pour elle, Istanbul représente également une pause dans les interminables débats sur l’intégration, <em>“un temps où je peux arrêter de me justifier continuellement”.</em> Ibrahim Karaman rentre à peine de Berlin, où il a assisté au scandale déclenché par Thilo Sarrazin [qui vient de sortir un livre intitulé <em>Deutschland schafft sich ab </em>(L’Allemagne court à sa perte, éd. DVA, Munich, 2010), où il défend des positions extrêmement controversées au sujet des musulmans et des juifs]. <em>“Ce livre est encore une bonne raison d’avoir quitté l’Allemagne”,</em> indique-t-il. Il ne voulait plus incarner le “bon Turc”, comme on attendait de lui à Berlin…</p>
<p>Quant à Rahükal Turgut, elle conçoit les choses d’une manière très personnelle. <em>“L’Allemagne et la Turquie sont extrêmement liées sur le plan économique. Mais elles ne forment pas une famille. Elles sont plutôt comme des demi-sœurs contraintes de vivre ensemble.”</em></p>
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		<title>Le système bancaire turc est sain</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/le-systeme-bancaire-turc-est-sain/18/09/2010/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Sep 2010 11:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Croissance économique]]></category>

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		<description><![CDATA[La Turquie pourrait afficher l’un des taux de croissance les plus élevés en 2010. Mais Astrick Fredericksen, gérante d’OFI AM, s’attend à un ralentissement en 2011. Les banques restent les valeurs privilégiées dans son portefeuille. Selon la dernière étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Turquie pourrait afficher l’un des taux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2009/11/economie-dollar.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-920" title="economie-dollar" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2009/11/economie-dollar-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>La Turquie pourrait afficher l’un des taux de croissance les plus élevés en 2010. Mais Astrick Fredericksen, gérante d’OFI AM, s’attend à un ralentissement en 2011.</p>
<p>Les banques restent les valeurs privilégiées dans son portefeuille.</p>
<p><strong>Selon la dernière étude de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la Turquie pourrait afficher l’un des taux de croissance les plus élevés en 2010. Peut-on imaginer une croissance «à la chinoise» pour ce pays ?</strong></p>
<p><strong>Astrid Fredericksen -</strong> Les taux de croissance du produit intérieur brut de la Turquie publiés aux premier et deuxième trimestre (respectivement 11% et 10,3%, NDLR) sont, il est vrai, inattendus et impressionnants. L’économie turque semble s’être totalement remise des pertes infligées par la crise de 2008-2009. Toutefois, je ne pense pas qu’on puisse parler de «croissance à la chinoise» pour ce pays. Contrairement à la Chine, la Turquie aura du mal à maintenir une croissance aussi élevée durablement. La fragilité de l’économie européenne et une hausse des prix du pétrole pourraient impacter négativement la progression de la croissance turque. Le pays réfléchit à prendre des mesures pour diminuer sa dépendance aux exportations, en relançant sa demande intérieure, par exemple.</p>
<p><span id="more-4648"></span></p>
<p><strong>Le produit intérieur brut de la Turquie a pourtant enregistré le même taux de croissance que la Chine au deuxième trimestre.</strong></p>
<p>Certes, mais la Turquie a davantage souffert de la crise que la Chine. Il y a donc un effet de base favorable expliquant ces très bons chiffres de l’économie turque. Les deux moteurs de la croissance turque que sont les dépenses d’investissement (+8,9% au deuxième trimestre et +29% sur un an glissant, NDLR) et la consommation domestique (+4% au deuxième trimestre et +10% sur un an glissant, NDLR) devraient ralentir en 2011 et revenir à des niveaux normaux. Dans ce contexte, nous nous attendons à un ralentissement plus qu’à une décélération de l’économie turque en 2011.</p>
<p><strong>Avez-vous été surprise par la réaction des marchés financiers au succès du référendum constitutionnel (les Turcs ont approuvé à 58%, le 12 septembre dernier, la révision de la Constitution)?</strong></p>
<p>Non, dans la mesure où les investisseurs apprécient la stabilité politique engendrée par un plébiscite de l’action de Recep Tayyip Erdogan (premier ministre turc, NDLR). Ils ont salué les mesures prises par le gouvernement pour faciliter une intégration dans l’Union européenne. Pour les marchés financiers turcs, la politique est tout aussi importante que les perspectives macroéconomiques.</p>
<p><strong>Quelle est la composition du MSCI Turquie (indice boursier mesurant la performance des marchés boursiers des pays économiquement développés) ?</strong></p>
<p>Les valeurs financières (banques et compagnies d’assurance) représentent 50% de l’indice MSCI Turquie réparties comme tel: deux tiers pour les valeurs bancaires et un tiers pour les compagnies d’assurance. Cela ne constitue pas un handicap, dans la mesure où, comme pour tous les pays émergents, le système bancaire de la Turquie est sain. Parce que le « business model » des banques * est simple: leurs produits nets bancaires sont générés en grande partie par l’équipement des ménages en produits de base (comptes de dépôt, moyen de paiement, prêts&#8230;). Et puis, à l’instar des autres pays émergents, de nombreuses grandes holdings familiales sont cotées en Turquie, mais leur flottant n’est pas très élevé, contrairement aux banques privatisées. La capitalisation boursière des banques turques restent néanmoins très modestes comparativement à celles des autres pays émergents : les plus grandes banques turques pèsent l’équivalent de 17 milliards d’euros contre environ 71 milliards de dollars (environ 54,4 milliards d’euros) pour la banque brésilienne, Banco Bradesco.</p>
<p><strong>Pourquoi avoir choisi d’intégrer la Turquie dans votre «poche» consacrée à la Russie ?</strong></p>
<p>Pour la simple et bonne raison que pour notre fonds «BRIC», nous avons souhaité diversifier tous nos mandats. En raison des perspectives encourageantes de son économie, nous avons préféré associer la Turquie à la Russie plutôt qu’un pays d’Europe centrale. La «poche» russe de notre fonds «BRIC» est composée à 20% de valeurs turques. Ce chiffre est en constante progression depuis trois ans et a atteint quasiment son maximum.</p>
<p>C’est pourquoi afin de pouvoir la renforcer, nous allons la transférer vers un autre mandat que nous avons créé, «Afrique et Moyen-Orient». Nous intégrerons, outre la Turquie, les Emirats arabes unis, Dubaï ou encore le Qatar pour le Moyen-Orient, et l’Afrique subsaharienne pour cette région du monde. En attendant, nous n’envisageons pas d’alléger notre «poche» turque, d’ici à la fin de l’année. Pour 2011, nous verrons en fonction des perspectives macroéconomiques. Nous ne pouvons toutefois pas exclure que le rythme de la croissance turque puisse se poursuivre. La Turquie reste toutefois une «poche» de diversification.</p>
<address>Errard, Guillaume &#8211; Le Figaro</address>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Fle-systeme-bancaire-turc-est-sain%2F18%2F09%2F2010%2F&amp;title=Le%20syst%C3%A8me%20bancaire%20turc%20est%20sain" id="wpa2a_26"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Les USA à Bagdad ou Kaboul, même constat</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/les-usa-a-bagdad-ou-kaboul-meme-constat/01/09/2010/</link>
		<comments>http://www.turquie-fr.com/les-usa-a-bagdad-ou-kaboul-meme-constat/01/09/2010/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 14:06:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Etats Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>

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		<description><![CDATA[Tandis qu&#8217;ils déclenchent en Irak le compte à rebours de leur désengagement militaire, qui prendra fin en décembre 2011, les Etats-Unis achèvent le redéploiement de 30 000 hommes supplémentaires dans le cadre du surge (&#8220;renfort&#8221;) afghan. Cette stratégie militaire des vases communicants invite à réfléchir à la fois sur les conséquences de la guerre en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/09/soldats-americains-afghanistan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4378" title="soldats-americains-afghanistan" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/09/soldats-americains-afghanistan-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a>Tandis qu&#8217;ils déclenchent en Irak le compte à rebours de leur désengagement militaire, qui prendra fin en décembre 2011, les Etats-Unis achèvent le redéploiement de 30 000 hommes supplémentaires dans le cadre du surge (&#8220;renfort&#8221;) afghan.</p>
<p>Cette stratégie militaire des vases communicants invite à réfléchir à la fois sur les conséquences de la guerre en Irak et leur réplique possible en Afghanistan. Car la porosité politique entre ces deux théâtres est plus forte qu&#8217;on ne le pense.</p>
<p>La guerre en Irak aura été l&#8217;événement régional le plus significatif depuis la crise de Suez, en 1956. Elle a eu pour première conséquence d&#8217;affaisser un peu plus l&#8217;influence du monde arabe dans la région.</p>
<p><span id="more-4377"></span></p>
<p>Cet objectif était celui des néoconservateurs américains, même s&#8217;il n&#8217;a pas eu les effets escomptés. Les deux bénéficiaires de cet affaissement ont été l&#8217;Iran et la Turquie.</p>
<p>Le premier parce qu&#8217;il a vu naître à ses frontières et avec l&#8217;aide américaine le premier Etat arabe chiite. Le second parce qu&#8217;il a su profiter de la nouvelle donne pour s&#8217;affranchir des Etats-Unis, qui sont désormais un partenaire et plus un suzerain. La Turquie capitalise à son avantage les trois atouts qui font défaut au monde arabe : une identité islamique adossée à une prospérité économique, un système politique démocratique et un dynamisme diplomatique croissant.</p>
<p>La guerre d&#8217;Irak a donc révélé une fois de plus l&#8217;ampleur de la tragédie arabe : des sociétés dominées par des régimes rentiers, inefficaces et autoritaires, incapables de se défaire par eux-mêmes de leurs propres dirigeants et contraints de s&#8217;en remettre à des puissances étrangères qu&#8217;ils ne peuvent que haïr tant ils en dépendent. A cela, l&#8217;effet Barack Obama ne peut rien.</p>
<p>La deuxième conséquence de ce conflit est de se solder, pour les Etats-Unis, par un gain stratégique insignifiant. Après sept ans de présence à Bagdad, les Américains n&#8217;y disposent que d&#8217;une influence réduite. La classe politique irakienne s&#8217;est réapproprié le jeu politique et semble vouloir les tenir à l&#8217;écart de ses affaires les plus sensibles : l&#8217;équilibre arabo-kurde, la clé de répartition des ressources pétrolières, le degré d&#8217;autonomie des provinces par rapport au pouvoir central, l&#8217;intégration sociale et politique des sunnites dans un système politique verrouillé par les chiites.</p>
<p>Aucun dirigeant irakien, surtout chiite, n&#8217;exprimera la moindre reconnaissance politique pour les Etats-Unis désormais dépourvus de tout allié local. Pourtant, la défiance de l&#8217;Irak vis-à-vis des Etats-Unis, marqueur du nationalisme irakien, est loin de profiter à l&#8217;Iran. Ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas un hasard si les deux coalitions politiques arrivées en tête lors des élections législatives se trouvent être aussi les factions les plus nationalistes. Le premier ministre sortant, Nouri Al-Maliki, appartient au courant nationaliste du chiisme irakien, tandis que son concurrent, lui aussi chiite, Iyad Allaoui, bénéficie du soutien des sunnites.</p>
<p>L&#8217;autre élément réside dans l&#8217;émergence en Irak non pas d&#8217;une démocratie jeffersonienne mais d&#8217;une ethno-démocratie électorale fragile et corrompue, où les clivages sectaires restent essentiels mais n&#8217;épuisent pas toute la dynamique politique. Unis pour conserver le pouvoir, les chiites sont loin de l&#8217;être quand il s&#8217;agit de l&#8217;exercer. Ces leçons irakiennes font-elles sens en Afghanistan, où Barack Obama joue une partie difficile ? La réponse est oui.</p>
<p>La première analogie concerne la légitimité politique des interventions américaines dont le coût défie l&#8217;entendement. Depuis 2001, les Etats-Unis auront dépensé entre l&#8217;Irak et l&#8217;Afghanistan plus de 1 000 milliards de dollars (788 milliards d&#8217;euros), ce qui représente en termes constants l&#8217;engagement militaire le plus coûteux depuis la seconde guerre mondiale. Or, les retombées de cette aide apparaissent limitées. Après sept ans de guerre et de dévastations, le niveau de vie moyen des Irakiens n&#8217;est guère supérieur à celui des habitants de Gaza. Et après dix ans de présence étrangère en Afghanistan, le pays bat les records de pauvreté et de corruption.</p>
<p>Naturellement, la responsabilité des élites nationales dans ces échecs est fondamentale. Mais l&#8217;aide extérieure y contribue. Au dire même des rapports officiels américains, le bilan économique de l&#8217;aide américaine en Irak et en Afghanistan est accablant : absence de coordination entre les différentes administrations américaines, qui ont été conçues pour tout sauf faire de la reconstruction d&#8217;Etat ; très faible capacité d&#8217;absorption de l&#8217;aide étrangère, qui ne peut déboucher que sur la gabegie et la corruption ; destruction des structures étatiques nationales que l&#8217;on prétend bâtir en mettant en place des réseaux parallèles de distribution et de gestion des ressources sans consultation.</p>
<p>Dans le cas afghan, le problème est aggravé par le financement inouï apporté aux seigneurs de la guerre et à leurs milices en échange de leur protection des convois américains, un financement qui ne peut que miner l&#8217;Etat national et favoriser les désertions qui, dans la police afghane, atteignent le taux impressionnant de 50 %. De ce point de vue, les appels à la moralisation politique lancés de Washington ont quelque chose de naïf ou d&#8217;indécent, pour qui connaît le nombre d&#8217;officiels et de chefs de guerre afghans émargeant auprès des services américains. Comment pourrait-il en être autrement ?</p>
<p>A cette première grande leçon, valable aussi bien pour l&#8217;Irak que pour l&#8217;Afghanistan, s&#8217;ajoute une seconde, que l&#8217;administration américaine affronte de plein fouet : l&#8217;absence de partenaires politiques locaux désireux d&#8217;entrer dans son jeu. Cela est vrai pour l&#8217;Irak, mais aussi pour l&#8217;Afghanistan. L&#8217;ancien bon élève de la lutte antiterroriste, Hamid Karzaï, ne pense désormais qu&#8217;à prendre ses distances avec Washington, parce qu&#8217;il sait que les Américains ne s&#8217;éterniseront pas et qu&#8217;il mesure que le renforcement de sa position politique implique qu&#8217;il prenne ses distances avec ceux qui l&#8217;ont porté au pouvoir.</p>
<p>Tous ses faits et gestes sont destinés à contrer les Etats-Unis, à renforcer sa famille et son clan à Kandahar et à donner des gages aux talibans. L&#8217;intelligence politique de Barack Obama est de s&#8217;être débarrassé du manichéisme idéologique de son prédécesseur, qui opposait le bon M. Karzaï aux méchants talibans, alors que la porosité entre une partie du pouvoir de Kaboul et certaines franges de l&#8217;insurrection est évidente : la faction Hekmatyar est représentée au Parlement ainsi que dans les provinces. Mais comment croire en un allié quand toute confiance mutuelle a disparu ?</p>
<p>L&#8217;équation est encore plus complexe dans la mesure où en Afghanistan intervient un acteur tout à fait essentiel : le Pakistan. Là encore, l&#8217;administration Obama a bien compris que, sans l&#8217;aide d&#8217;Islamabad, aucune solution au conflit afghan ne pourrait être trouvée. Pourtant, malgré une aide massive de 7,5 milliards de dollars sur cinq ans et la menace que font peser les talibans pakistanais sur le régime, les militaires pakistanais ne renonceront jamais à soutenir l&#8217;insurrection afghane, qui reste pour eux un instrument essentiel de lutte contre l&#8217;Inde. C&#8217;est la raison pour laquelle Washington se trouve dans une situation inouïe, où le Pakistan est à la fois son meilleur atout et son plus sérieux obstacle.</p>
<p>Depuis janvier, 90 % des tirs de drones américains lancés dans les régions tribales pakistanaises visent le Nord-Waziristan, base arrière de la faction la plus violente de l&#8217;insurrection afghane, la faction Haqqani proche d&#8217;Al-Qaida et des services spéciaux pakistanais. Barack Obama mesure la solitude de la puissance américaine qui bâtit des stratégies sans alliés locaux fiables à ses yeux. Il mesure aussi sa solitude au moment où il affronte la fronde de ses généraux, pour qui l&#8217;amorce d&#8217;un retrait d&#8217;Afghanistan en juillet 2011 les priverait d&#8217;un succès sur le terrain.</p>
<address>Zaki Laïdi, directeur de recherche à Sciences Po</address>
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		</item>
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		<title>La Turquie est la solution pour le gaz européen</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/la-turquie-est-la-solution-pour-le-gaz-europeen/20/08/2010/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Aug 2010 12:04:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Énergie]]></category>
		<category><![CDATA[Gaz]]></category>
		<category><![CDATA[Nabucco]]></category>
		<category><![CDATA[Taner Yıldız]]></category>
		<category><![CDATA[Union Européenne - Turquie]]></category>

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		<description><![CDATA[Taner Yildiz, ministre de l’Energie, a répondu aux questions de Zaman  sur la politique énergétique turque. Il se veut confiant dans les projets concernant le gaz, le nucléaire et même dans des coopérations avec l’Irak et les Etats-Unis. Taner Yildiz, ministre de l’Energie et des Ressources naturelles a déclaré que bien que la Turquie soit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/gazoduc-turquie-europe.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3858" title="gazoduc-turquie-europe" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/gazoduc-turquie-europe-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Taner Yildiz, ministre de l’Energie, a répondu aux questions de Zaman  sur la politique énergétique turque.</p>
<p>Il se veut confiant dans les projets concernant le gaz, le nucléaire et même dans des coopérations avec l’Irak et les Etats-Unis.</p>
<p>Taner Yildiz, ministre de l’Energie et des Ressources naturelles a déclaré que bien que la Turquie soit prête à ouvrir le chapitre sur l’énergie dans le processus d’adhésion du pays à l’UE, les officiels de l’UE empêchaient l’ouverture du chapitre avec des excuses non-fondées.</p>
<p>«Nous sommes prêts à ouvrir le chapitre sur l’énergie, mais l’UE ne l’est pas. Étant donné que la Turquie est la solution pour le gaz européen (le projet Nabucco par exemple) comment peut-elle ne pas ouvrir le chapitre sur l’énergie?» nous a confié le ministre.</p>
<p>Notant que la majeure partie de l’opposition vient du gouvernement chypriote grec, Yildiz, a déclaré: «Je pense que nous ne méritons pas un tel traitement.</p>
<p><span id="more-4296"></span></p>
<p>Ils nous disent qu’il nous faut  du temps. Nous ne sommes pas d’accord. Compte tenu de nos contributions aux projets, comment peut-on dire qu’il nous faut encore du temps? La Turquie ne mérite pas cela.</p>
<p>Je crois que nous réussissons dans le domaine de l’énergie mieux que beaucoup de pays.» Le ministre a souligné que la croissance rapide de la Turquie se poursuivrait dans le cadre de leurs prédictions pour 2023 et qu’elle continuerait de fournir l’énergie nécessaire à cette croissance sans interruption.</p>
<p>Rappelant que la demande en énergie allait doubler en 2020, il a ajouté que cela signifiait que le gouvernement devait investir aussi 120 milliards de dollars dans la transmission, la distribution et la production. Répondant aux questions de Zaman, voici ce que le ministre nous a confié.</p>
<p><strong>Il y a eu des critiques concernant le projet Nabucco. Quelle est la position exacte de la Turquie? Quels sont les avantages et les inconvénients?</strong></p>
<p>Ces  projets sont à moyen ou à long terme. Il faut les définir correctement. Ce sont des projets extraordinaires. Ce n’est pas simple. Nous devons nous concentrer sur le long terme et être patients. Nous devons être très attentifs et créer des synergies. Tout grand projet fait face à certaines menaces.</p>
<p>Rafraichissons-nous la mémoire et revenons 18 ans en arrière au moment où l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan était en construction. Beaucoup de gens ne croyaient pas en la faisabilité de ce projet, mais il a finalement été achevé. De même, le projet actuel rencontre des difficultés, en particulier concernant les dépenses. Vous ne pouvez pas dire: «Allez faisons-le maintenant» quand il s’agit d’un projet d’une valeur de 7 à 8 milliards d’euros.</p>
<p>Ce n’est pas rien. Il y a des problèmes concernant le financement, la construction, la coordination, les ressources, les routes, etc. On peut  toutefois venir à bout des tâches même les plus difficiles. Nous croyons que nous pouvons le faire même si c’est très difficile à mettre en place. Un accord intergouvernemental a été ébauché, et il a obtenu le feu vert du Parlement.</p>
<p><strong>Quels avantages en tirera la Turquie ?</strong></p>
<p>Cela va beaucoup apporter à la Turquie. Tout d’abord, cela va ajouter un projet à la liste de projets desquels le pays profite grâce à sa situation géographique. Nabucco est un projet stratégique qui va acheminer 31 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an et relier les fournisseurs aux consommateurs. Nous devons le faire. J’attache une importance particulière à ce sujet.</p>
<p>Il semble qu’il n’y ait pas d’accord avec l’Iran concernant le site South Pars?</p>
<p>Nous disions dans nos précédentes déclarations que les négociations techniques se poursuivaient. On nous a demandé si les sanctions récentes allaient nous affecter. Tout d’abord, nous devons préciser si nous serons d’accord ou non sur les questions techniques. Nous pourrons ensuite  aborder les questions administratives.</p>
<p>D’un point de vue technique, nous ne pouvons pas être d’accord avec le  système de modélisation ou avec la répartition des tâches et des responsabilités. Nous avons expliqué que nous pourrions évaluer une proposition nouvelle et différente, mais que nous ne changerions pas notre position concernant South Pars étant donné l’état actuel des choses. Le projet devrait créer une base commune dont l’Iran et la Turquie pourraient tirer profit.</p>
<p><strong>Quand est-ce-que l’investissement dans l’énergie nucléaire va commencer? Comment cela va-t-il se passer ?</strong></p>
<p>À mon avis, que le Parti républicain du peuple (CHP) nous emmène devant la Cour constitutionnelle ne nous surprendra pas. Mais je pense que nous n’en arriverons pas là. Sinon, on ne pourra plus rien faire pour la Turquie. Nous avons l’intention de continuer ce projet parce que la Turquie en a gagné le droit. Je ne pense pas que nous aurons des problèmes avec le commerce que nous ferons avec la Russie.</p>
<p><strong>Pouvez-vous nous expliquer le processus?</strong></p>
<p>Tout d’abord, il faudra s’occuper des licences. Il faut aussi une période de préparation d’un an et demi, des plans ainsi que les autorisations nécessaires. Tout cela prend du temps. Ensuite, il faudra sept ans pour l’investissement. Nous parlons d’un processus qui peut se poursuivre jusqu’en 2020 ou 2023. Nous devons être patients.</p>
<p><strong>Pouvez-vous donner une date de début?</strong></p>
<p>L’investissement devrait commencer dans un an et demi (fin 2011 ou début 2012). Il y a une période de construction de sept ans. En tout, le projet peut s’étendre jusqu’à 2018 ou 2019.</p>
<p><strong>Que signifie le transfert technologique?</strong></p>
<p>Nous envisageons ce que nous nous pensons capables de faire. C’est déjà prévu dans le contrat. Si nous sommes capables de 60%, c’est ce que nous ferons. Cela dépend des services que nous pouvons offrir. Il en va de nos aptitudes et de notre organisation. Nous sommes la clé.</p>
<p><strong>Il y avait des pourparlers avec le KEPCO sud-coréen concernant les affaires nucléaires. Est-ce qu’il y a un  ralentissement dans le processus?</strong></p>
<p>N’appelons pas cela un ralentissement, nous espérons que cela s’arrangera d’ici la fin du mois et que nous pourrons parvenir à un accord. Il n’y en a pas actuellement. Les pourparlers sont en cours. Et puis si nous n’y arrivons pas, ce n’est pas la fin du monde. Nous pouvons négocier avec une autre société.</p>
<p><strong>Quelle sera votre stratégie concernant le carburant ?</strong></p>
<p>Il y a cinq pays qui enrichissent l’uranium, mais les usines de carburant sont nombreuses. La Turquie ne rencontrera pas de problème de ce point de vue là. Il n’est pas possible d’investir dans le carburant avant d’avoir un certain nombre de centrales nucléaires.</p>
<p>Certains prétendent que nous allons vivre certaines difficultés à répondre à la demande en énergie jusqu’à ce que les centrales nucléaires soient en service.</p>
<p>Non, ce n’est certainement pas le cas. Nous ne prévoyons pas de problèmes liés à ces investissements. Nous allons commencer à utiliser l’énergie nucléaire après 2018 et 2019. Nous avons aussi plusieurs investissements à faire pendant ce laps de temps, et nous y travaillons actuellement. Nous allons continuer à investir dans l’eau, le vent, la géothermie et l’énergie à base de charbon.</p>
<p><strong>Qu’en est-il de l’oléoduc Kirkouk-Yumurtalik ?</strong></p>
<p>L’accord a expiré et nous travaillons à son renouvellement. Si j’ai l’occasion d’aller à Bagdad dans les prochains jours, nous allons régler ce problème.</p>
<p><strong>Quel sera le chiffre d’affaires annuel de la Turquie? Est-ce qu’elle sera protégée des attaques terroristes ?</strong></p>
<p>Je pense que le taux de recettes annuelles total de la Turquie sera d’environ 1 milliard de lires. En ce qui concerne sa sécurité, il y aura une protection supplémentaire avec un système de sécurité privé, de sécurité électronique et le personnel de sécurité déjà existant. C’est ce que nous essayons de mettre en œuvre dès maintenant. Nous pouvons le faire avec les ressources locales.</p>
<p><strong>Quel est l’état actuel de notre exploration de gaz naturel en Irak?</strong></p>
<p>Il y a des projets que nous avons développé pour ce pays. Nous avons des partenariats avec le gouvernement central d’Irak, les Chinois et Gazprom.</p>
<p>Il existe également des projets que nous avons développé en collaboration avec Shell pour le plan principal. Nous devrions être en mesure d’obtenir plus de l’Irak. Nous devrions être en mesure de récolter les fruits de notre coopération avec ce pays.</p>
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		<title>La Turquie, une puissance montante</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/la-turquie-une-puissance-montante/21/06/2010/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 08:18:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étrangère]]></category>
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		<description><![CDATA[L’initiative conjointe prise par la Turquie et le Brésil le 17 mai dernier pour trouver une issue diplomatique au contentieux de l’Iran avec les puissances nucléaires établies a surpris, provoqué parfois sarcasmes et ironie et a souvent profondément agacé. Brésil et Turquie ont-ils péché par ignorance et finalement irresponsabilité en se hasardant sur un terrain [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/turquie.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-3899" title="turquie" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/turquie-300x277.gif" alt="" width="300" height="277" /></a>L’initiative conjointe prise par la Turquie et le Brésil le 17 mai dernier pour trouver une issue diplomatique au contentieux de l’Iran avec les puissances nucléaires établies a surpris, provoqué parfois sarcasmes et ironie et a souvent profondément agacé.</p>
<p>Brésil et Turquie ont-ils péché par ignorance et finalement irresponsabilité en se hasardant sur un terrain qui n’était pas le leur ?</p>
<p>Mais cette démarche vite considérée comme un pas de clerc, à Londres, Washington et Paris, avait-elle pour seul objet de trouver une issue à un différent apparemment sans issue négociable ?</p>
<p>Le voyage effectué par le chef de l’Etat brésilien à l’issue d’un déplacement inédit au Proche-Orient, apporte un premier élément de réponse.</p>
<p>Tout comme le silence radio des participants au Quatuor (Etats-Unis, ONU, Union européenne, Russie), chargés depuis de longues années d’inventer un règlement au conflit israélo-palestinien, et qui ont ignoré l’initiative. « <em>Mais pourtant avait déclaré, Ignacio Lula da Silva, pourquoi pas moi, pourquoi pas le Brésil, n’auraient-ils pas leur mot à dire sur un problème qui empoisonne durablement la paix de tous ? </em> » Après tout, ceux qui ont la responsabilité du dossier n’ont jusqu’ici pas réussi à trouver les clefs de la paix.</p>
<p><span id="more-3898"></span></p>
<p>Cet affichage diplomatique hors zone du Brésil, longtemps considéré comme une puissance au mieux régionale, a trouvé un écho euro-asiatique en Turquie. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a négocié avec le président brésilien le compromis nucléaire signé par et avec le président iranien le 17 mai, vient d’effectuer une visité officielle inédite en Amérique du sud. Il s’agit en effet d’une première. Jamais jusqu’ici un responsable turc de ce niveau n’avait effectué un périple sud-américain. Commencée au Brésil le 25 mai, la visite devait se poursuivre pendant quelques jours en Argentine et au Chili. Mais le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri, étoile montante de la droite locale, cédant aux exigences d’électeurs d’origine arménienne, en refusant de participer à un dépôt de fleurs au pied d’une statue du père de la Turquie moderne, Atatürk, dans le parc Jorge Newbery, a provoqué la suspension de l’étape argentine. Les commandos israéliens en attaquant un bateau battant pavillon turc au large de Gaza, ont imposé un retour précipité en Turquie du premier ministre Erdogan et l’abandon de la partie chilienne de cette tournée.</p>
<p>Ce n’est, selon toute vraisemblance que partie remise. Ce déplacement latino-américain n’avait en effet rien d’un impromptu. Il venait confirmer la convergence matérialisée à Téhéran avec Brasilia fruit d’une volonté partagée de faire bouger les rapports de force et la gestion du monde. Brésil comme Turquie ont pris conscience de leur montée en puissance économique. Tous deux entendent bien que leur émergence, saluée et reconnue par les investisseurs occidentaux, leur donne un droit d’entrée au directoire des grandes affaires diplomatiques. Les deux pays partagent l’ambition d’accéder comme membres permanents au Conseil de sécurité des Nations unies. Ils ont appris à se connaître et à mesurer le parallélisme de leurs exigences au sein de l’OMC. Elles leur ont permis à l’un comme à l’autre d’accéder au G-20. Ils sont logiquement passés depuis quelques mois au stade de la coopération diplomatique active. Celle-ci suit un mode opératoire éprouvé dans les enceintes commerciales internationales depuis quelques années. Le Brésil, avec l’Afrique du sud et l’Inde, avaient en 2003 mobilisé une vingtaine de pays importants d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Ils avaient ainsi réussi à bloquer toute prise de décision unilatérale par la Triade (Etats-Unis, Japon et Union européenne). Brésil et Turquie aujourd’hui s’efforcent d’inventer une coalition de même type permettant d’opposer sur le contentieux nucléaire iranien une autre ligne de pente que celle proposée par les puissances installées. A Rio Brésil et Turquie étaient réunis avec les pays membres de l’Alliance des civilisations.</p>
<p>Le gouvernement turc actuel agacé par les atermoiements européens concernant sa demande d’adhésion à l’Union, tout en respectant ses engagements occidentaux, et fort de sa croissance économique, a décidé de réactualiser les ambitions globales de l’Empire ottoman. Cette ambition passe donc aussi par l’Amérique latine. Le Brésil en constitue naturellement le point d’appui privilégié. Mais à côté et parallèlement, une politique latino-américaine a été mise en place par la Turquie depuis quelques années. La relation avec le Mexique, Etat laïque, avait seule été privilégiée jusque-là. Ce rapport a été maintenu et enrichi, les deux pays étant conjointement membres non permanents du Conseil de sécurité en 2009 et 2010. Le premier ministre turc a effectué un déplacement officiel à Mexico en décembre 2009. Mais des liens commerciaux et diplomatiques ont été établis avec d’autres pays. A l’occasion d’un entretien à Davos en Suisse, Recep Tayyip Erdogan avait annoncé au président colombien, Alvaro Uribe, la prochaine ouverture d’une légation turque à Bogota. Des ambassades turques ont été ouvertes en Colombie et au Pérou en 2010. Le président Oscar Arias du Costa-Rica, prix Nobel de la paix, a visité Ankara en 2009. Il s’agissait là de la première visite jamais effectuée en Turquie par un chef d’Etat centraméricain. Un traité commercial et de libre échange a été signé en 2006 avec la Colombie, en 2008 avec le Mercosur et en 2009 avec le Chili. Un traité de même type pourrait être négocié prochainement entre Turquie et Pérou. Un accord de coopération politique a été signé par la Turquie avec l’Uruguay et ultérieurement le Venezuela en 2009 également.</p>
<p>Signe des temps, le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, a prononcé en 2009, en présence du président brésilien, un discours fondateur à l’occasion de l’inauguration du Centre de recherche sur l’Amérique latine de l’Université d’Ankara. Il a notamment justifié la rationalité de l’intérêt turc pour l’Amérique latine de la façon suivante : « L’Afrique et l’Amérique latine constituent les deux axes du nouveau panorama de la politique extérieure turque (..) L’Amérique latine joue un rôle particulièrement important dans la conversion de l’influence turque du régional au mondial ».</p>
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		<title>Tout serai plus simple si Israël accepte l&#8217;enquête internationale sur les événements du Mavi-Marmara</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 15:42:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Blocus israélien sur Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël tue des civiles turcs]]></category>
		<category><![CDATA[Relations Turquie-Israël]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;enfant est né samedi 5 juin 2010 dans le sud de la bande de Gaza. Ses parents, un couple de Palestiniens, l&#8217;ont appelé &#8220;Erdogan&#8221;. C&#8217;est le nom de famille du premier ministre turc. Le même jour, les Gardiens de la révolution, bras armé du régime iranien, ont fait une annonce tardive, mais fracassante : ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/erdogan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3265" title="erdogan" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/erdogan-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>L&#8217;enfant est né samedi 5 juin 2010 dans le sud de la bande de Gaza. Ses parents, un couple de Palestiniens, l&#8217;ont appelé &#8220;Erdogan&#8221;. C&#8217;est le nom de famille du premier ministre turc. Le même jour, les Gardiens de la révolution, bras armé du régime iranien, ont fait une annonce tardive, mais fracassante : ils veulent servir d&#8217;escorte aux &#8220;flottilles humanitaires&#8221; décidées à défier le blocus de Gaza.</p>
<p>Qu&#8217;y a-t-il de commun entre ces deux informations ? Elles se rapportent, bien sûr, au tragique abordage du navire turc Mavi-Marmara par des commandos israéliens cinq jours plus tôt. La première annonce &#8211; longue vie au bébé Erdogan ! &#8211; témoigne de l&#8217;aura croissante de la Turquie et de son premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans l&#8217;opinion arabe et, particulièrement, chez les Palestiniens.</p>
<p><span id="more-3687"></span></p>
<p>La seconde, exercice de rhétorique quasi obligé, est une manifestation de solidarité iranienne tardive avec les Palestiniens de Gaza. Ce qui conduit à poser cette question : y-a-t-il rivalité entre Ankara et Téhéran pour le leadership au Proche-Orient ? Au-delà des rapports de bon, très bon voisinage, qu&#8217;entretiennent leurs pays, Mahmoud Ahmadinejad et Recep Tayyip Erdogan sont-ils concurrents dans cette partie du monde ?</p>
<p>Les pessimistes affirment : la réponse n&#8217;a aucune importance. Ils tiennent la formation de M. Erdogan, l&#8217;AKP, Parti du développement et de la justice, pour un parti islamiste déguisé. On a beau le qualifier &#8220;d&#8217;islamo-conservateur&#8221;, l&#8217;AKP vient d&#8217;une scission du Refah, qui lui-même ne cachait pas ses origines : cette formation s&#8217;inspirait de l&#8217;idéologie des Frères musulmans égyptiens, la matrice de l&#8217;islamisme au Proche-Orient.</p>
<p>Les pessimistes diront encore que la montée en puissance de l&#8217;AKP ces dix dernières années correspond à une islamisation accélérée de la Turquie, bref, à un recul de l&#8217;héritage de Kemal Atatürk. Ils observent que l&#8217;AKP a des contacts avec le Hamas palestinien. Ils font valoir que M. Erdogan use d&#8217;un vocabulaire de plus en plus militant : d&#8217;un côté, les massacreurs (israéliens), de l&#8217;autre les martyrs (palestiniens). Ankara ou Téhéran, même radicalisme, peu de différence au fond ?</p>
<p>Pas sûr du tout. La vraie nature du régime akapiste est beaucoup plus complexe. C&#8217;est lui &#8211; pas les héritiers de la Turquie laïque fondée par Kemal Atatürk au début des années 1920 &#8211; qui a fait progresser la démocratie dans le pays.</p>
<p>Depuis l&#8217;arrivée au pouvoir de M. Erdogan en 2003, la presse et l&#8217;édition sont plus libres ; on tabasse moins dans les prisons et les commissariats ; la justice est plus indépendante ; longtemps martyrisés, les Kurdes ont connu un moment de répit ; les campagnes électorales sont plus ouvertes.</p>
<p>Les défenseurs des droits de l&#8217;homme disent qu&#8217;il y a encore bien du chemin à faire, mais la Turquie d&#8217;Erdogan est le contraire de l&#8217;Iran d&#8217;Ahmadinejad. L&#8217;une progresse &#8211; trop lentement, peut-être &#8211; vers un Etat de droit qui la rapproche de l&#8217;Union européenne ; l&#8217;autre régresse vers une dictature militaire national-islamiste depuis le putsch de juin 2009. Erdogan serait l&#8217;équivalent musulman d&#8217;un démocrate-chrétien d&#8217;après-guerre en Europe, une sorte de Giulio Andreotti anatolien ; l&#8217;autre, Ahmadinejad, un fasciste des années 1930, ultranationaliste animé d&#8217;une idéologie totalitaire, un Mussolini perse, en maigre.</p>
<p>L&#8217;étrange diplomatie Erdogan est le reflet d&#8217;un profil unique. C&#8217;est celui d&#8217;un pays musulman, ancré à &#8220;l&#8217;ouest&#8221;, membre de l&#8217;OTAN, qui combat les talibans en Afghanistan, est candidat à l&#8217;Europe, n&#8217;a pas rompu ses relations avec Israël, et ambitionne d&#8217;être une puissance dominante au Proche-Orient. Si l&#8217;on est chef d&#8217;Etat ou premier ministre au sein de l&#8217;UE, comment ne pas voir l&#8217;atout stratégique que représente ce curieux et imposant voisin ? Et si l&#8217;on est premier ministre israélien, mieux vaut sûremen avoir la Turquie comme champion de la cause palestinienne que l&#8217;Iran.</p>
<p>Allons plus loin : c&#8217;est même cet inclassable pays, au crédit en hausse dans le monde arabe, qui a le plus de cartes pour assurer les médiations dont Israël a besoin dans la recherche de la paix avec ses voisins. Voire pour faire pression sur l&#8217;Iran.</p>
<p>L&#8217;Etat hébreu manque de ce type de médiateur régional. Il est, en 2010, dans une situation paradoxale. Jamais il n&#8217;a autant été connecté au vaste monde. Le tableau des départs et des arrivées à l&#8217;aéroport Ben-Gourion affiche toutes les destinations possibles. Mais Israël est toujours en conflit avec ses voisins immédiats, qu&#8217;il s&#8217;agisse de la Syrie, du Hezbollah libanais ou des Palestiniens du Hamas &#8211; avec, en toile de fond, l&#8217;ombre d&#8217;Ahmadinejad sur le chemin de l&#8217;arme atomique.</p>
<p>C&#8217;est là qu&#8217;intervient la question de la nature du régime Erdogan : un ennemi de plus pour ceux qui le voient en passe de se ranger dans le camp islamiste (hypothèse pessimiste) ; un intermédiaire évident, unique pour ceux qui jugent l&#8217;ambition turque plus sophistiquée et plus pacifique (hypothèse optimiste).</p>
<p>Pour ces derniers, dont je suis, le retour à de bonnes relations israélo-turques est important. Il y a un prix à payer pour Israël, somme toute modique : Ankara réclame une enquête internationale sur les événements du Mavi-Marmara. L&#8217;argument serait plus facile à vendre aux Israéliens si la machine à indignation était moins sélective. Si les Israéliens n&#8217;avaient pas l&#8217;impression d&#8217;être, dans cette affaire, jugés plus durement que d&#8217;autres &#8211; plus sévèrement que la Corée du Nord, bien sûr, quand elle coule une vedette sud-coréenne, faisant 49 morts, et même que les Américains lorsqu&#8217;ils tuent des villageois afghans &#8220;par erreur&#8221;.</p>
<p>Post-scriptum &#8220;Rencontre de deux démocraties&#8221;. C&#8217;était le thème d&#8217;un forum franco-israélien organisé la semaine dernière à Tel-Aviv par le journal Haaretz et le service culturel de l&#8217;ambassade de France en Israël, que dirige notre ancienne consoeur de Libération, Annette Lévy-Willard. Une première. Et deux jours de débats denses, riches et sans complaisance et sur lesquels nous reviendrons.</p>
<address>Source: Alain Frachon (Le Monde)</address>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.turquie-fr.com%2Ftout-serai-plus-simple-si-israel-accepte-lenquete-internationale-sur-les-evenements-du-mavi-marmara%2F10%2F06%2F2010%2F&amp;title=Tout%20serai%20plus%20simple%20si%20Isra%C3%ABl%20accepte%20l%26%238217%3Benqu%C3%AAte%20internationale%20sur%20les%20%C3%A9v%C3%A9nements%20du%20Mavi-Marmara" id="wpa2a_34"><img src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/plugins/add-to-any/favicon.png" width="16" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Israël complètement isolé sur la scène internationale</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/israel-completement-isole-sur-la-scene-internationale/01/06/2010/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 08:39:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ramazan</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Blocus israélien sur Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;était une réalité depuis l&#8217;opération meurtrière menée à Gaza, au début de l&#8217;année 2009, par l&#8217;armée israélienne. C&#8217;est maintenant une évidence. Israël est isolé sur la scène internationale, comme rarement le pays l&#8217;a été depuis sa création. La raison en est simple. Ni la punition collective infligée de façon chronique à la population de Gaza [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/turquie-israel-isole.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-3475" title="turquie-israel-isole" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/06/turquie-israel-isole-300x186.gif" alt="" width="300" height="186" /></a>C&#8217;était une réalité depuis l&#8217;opération meurtrière menée à Gaza, au début de l&#8217;année 2009, par l&#8217;armée israélienne. C&#8217;est maintenant une évidence.</p>
<p>Israël est isolé sur la scène internationale, comme rarement le pays l&#8217;a été depuis sa création.</p>
<p>La raison en est simple. Ni la punition collective infligée de façon chronique à la population de Gaza ni la violence du commando intervenu, hier, dans les eaux internationales pour bloquer un convoi humanitaire ne peuvent être justifiées.</p>
<p>La réaction indignée de la communauté internationale le dit on ne peut plus clairement.</p>
<p>Beaucoup de détails doivent, bien sûr, être encore éclaircis, ce qui explique la prudence de la réaction américaine. De ce point de vue, une enquête internationale est plus nécessaire que jamais.</p>
<p>L&#8217;opération meurtrière ayant eu lieu hors des eaux territoriales israéliennes, la violation du droit international est patente, <strong>«</strong> <strong>grossière</strong> <strong>»</strong>même, pour reprendre la terminologie utilisée à Moscou.</p>
<p><span id="more-3474"></span></p>
<p>Pour trois raisons, au moins, l&#8217;option choisie par le gouvernement israélien est un véritable fiasco. D&#8217;abord, parce que la violence de l&#8217;intervention ne saurait trouver la moindre justification, quels que soient les doutes que l&#8217;on puisse émettre en Israël sur la composition de cette flottille,  et sur ses buts humanitaires.</p>
<p>Ensuite, sur le plan juridique, l&#8217;argumentaire ressassé depuis dix-huit mois par l&#8217;exécutif israélien ne tient pas au regard d&#8217;une vision pondérée du droit international. Durant l&#8217;opération <em>Plomb durci</em>, qui a fait plus de 1 400 victimes dans la bande de Gaza, l&#8217;an passé, on a souvent entendu les militaires israéliens justifier le bombardement de bâtiments civils entiers pour la seule raison qu&#8217;un ou plusieurs activistes du Hamas s&#8217;y étaient retranchés.</p>
<p>On peut comprendre le sentiment d&#8217;insécurité, voire d&#8217;encerclement, qui habite, au quotidien, la population israélienne. On ne peut, pour autant, renoncer à l&#8217;un des principes des cultures juridiques les plus avancées, à savoir la proportionnalité, comme l&#8217;a rappelé d&#8217;ailleurs, hier, indirectement, le président Sarkozy en évoquant un<strong> «</strong> <strong>usage disproportionné de la force</strong> <strong>»</strong>.</p>
<p>Enfin, et c&#8217;est sans doute le plus préoccupant, les conséquences politiques de cet assaut meurtrier israélien sont largement imprévisibles. La Turquie qui, non sans ambiguïté, avait donné sa bénédiction à la flottille, a très vivement réagi en accusant Israël de <strong>«</strong> <strong>terrorisme d&#8217;État</strong> <strong>»</strong>, en demandant une réunion d&#8217;urgence de l&#8217;Otan et de l&#8217;Onu. Des ressortissants turcs faisant partie des victimes, l&#8217;émotion est compréhensible, mais il n&#8217;y a pas que cela.</p>
<p>Depuis deux ans, le torchon brûle entre les deux anciens alliés stratégiques. L&#8217;opération<em>Plomb durci</em> a sans doute été un tournant, là encore, offrant à Ankara une raison supplémentaire de cesser les opérations militaires conjointes et de développer une diplomatie de plus en plus autonome. Au point de jouer les médiateurs avec la Syrie, et même avec l&#8217;Iran, comme on l&#8217;a vu récemment sur le dossier nucléaire.</p>
<p>Bref, la Turquie est sortie de l&#8217;isolement qui caractérisait ses relations avec les pays musulmans de la région et affirme, plus que jamais, son rôle de puissance régionale. Est-ce au service de la diplomatie de la détente prônée par Obama ou pour son propre compte ? Sans doute les deux. À l&#8217;opposé, en tout cas, de l&#8217;aveuglement isolationniste des dirigeants israéliens.</p>
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		<title>Femme, enfants, mari en France ? Si vous n&#8217;êtes pas en situation régulière bon vent!</title>
		<link>http://www.turquie-fr.com/femme-enfants-mari-en-france-si-vous-netes-pas-en-situation-reguliere-bon-vent/27/05/2010/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 14:51:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration clandestine]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce n&#8217;est plus la France d&#8217;autrefois, accueillante, souriante. Voici la nouvelle France: Il est 11h, mardi 11 mai: nous embarquons sur le vol THY1822 Paris-Istanbul. Au fond de l&#8217;avion, un Turc d&#8217;une trentaine d&#8217;années se débat et crie. Menotté, fermement immobilisé sur son siège, il est encadré par deux policiers français, l&#8217;un assis à ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/police-francaise-menotte.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3386" title="police-francaise-menotte" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/police-francaise-menotte-298x300.jpg" alt="" width="298" height="300" /></a>Ce n&#8217;est plus la France d&#8217;autrefois, accueillante, souriante.</p>
<p>Voici la nouvelle France:</p>
<p>Il est 11h, mardi 11 mai: nous embarquons sur le vol THY1822 Paris-Istanbul.</p>
<p>Au fond de l&#8217;avion, un Turc d&#8217;une trentaine d&#8217;années se débat et crie.</p>
<p>Menotté, fermement immobilisé sur son siège, il est encadré par deux policiers français, l&#8217;un assis à ses côtés, l&#8217;autre penché sur lui.</p>
<p>Un troisième policier, le chef sans doute, surveille l&#8217;opération.</p>
<p>Un attroupement de quatre, cinq personnes se forme cependant à l&#8217;arrière de l&#8217;avion. «Voilà une belle image de la France!», lance en colère un archéologue turc qui travaille depuis vingt ans avec des Français.</p>
<p>«Ça ne vous fait pas quelque chose de traiter cet homme avec si peu d&#8217;humanité?», leur demande une touriste française.</p>
<p>L&#8217;homme compte parmi ces immigrés en situation irrégulière, clandestins ou dont le visa est expiré, que la France renvoie de force dans leur pays d&#8217;origine. En Turquie donc, pour celui-ci.</p>
<h3>La bataille du chiffre</h3>
<p><span id="more-3385"></span></p>
<p>Cela s&#8217;appelle une «reconduite à la frontière». Ça n&#8217;est pas nouveau. Ce qui est nouveau en revanche, c&#8217;est que les autorités françaises veulent prouver leur efficacité en faisant du chiffre. Pour 2009, le ministère de l&#8217;Immigration avait tablé sur 26.000 «reconduites». Il y en eut 29.288. Un chiffre difficile à détailler entre départs volontaires et expulsions: soient un rapport d&#8217;un tiers, deux tiers, selon certaines estimations.</p>
<p>«Plus aucun chiffre fiable n&#8217;est édité en France concernant ces sujets! s&#8217;exclame un chercheur au CNRS, et il est particulièrement difficile d&#8217;obtenir des statistiques.»</p>
<p>L&#8217;un des conseillers de presse d&#8217;Eric Besson, le ministre de l&#8217;Immigration, m&#8217;a cependant précisé que pour l&#8217;année 2009, 1.467 Turcs en situation irrégulière avaient été interpellés et 934 Turcs reconduits à la frontière soit vers la Turquie, soit vers un pays de transit. Autrement dit en 2009, 1 sur 30 immigrés reconduits à la frontière serait de nationalité turque. Enfin, 314 Turcs ont essayé d&#8217;entrer sur le territoire français avant d&#8217;être refoulés.</p>
<p>Les Turcs tenteraient d&#8217;ailleurs de moins en moins l&#8217;aventure européenne. Ni la France, ni l&#8217;Europe de l&#8217;Ouest ne sont plus des destinations privilégiées pour eux. S&#8217;ils le peuvent, ils préfèrent se rendre aux Etats-Unis ou bien en Azerbaïdjan, en Irak, ou au Kazakhstan, des pays dans lesquels ils sont assurés d&#8217;être embauchés par les entrepreneurs turcs, de plus en plus nombreux et actifs au Proche-Orient et en Asie centrale.</p>
<p>Mais revenons au vol THY1822 du 11 mai 2010. L&#8217;avion n&#8217;a toujours pas décollé et les passagers sont en train de comprendre de visu ce qu&#8217;est une reconduite à la frontière. «C&#8217;est la loi, on ne peut rien faire contre», dit une dame, turque. «L&#8217;important, c&#8217;est qu&#8217;on arrive à l&#8217;heure», répond comme en écho un monsieur, français. Le «reconduit», lui, ne cesse de se cabrer et de crier.</p>
<p>Pourquoi sur Turkish Airlines?</p>
<p>«C&#8217;est du cinéma, ne faites pas attention à lui, nous explique le chef policier. Il fait ça pour attirer votre attention. Il a de la famille en France, il va redemander un visa en bonne et due  forme à Istanbul et il pourra revenir. Dès que l&#8217;avion se sera envolé, il se calmera. Voilà quatre ans que je fais des escortes, il n&#8217;y a jamais eu de problèmes», précise-t-il. Mezzo voce, une passagère turque, mariée à un Français, confie: «Ce n&#8217;est pas vrai! Deux fois déjà, j&#8217;ai fait le voyage Paris-Istanbul sur Air France avec un homme, puis une femme qu&#8217;on renvoyait. Et bien, ils ont pleuré et crié tout le voyage; c&#8217;était insupportable!»</p>
<p>«Au fait, pourquoi utilisez-vous Turkish Airlines (THY) pour renvoyer cet homme? demande calmement un homme turc au français impeccable. Utilisez la compagnie française pour ça, pas la turque!» Le chef policier semble, soudain, un peu embarrassé: «Pour des questions de délai, il faut absolument que cet irrégulier parte aujourd&#8217;hui et les vols Air France sont pleins.»</p>
<p>Pleins, les vols d&#8217;Air France Paris-Istanbul en ce début de semaine de l&#8217;Ascension? Sans doute. Ils transportent aussi du beau linge. Le Président Jacques Chirac, d&#8217;abord, à qui l&#8217;Université francophone de Galatasaray remettait, ce mardi-là justement, un titre de Docteur Honoris Causa. Et le lendemain, c&#8217;était au tour de la ministre de l&#8217;Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, de s&#8217;envoler pour la Turquie. Les autorités françaises auraient-elles voulu éviter à nos deux dirigeants politiques l&#8217;inconfort de voyager  en compagnie de ce passager bruyant, agité et quelque peu encombrant?</p>
<p>Peu convaincu en tout cas par l&#8217;argument, le passager turc s&#8217;entête: «Faites votre boulot entre Français sur Air France! Mais pas sur Turkish Airlines; je vais porter plainte!», menace-t-il, en se dirigeant vers la cabine de pilotage.</p>
<p>«Si l&#8217;homme que nous escortons, en situation irrégulière, ne part pas aujourd&#8217;hui, il ira en prison pour trois mois», argumente le policier en chef. De longues minutes s&#8217;écoulent durant lesquelles l&#8217;homme est réduit au silence: le haut de son thorax est comprimé par le poing qu&#8217;y appuie fortement un policier tandis qu&#8217;un autre le bâillonne pour étouffer ses cris.</p>
<p>Sans doute alerté par le passager têtu, le commandant de bord turc remonte la travée et donne l&#8217;ordre aux policiers français de prendre «leur déporté» et de débarquer.</p>
<p>Jusqu&#8217;au bout, les trois policiers français auront été remarquables de professionnalisme et de calme. Gestes précis. Explications rodées. Seulement, cette fois-ci la procédure s&#8217;est enrayée. Une voiture de police française s&#8217;arrête sur le tarmac. Les trois policiers descendent de l&#8217;avion et engouffrent leur colis humain, toujours menotté, dans le véhicule. Le vol THY1822 Paris-Istanbul du 11 mai 2010 décolle. Avec trois quart d&#8217;heure de retard.</p>
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		<title>En avril et en mai, Istanbul se pare de fleurs</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 08:33:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Istanbul]]></category>
		<category><![CDATA[Parcs et jardins]]></category>
		<category><![CDATA[Tulipe]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était à Constantinople, dans les jardins d’Ahmed III. Chaque printemps, le sultan offrait des fêtes somptueuses en l’honneur de la tulipe, “lale” en turc. Des vases débordent de fleurs ; les convives déambulent sous les trilles des canaris, tandis que leur parvient la rumeur de la ville. Si le XVIIIe siècle, “siècle des tulipes”, fut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/tulipe-istanbul.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2909" title="tulipe-istanbul" src="http://www.turquie-fr.com/wp-content/uploads/2010/05/tulipe-istanbul-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>C’était à Constantinople, dans les jardins d’Ahmed III. Chaque printemps, le sultan offrait des fêtes somptueuses en l’honneur de la tulipe, “lale” en turc.</p>
<p>Des vases débordent de fleurs ; les convives déambulent sous les trilles des canaris, tandis que leur parvient la rumeur de la ville. Si le XVIIIe siècle, “siècle des tulipes”, fut célébré pour sa vitalité culturelle, Ahmed III, accusé de vider les caisses, finira assassiné. Originaire de Perse et de Turquie, la tulipe a conquis la cour de Soliman le magnifique dès le XVIe siècle.</p>
<p>Ses bulbes étaient offerts aux nobles et aux plénipotentiaires. Les ambassadeurs faisaient l’éloge des jardins du sultan. Le plus ancien ouvrage connu sur les tulipes, écrit à cette époque, en énumère pas moins de 1 588 variétés.</p>
<p>Un diplomate flamand, Ogier de Busbecq, envoie quelques bulbes à un ami néerlandais qui les commercialise, avec succès, aux Pays-Bas.L’Europe s’en attribue la paternité, la fleur fait le bonheur des marchands et les prix de ses bulbes deviennent exorbitants. Championne incontestée, la Semper ugustus atteint cinq mille florins, soit la valeur d’un im meuble à Amsterdam !</p>
<p>La tulipe est désormais le symbole d’Istanbul et de sa gloire passée. Elle orne les parcs, les jardins particuliers et les ronds-points, éclaboussant de couleurs la belle du Bosphore…</p>
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