Accueil » Moyen-Orient »Politique étrangère » Lecture courante:

Ankara et Téhéran adoptent l’option du dialogue

Le ministre turc des Affaires étrangères est en Iran pour évoquer les dossiers qui fâchent.

L’Irak, la Syrie, le nucléaire… Les contentieux entre Ankara et Téhéran, symptomatiques de leur rivalité régionale, s’amoncellent et ils sont au programme de la visite de deux jours qu’Ahmet Davutoglu effectue en Iran.

Arrivé mercredi dans la République islamique, le ministre des Affaires étrangères turc a prévu d’évoquer les dossiers qui fâchent avec les autorités iraniennes, au moment où l’Occident fait à nouveau pression sur le programme nucléaire iranien et où l’Iran menace de fermer le détroit d’Ormuz.

Motivant ce déplacement par son souci « d’empêcher une guerre froide au Moyen-Orient », le chef de la diplomatie turque a déclaré, avant de s’envoler pour Téhéran, que «des tensions interconfessionnelles seraient un suicide pour la région».

Frictions sur la Syrie

Dans un espace géographique en proie à de profonds bouleversements, les Turcs cherchent à la fois à placer leurs pions dans la nouvelle donne moyen-orientale et à maintenir l’Iran dans le jeu diplomatique pour empêcher les risques de conflits qui peuvent suivre de nombreuses lignes de fracture – entre les sunnites et les chiites, l’Iran et la Turquie, les alliés régionaux des États-Unis, les pays arabes… L’exercice est complexe.

Pour Ankara, le dossier le plus urgent, sur lequel il se trouve aux antipodes avec son voisin, est la crise en Irak. C’est le nouveau terrain d’affrontement entre les deux puissances régionales, la sunnite et la chiite. Depuis le retrait des soldats américains, le 18 décembre, l’Iran reprend la main et la politique de plus en plus autoritaire du premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite plus que jamais sous influence de Téhéran, relance le spectre d’une guerre multiconfessionnelle.

Le vice-président Tareq al-Hachémi, un sunnite soutenu par la Turquie, est accusé par al-Maliki d’avoir orchestré des attentats. Visé par un mandat d’arrêt, il s’est réfugié au Kurdistan irakien et Ankara a proposé de l’accueillir. Concernant le soulèvement en Syrie, les divergences entre le gouvernement islamo-conservateur turc, qui appelle régulièrement Bachar el-Assad à quitter le pouvoir, et l’Iran, qui le protège toujours, sont sources de friction.

Les Turcs grignotent également, lentement mais sûrement, l’influence iranienne sur le Hamas: pour son premier voyage à l’étranger depuis l’arrivée au pouvoir à Gaza du mouvement islamiste palestinien en 2007, Ismaël Haniyeh, le chef du gouvernement du Hamas, se trouvait mardi à Ankara. Il a été accueilli par les applaudissements nourris du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et a posé main dans la main avec le premier ministre Erdogan devant les objectifs.

Enfin, le système antimissile de l’Otan, dont une partie a été installée sur le territoire turc et qui devrait être mise en service incessamment, non loin de la frontière iranienne, cristallise le mécontentement de la République islamique. À la fin de l’année dernière, des officiels iraniens avaient déclaré que la destruction du radar serait la priorité de l’armée si leur pays était menacé d’une «attaque extérieure».

Share
Ramazan 5 janvier, 2012 Moyen-Orient, Politique étrangère No Comments >> Mots clés: , , ,

Commentaires sur cet article:







*

Catégories

Login

Turquie de France sur Facebook

FootBall

Méssage récent du Forum