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Alphan Manas a déjà avancé 3 millions d’euros pour racheter Heuliez

Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi donne une conférence de presse le 16 mars 2010 à Paris après avoir reçu les représentants des salariés d'Heuliez

L’homme d’affaires turc Alphan Manas a signé mardi un accord de principe pour racheter Heuliez, une annonce accueillie avec une grande prudence par les représentants des 600 salariés de l’équipementier automobile, échaudés par l’échec du précédent plan de reprise.

Le protocole d’accord prévoit que le fonds d’investissement Brightwell, dirigé par M. Manas, la Région Poitou-Charentes et l’Etat, via le Fonds stratégique d’investissement (FSI), apportent ensemble 30 millions d’euros, selon le ministère de l’Industrie.

Les pouvoirs publics – Etat et Région – doivent rester des actionnaires minoritaires mais avec un droit de veto de fait sur les décisions stratégiques de l’entreprise, d’après la même source.

L’accord définitif doit être signé avant le 31 mars, a précisé le ministre de l’Industrie Christian Estrosi. M. Manas a déjà provisionné 3 millions d’euros, en gage de sa bonne foi.

“C’est une très bonne nouvelle. Une annonce positive vient d’être faite, il n’y a pas de raison de penser qu’elle ne sera pas concrétisée”, a jugé Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, très impliquée dans ce dossier, particulièrement sensible dans le contexte des élections régionales.

Les représentants des salariés d’Heuliez, reçus mardi à Bercy, ont affiché pour leur part une grande prudence. Pour Jean-Pierre Bodin, du syndicat CFE-CGC, “il y a une note d’espoir” car “les garanties semblent sérieuses” et la piste de M. Manas “plus sérieuse que BKC”, le cabinet de conseil désigné par la justice comme repreneur, qui s’est finalement révélé incapable d’apporter l’argent nécessaire.

“Mais on a tellement été échaudés qu’il faut rester prudent, rien n’a été finalisé”, a-t-il ajouté.

Le représentant de la CFDT, Emile Brégeon, a souligné pour sa part que les salariés n’avaient pas “l’assurance” que M. Manas allait apporter les fonds promis, 15 millions d’euros selon lui.

“Il y a eu à d’autres moments des effets d’annonce avec des investisseurs qui se sont révélés incapables d’apporter les fonds”, a-t-il rappelé, avant d’ajouter, désabusé: “aujourd’hui, on ne croit plus en rien, les salariés sont fatigués de tout ce qui a pu se passer dans l’entreprise”.

Lors d’une conférence de presse, M. Estrosi a assuré que M. Manas disposait “des fonds pour lesquels il a pris des engagements”.

Mais prudent lui aussi, il a indiqué que ses services étaient en relation “avec d’autres investisseurs potentiels qui sont intéressés par l’avenir d’Heuliez” et qu’il n’y avait “aucune raison d’écarter”.

De son côté, l’homme d’affaires turc a indiqué à l’AFP que ce protocole allait permettre de poursuivre les discussions. “Si nous sommes satisfaits des résultats de l’examen approfondi (de l’entreprise, ndlr), nous serons prêts à (la) racheter”, a-t-il affirmé.

Depuis le retrait de BKC, spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, l’équipementier de Cerizay (Deux-Sèvres), qui veut aussi construire des voitures électriques, est à nouveau au bord du dépôt de bilan.

Les dernières paies ont certes été versées mais “il y a des fournisseurs qui ne sont pas payés régulièrement”, a rappelé à l’AFP le député PS des Deux-Sèvres Jean Grellier.

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Ramazan 17 mars, 2010 Économie No Comments >> Mots clés: , , , ,

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